Quel avenir énergétique si le RN obtient la majorité à l’Assemblée nationale ?
Article publié le 3 juillet 2024 https://www.sortirdunucleaire.org/Quel-avenir-energetique-si-le-RN-obtient-la?origine_sujet=LI202407

Ce 7 juillet, les françaises et les français sont appelé·es à retourner aux urnes pour voter au second tour des législatives. Si le Rassemblement National (RN), qui est arrivé en tête de 297 circonscriptions lors du premier tour, obtenait une majorité à l’Assemblée nationale ce dimanche, cela impliquerait un recul catastrophique de nos droits humains, et la mise en place d’une politique climaticide. Décryptage.
Que se passerait-il pour la politique énergétique française si le Rassemblement National obtenait une majorité de député·es à l’Assemblée nationale le 7 juillet ?
Avec le RN : fini l’éolien… Et le solaire aussi ?
Jordan Bardella s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur d’un moratoire sur tous les nouveaux chantiers éoliens.
En 2022, lors de la campagne présidentielle, Marine Le Pen voulait aussi démonter celles déjà installées, et faire un moratoire sur le solaire.
Très récemment, l’ex n°1 du RN affirmait :

Seulement, la France ne peut pas se passer de l’éolien, élément important de son mix électrique, pour atteindre ses objectifs climatiques.
Dans son bilan électrique 2023, RTE rapporte : « Les productions éolienne et solaire ont atteint en 2023 des niveaux record. Ensemble, ces deux filières ont dépassé pour la deuxième année consécutive la production hydraulique : cela montre que ces énergies renouvelables variables occupent d’ores et déjà une part importante dans le mix électrique français, représentant près de 15 % de la production totale, et contribuant également à la sécurité d’approvisionnement. »
Alors, comment le RN compte-t-il combler ce manque ?
Avec le RN : la relance inconsidérée du nucléaire
Énergie coloniale, patriarcale, qui fait peser des répressions judiciaires et policières sur ses oppposant·es… Le nucléaire a tout pour séduire l’extrême droite !
Si les 20 nouveaux réacteurs nucléaires, promesse de campagne de Marine Le Pen en 2022, ont disparu du programme du RN pour les législatifs, le parti de Jordan Bardella assure néanmoins vouloir lancer le plan Marie Curie de relance du nucléaire, avec la construction de réacteurs EPR, mais aussi de SMR, et de réacteurs à neutrons rapides.
De quoi « rebâtir un paradis énergétique », selon leur programme.
Avec le RN : une politique énergétique impossible
Sauf que… La France n’aura pas de nouvel EPR avant au moins 2035. Et sans développer les renouvelables, impossible d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.
RTE le dit :
« L’accélération du développement des énergies renouvelables est un levier essentiel pour accroître rapidement le productible décarboné, en particulier au cours de la prochaine décennie, pour atteindre les objectifs de décarbonation européens à 2030 et une économie neutre en carbone en 2050. »
Arrêter l’éolien et tout miser sur le nucléaire : avec de telles mesures le RN entraine le pays droit dans le mur.
Avec le RN : toujours plus de mesures climaticides
Niant l’urgence climatique et écologique, le RN promet, entre autres :
- une baisse de la TVA sur les carburants. Interdite par une directive européenne, cette mesure favoriserait les plus riches et les distributeurs. En encourageant une plus grandes consommation, elle engendrerait davantage de pollution.
- la suppression des interdictions et obligations liées aux DPE, qui laisserait de nombreux ménages vivre dans des passoires énergétiques pour longtemps, avec des factures de chauffage exorbitantes.
- la suppression des zones à faibles émissions, qui encouragerait les personnes à prendre leur voiture plutôt que de favoriser les transports en commun, engendrant à nouveau davantage de pollution. [1]
Contre le RN et ses alliés, faisons front
Face à la montée du RN en France, le Réseau « Sortir du nucléaire » réitère son appel à aller voter aux élections législatives ce 7 juillet 2024, contre l’extrême droite.
Pour une vraie politique énergétique sociale votons contre l’extrême droite
La dissolution de l’Assemblée nationale par E. Macron le 9 juin dans la foulée d’élections européennes marquées par une montée de l’extrême droite puis l’alliance rapide des partis de gauche dans le Nouveau Front Populaire appellent à un sursaut dans les urnes et dans la rue. Le Réseau Sortir du nucléaire appelle pour la première fois de son histoire à aller voter aux élections législatives des 30 juin et 7 juillet 2024, contre l’extrême droite et pour les candidat·es affichant un programme défendant les libertés associatives et des propositions en faveur des énergies renouvelables (EnR) et de la sobriété énergétique.
Communiqué du 20 juin 2024 https://www.sortirdunucleaire.org/Pour-une-vraie-politique-energetique-sociale?origine_sujet=LI202407

Défendons notre liberté associative
Le Rassemblement National (RN) menace d’obtenir un grand nombre de député·es aux élections législatives et même un premier ministre issu de ses rangs. Cela représenterait un risque pour l’existence même de notre association. En octobre dernier, le RN avait en effet proposé un amendement au projet de loi de finances (PLF) prévoyant de suspendre les avantages fiscaux des associations faisant appel à des dons pour financer leurs activités dans le cas où celles-ci seraient condamnées pour certaines infractions pénales [1]. Le parti Les Républicains (LR) n’est par ailleurs pas en reste dans le domaine. En 2022, il avait également proposé un amendement au PLF visant à supprimer les réductions d’impôts des dons aux associations « dont les adhérents sont reconnus coupables d’actes d’intrusion sur les propriétés privées agricoles et établissements industriels ». Quant au gouvernement actuel, il s’est fait connaître pour avoir qualifié d’écoterroristes les militant·es écologistes anti-bassines et a contribué à ce que la France ait récemment été épinglée par le rapporteur spécial sur les défenseurs de l’environnement comme étant le « pire pays d’Europe concernant la répression policière des militants environnementaux« . Les partis de droite en lice pour les élections législatives menacent l’activité de protection de l’environnement d’associations telles que la nôtre. L’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir porterait cette menace à son paroxysme en portant gravement atteinte à nos capacités de fonctionnement, d’engagement et de mobilisation.
Voter pour un programme énergétique ambitieux
Nous avons dénoncé à maintes reprises la politique énergétique d’E. Macron. Sa mise en œuvre d’un programme de développement de nouveaux réacteurs nucléaires s’effectue à marche forcée et sans stratégie globale. Son premier discours de campagne pour les législatives présage d’une continuité en la matière. Sans s’appuyer sur aucune étude et alors que les 6 EPR2 envisagés voient leurs coûts s’envoler, il a annoncé son souhait de construire 8 EPR2 en plus. La possible arrivée massive de député·es d’extrême droite à l’Assemblée nationale augure de biens funestes alliances contre la transition énergétique. Le RN a régulièrement pris position contre le développement des énergies renouvelables [2]. Dans son programmefigure actuellement la fin des subventions aux « énergies intermittentes comme l’éolien » et l’investissement massif dans le nucléaire. Le parti souhaiterait, comme les Républicains (LR) construire 20 nouveaux réacteurs. Le député Maxime Amblard, candidat pour la Meuse et physicien nucléaire préconisant même 34 nouveaux réacteurs d’ici 2050. Le danger d’une telle alliance de circonstance est d’autant plus menaçant qu’elle pourrait s’appuyer sur les député·es de droite et d’extrême droite récemment élu·es au Parlement européen pour obtenir des financements et de nouvelles dérogations aux règles européennes. De son côté, le Nouveau Front Populaire a réussi à s’accorder sur l’urgence de voter une loi énergie climat, la mise en place de mesures de sobriété et le développement et La Défense des EnR, dès les 100 premiers jours de son mandat dans le cas où les partis qui le composent obtiendraient la majorité à l’Assemblée nationale [3].
Se mobiliser pour une politique énergétique sociale
Le RN se vante régulièrement d’œuvrer pour les classes populaires, notamment dans le domaine de l’énergie. Mais la réalité des votes de ses député·es à l’Assemblée nationale est toute autre [4]. Leurs propositions pour les élections législatives ont été quant à elles qualifiées de difficilement réalisables [5]et certaines risquent par ailleurs d’avoir des effets délétères pour l’environnement [6] ou encore d’être contre-productives pour le porte-feuille des ménages. En supprimant les limites à la location des passoires thermiques sans s’atteler à la rénovation des bâtiments, le RN contribuerait à créer les conditions d’existence de factures énergétiques mirobolantes notamment pour les ménages les plus modestes. Nous pointons régulièrement du doigt l’importance d’accélérer la rénovation thermique des bâtiments via un soutien financier conséquent. Alors que cela permettrait de diminuer notre consommation énergétique tout en allégeant la facture des ménages, E. Macron a progressivement mis de côté cet aspect de la transition énergétique. Son gouvernement a par ailleurs été incapable d’endiguer l’augmentation des prix de l’énergie. Une dynamique qui risque fortement de se poursuivre avec la relance du nucléaire [7]. Le programme du Nouveau Front Populaire en revanche, propose des mesures concrètes pour faire directement baisser les prix de l’énergie tout en s’attelant à diminuer les factures énergétique en encourageant l’isolation des logements par des mesures de soutien financier [8]notamment à destination des plus modestes.
L’heure est au choix et à l’action pour soutenir un changement de modèle énergétique et la pérennité de notre action antinucléaire ! Votez et rejoignez les mobilisations contre l’extrême droite !
Signataires : Comité Régional d’Information sur le Nucléaire (CRIN), Stop Transports-Halte au Nucléaire, Sortir du Nucléaire Trégor, Sortir du nucléaire 72, Gama 50 Manche, Sortir du nucléaire Paris, Stop nucléaire 56 Trawalc’h, Rhône Alpes sans nucléaire, Sortir du nucléaire Pays nantais, Yosomono-Net, Sortir du nucléaire 49, NaH-Hague, Comité de Réflexion, d’information et de lutte antinucléaire (CRILAN).
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