L’agresseur protégé par le Président du bureau de vote, la police municipale, et une vision partiale de la Dépêche du midi, une scène qui préfigure ce qui nous attend !

Élections législatives 2024 dans le Tarn : Deux assesseurs d’un bureau de vote d’Albi menacent d’en venir aux mains, la police obligée d’intervenir

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Elections législatives 2024,  Politique,  Albi

Publié le 01/07/2024 à 17:14 , mis à jour à 20:15

Emmanuel Droillard

l’essentiel

Que s’est-il passé, dimanche au bureau numéro 6 d’Albi, où les forces de l’ordre sont intervenues. Un assesseur affirme avoir été violenté. La municipalité évoque des « comportements déplacés ».

L’enjeu du scrutin met les nerfs de certains à vif. Si le vote s’est bien passé dans les 33 bureaux albigeois, au bureau numéro 6, tenu par Michel Franques, il a fallu faire intervenir les forces de l’ordre peu avant 14 heures.

Tout est parti du fait qu’un membre du collectif de gauche, Bernard Pradines, soit venu au bureau 6 pour être assesseur. Les versions divergent. Selon la ville, il ne représentait personne. Selon lui, on lui avait demandé de venir. Toujours est-il que le délégué général de Karen Erodi, candidate Nouveau front populaire sur la 2e circonscription, est venu à son soutien.

Le ton est rapidement monté entre deux assesseurs. Jusqu’à ce qu’un de l’équipe habituelle prenne le nouvel arrivé par les épaules et le secoue en le menaçant « de lui en coller une » s’il n’arrêtait pas.

Le 1er adjoint appelait alors la police municipale et Bernard Pradines la police nationale. Les policiers, après avoir entendu les différents protagonistes en dehors du bureau, escortaient le membre du collectif à l’intérieur pour qu’il récupère ses affaires et quitte le bureau. « Alors que l’agresseur est lui resté », dénonce le délégué général.

Sur ces entre faits, arrivait le délégué général de Karen Erodi. « On m’a fait comprendre que je n’avais rien à demander et rien à faire là. Certains assesseurs se sont même montrés odieux et insultants », explique-t-il. Ce dernier compte alors signaler l’incident dans le procès-verbal, mais devant la présence de la police municipale renonce  » pour ne pas envenimer l’affaire ». Il appelle la préfecture qui lui conseille de porter plainte. « Ils ont appelé la police municipale pour faire pression sur moi et étouffer l’incident », dénonce le délégué.

À ses yeux, on est aussi face à un non-respect des règles électorales. « Dans les bureaux, il y a toujours des gens qui viennent de tout bord pour respecter l’équilibre, c’est normal. Il y a un devoir de neutralité et là il n’y était pas ».

Du côté de la ville, on a une tout autre version des faits. « Au bureau numéro 6, la force publique a été requise en début d’après-midi du fait de provocations régulières et de propos déplacés devant les électeurs nuisant à la sérénité du bureau, de la part d’un individu siégeant à la table de vote, se disant envoyé par une candidate ce qui, vérification faite, n’était pas le cas. Cet incident a été dûment consigné au procès-verbal des opérations de vote, sans toutefois interrompre le fonctionnement normal du bureau », explique-t-elle. À noter également que l’autre déléguée de la candidate est passée dans ce bureau de vote à 16 h 43 et n’a fait aucune observation.

Le délégué de Karen Erodi a déposé une main courante au commissariat qu’il a transmise à la préfecture. De son côté, Bernard Pradines a porté plainte. Ce soir, il appelle à l’apaisement.

Le Dr Pradines rectifie:

Bernard Pradines né le 4 juillet 1950 à Toulouse, demeurant 54, rue Louis Blériot à Albi, tel : 06 10 40 18 45, adresse électronique : bpradines@aol.com
Le 1er juillet 2024
Exposé de la plainte relative à l’agression physique que j’ai subie le 30 juin 2024 au bureau de vote numéro 6 de l’école de la Curveillère.

Le matin du 30 juin 2024, je me rends à 7h30 au bureau de vote numéro 6 de l’école de la Curveillère à Albi pour participer aux opérations de vote lors du premier tour des élections.

J’ai été sollicité pour ce faire par courriels par des personnes du courant politique dit « Nouveau Front Populaire » car aucun assesseur de la députée sortante, candidate dans la deuxième circonscription du Tarn sous cette étiquette, ne pouvait être présent dans les bureaux de vote numéros 5 et 6 de cette même école.

En arrivant, je ne sais pas si je suis officiellement inscrit comme assesseur mais je comprends que l’on manque de bras et que tout citoyen est le bienvenu. Je connais aussi la tradition qui consiste à ne pas refuser les bonnes volontés car je fus assesseur à quelques reprises dans le passé. Sont rapidement présents deux femmes et un homme (Monsieur X) en sus du secrétaire qui accueillera les votants. Monsieur X dit être un bénévole et ne pas faire de politique. Il me déclare qu’il est ami avec Madame la maire d’Albi, ce qui m’apparait comme une justification de son dévouement à la cause civique. Il me demande à mots couverts ce que je fais là. Je le lui dis et lui précise quelle est la candidature qui m’a sollicité pour aider au scrutin. Ce à quoi il répond que cela lui est égal car il ne fait pas de politique. Ce n’est pourtant pas du tout l’impression que me laisseront ses propos plus tard dans la journée. Il affirmera en effet que je suis venu de nulle part, que je suis arrivé comme un cheveu sur la soupe, fera des allusions négatives sur la candidate du « Nouveau Front Populaire ». Il dit qu’il possède une solide expérience de trente ans de bénévolat et prend manifestement sa tâche à cœur. Quand je lui propose mon aide pour des menus aménagements, il décline mon offre. En fait, contestant mes initiatives, il s’avérera qu’il n’a jamais accepté ma présence.

Le président du bureau de vote, Monsieur Michel Franques, premier adjoint à la mairie d’Albi, arrive à 7h50. C’est un homme sérieux, courtois, avec qui j’ai toujours entretenu des relations respectueuses. Par exemple, depuis des temps immémoriaux, je lui demande régulièrement des nouvelles d’une personne de sa famille parmi mes connaissances ; lui-même est toujours fort avenant à mon propos et envers ma famille. Comme il ne me signale jamais le 30 juin 2024 que ma présence actuelle est indésirable du fait de ma non-inscription sur la liste des assesseurs, je considère qu’il m’admet. Probable erreur de jugement de ma part.

Le déroulement du scrutin se fait de manière fluide tout au long de la matinée et de la mi-journée grâce au dévouement des personnes présentes, en particulier du président du bureau de vote et des volontaires présents. Bémol : Monsieur X, voyant arriver de nombreux électeurs, a le sentiment que j’exerce sur lui de l’amont une pression à accomplir de plus en plus vite le processus de vote. Je le rassure mais je vois bien que mes paroles ne sont pas efficaces. Il menace alors de s’en aller, ce qui me semble une réaction démesurée donc invraisemblable. Il est alors remplacé par une assesseure qui se montre très coopérative ; elle ne cherche pas systématiquement à me faire des reproches comme Monsieur X qui l’a précédée à cette place.

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Comme il s’agit de mon propre bureau de vote, beaucoup de personnes me connaissent ou me reconnaissent, certaines que je n’ai pas vues depuis de nombreuses années, en particulier dans le cadre professionnel. L’ambiance est courtoise, voire détendue. Je reçois aussi des marques d’encouragement car le travail ne manque pas. Les électeurs savent que la tenue du bureau de vote est une tâche souvent ingrate, qui plus est non rémunérée. Ceci explique la désaffection préoccupante actuelle pour l’honorer. Ce matin-là, les candidats à voter sont certes contraints à une attente qui peut durer au maximum une dizaine de minutes mais ils assistent à nos efforts pour fluidifier leur passage. Aucune comparaison avec le bureau voisin qui connait un afflux incomparable avec une longue file d’attente à l’extérieur du bâtiment.

Monsieur X est manifestement indisposé par ma présence. Surtout, il n’admet pas que je lui réponde. En fait, je ne lui fais jamais de reproche sinon d’être stressé et agressif à mon égard. Au fond, il aura l’occasion de me faire savoir qu’il n’est pas étonné de mes propos du fait de la députée dont il pense à tort que je la représente. Je crois que mon futur agresseur n’imaginait pas qu’une personne supplémentaire puisse venir aider au scrutin, qui plus est d’une tendance politique qu’il réprouve. Le ton monte à plusieurs reprises, au risque d’indisposer le bon déroulement du scrutin dans le bureau numéro 6 et dans le bureau numéro 5 qui lui est adjacent. Je compte m’expliquer auprès du président du bureau de vote mais celui-ci refuse catégoriquement. Je comprends alors, enfin, qu’il a pris parti pour l’assesseur Monsieur X.

A 13h35 environ, Monsieur X s’approche rapidement de moi qui suis assis devant la table de vote. Il me frappe au niveau des épaules et de la partie postérieure de la tête. Heureusement, je perçois rapidement l’intervention rapide de plusieurs personnes présentes qui viennent bloquer Monsieur X en lui demandant de s’arrêter immédiatement. Ceci me permet de me dégager en me levant pour fuir l’agression.

Je décide alors d’appeler le numéro 17 à 13h41 et je signale la situation. La réponse du 17 est rapide et claire : nous envoyons une patrouille. Elle arrivera plus tard que celle de la police municipale dont je pense qu’elle a été sollicitée par le président du bureau de vote, au demeurant premier adjoint à la mairie d’Albi.

Entre temps, je demande des excuses à l’agresseur qui les récusent.
Après quoi, sur décision de la police municipale, je suis expulsé du bureau de vote alors que mon agresseur y demeure, probablement pour le reste de la journée.
Je fais remarquer qu’il s’agit d’un contentieux politique de la part de Monsieur X qui n’a pas pu se maitriser. Je fais part de mes inquiétudes à propos de la violence en général et de la violence politique en particulier.

En somme, voici une expérience malheureuse conclue par une agression physique dans un bureau de vote à Albi lors du premier tour des élections législatives de 2024. Elle découle de malentendus car ma présence était d’emblée indésirable sans que j’en aie conscience ; mea culpa. Elle s’est produite sur un fond politique tendu marqué par exemple à Nice par l’agression physique d’un président de bureau de vote. Elle montre la fragilité d’une personne, Monsieur X, apte à substituer la violence physique à tout argument rationnel, peut-être par manque de possibilités d’expression. Plus profondément, elle révèle le risque des dérapages délétères dans une France en crise inquiète pour son avenir.

Réaction à l’article de la dépêche en tant que lecteur Dr SCHEFFER ( à voir si elle sera censurée)

En quel honneur La Dépêche livre le nom d’un des deux protagonistes et pas l’autre nom ? S’agirait-il d’une attitude partisane ? Pourquoi la version du Dr Pradines n’est pas publiée en entier ou un lien vers sa version ? Car l’agresseur c’est Mr X et il est resté dans le bureau alors que l’agressé le Dr Pradines a été prié de quitter le bureau. Drôle de collusion entre la police municipale, le Président du bureau de vote et notre quotidien préféré, auquel je suis abonné depuis 50 ans.

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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