De plus en plus de scientifiques et de chercheurs appellent désormais ouvertement à faire barrage au Rassemblement National

Législatives : le monde de la recherche se mobilise contre le RN

Quentin Haroche| 03 Juillet 2024 https://www.jim.fr/viewarticle/législatives-monde-recherche-se-mobilise-contre-rn-2024a1000ccw?ecd=wnl_all_240703_jim_daily-doctor_etid6643162&uac=368069PV&impID=6643162&sso=true

Paris – De plus en plus de scientifiques et de chercheurs appellent désormais ouvertement à faire barrage au Rassemblement National (RN).nullLISEZ LA SUITE CI-DESSOUS 

Depuis le 9 juin dernier et l’annonce surprise de la dissolution par le Président de la République Emmanuel Macron, c’est une pluie de tribunes et de manifestes en tous genres appelant à s’opposer au Rassemblement National (RN) qui s’est abattue sur les journaux français. Des appels à voter contre l’extrême-droite qui se sont multipliés depuis le 1er tour des élections législatives de dimanche soir, qui a démontré que le RN était bel et bien aux portes du pouvoir. Ecrivains, acteurs, intellectuels, sportifs, médecins (voir nos autres articles sur le sujet) ont pris leur plume pour dénoncer le danger (supposé ou réel) que représenterait le RN pour la France.

Et le monde de la recherche n’est pas en reste. Ces trois dernières semaines, nombreux sont les scientifiques et universitaires qui ont ouvertement appelé à voter contre le RN. C’est par exemple une tribune de chercheurs dans Le Monde le 23 juin, une autre de cinq Prix Nobel dans le même journal mardi dernier, encore une autre de professeurs du Collège de France (signé notamment par le Prix Nobel de physique Serge Haroche) dans Libération jeudi dernier etc. 

Les positions antiscience du RN

Certains grands scientifiques français s’engagent en leur nom propre, comme le Pr Alain Fischer, immunologue et pédiatre et qui appelle dans un texte publié dans l’Express le 19 juin dernier à s’opposer au « dangereux programme du RN pour la science ». Mais ce sont parfois des institutions entières qui s’engagent face au parti d’extrême-droite, comme le Collège de France, l’Académie de Médecine ou encore le Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars), qui a publié une lettre ouverte contre l’extrême droite vendredi dernier.null

Dans ces différentes tribunes et appels à faire « barrage », ce sont notamment les positions anti-scientifiques du RN qui sont décriées. S’il ne remet plus en cause le rôle de l’Homme dans le réchauffement climatique, le parti d’extrême-droite questionne encore souvent les conclusions du groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) rappellent les chercheurs.

Les scientifiques n’ont pas non plus oublié les prises de positions très discutables du parti d’extrême-droite durant la pandémie de Covid-19. Le parti de Marine Le Pen a longtemps soutenu le Pr Didier Raoult et son remède inefficace à base d’hydroxychloroquine (au point que Jordan Bardella a déclaré en 2020 que le Pr Raoult était « à la médecine ce que le RN est à la politique »). Marine Le Pen avait également demandé que soit utilisé en France le vaccin Spoutnik contre la Covid-19, fabriqué en Russie, mais dont l’efficacité était douteuse (ce vaccin n’a finalement jamais été autorisé en Europe).

La recherche a besoin d’immigration et de diversité estiment les chercheurs

Mais ce qui inquiète par-dessus tout les scientifiques, c’est l’esprit de fermeture aux étrangers qui semble animer ce parti politique. Le mouvement d’extrême-droite souhaite limiter l’immigration, instaurer un principe de préférence nationale, fermer certains postes aux personnes ayant une double nationalité (sans que l’on sache très bien quelle sera la portée de cette exclusion). Bref, une fermeture au reste du monde qui est totalement incompatible avec la recherche scientifique estiment les chercheurs.null

« La recherche scientifique repose sur la richesse intellectuelle de ses acteurs, liée à leur diversité d’esprit et de cultures » alertait l’Académie des sciences le 18 juin dernier. « Le repli sur soi, prôné par certains, nuirait gravement à la recherche scientifique et au rayonnement de notre pays ».

Ces chercheurs anti-RN rappellent ainsi que chaque année 100 000 étudiants étrangers viennent sur les bancs des universités françaises, soit un tiers de l’immigration légale. Selon les statistiques du CNRS, un tiers des lauréats des concours pour les attributions de postes de recherche en France sont des immigrés.

Et nombreux sont les scientifiques haut placés qui ont des origines étrangères, comme le franco-syrien Mahmoud Zureik, directeur de l’agence Epi-Phare ou le franco-iranien Yazdan Yazdanpanah, président de l’Agence nationale de recherche sur le SIDA (ANRS). Difficile de croire que cette diversité pourrait perdurer en cas de victoire du RN estiment les scientifiques. 

Les électeurs auront-ils ces enjeux en tête au moment de faire leur choix dans l’isoloir dimanche prochain ? « Je ne sais pas si ce type de tribune a véritablement un grand impact sur le choix politique de nos concitoyens» admet François Clanché, président de l’Institut national d’études démographiques (Ined).

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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