François Ruffin, député sortant LFI de la Somme, candidat à sa réélection est l’invité de France Inter. François Ruffin, est en ballottage difficile dans la Somme même avec le désistement de la candidate macroniste.
« On a le vent de face, il y a de la pente, mais on est en train de la remonter, il y a match », déclare ce mardi sur France Inter, le député sortant LFI, François Ruffin, qui fait campagne sous la bannière du Nouveau Front populaire. Avec 33,92% dans la 1ère circonscription de la Somme, au premier tour, il est en ballottage difficile face à la candidate Rassemblement national Nathalie Ribeiro Billet qui a récolté 40,69 % des voix. La candidate macroniste, Albane Branlant, arrivée troisième avec 22,68 %, s’est désistée. « On a un objectif aujourd’hui, ce n’est pas de majorité absolue pour le Rassemblement national », insiste le député de la Somme.
Interrogé sur la déferlante du RN dans les campagnes, François Ruffin pointe d’abord la « responsabilité » du président de la République qui a « gouverné avec brutalité et arrogance », en référence notamment à la réforme des retraites. « On assiste à un déchirement dans le pays », déplore-t-il.
« Transformer le ressentiment en espérance »
« Il nous faut apaiser, réconcilier, il nous faut sortir de cette brutalité, passer du bruit et la fureur à la force tranquille », préconise François Ruffin pour qui la gauche « doit être la force qui rassure, la force qui protège, la force qui ramène de la confiance ». « Voilà ce qu’on doit incarner pour sortir du désordre », ajoute-t-il.
Quant à savoir quelle personnalité peut incarner cette force, François Ruffin esquive la question, alors que Jordan Bardella, le président du RN, a proposé un débat d’entre-deux-tours à l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon. « Ce n’est pas le sujet, lui c’est lui, moi c’est moi, nous avons des désaccords profonds, ils sont connus, sur le ton et sur le fond, mais maintenant, ce n’est pas le moment », répond le député sortant.
François Ruffin dit ne « pas écarter » la « deuxième responsabilité », celle de la gauche qui n’a pas su reconquérir les territoires. « On a pour devoir de transformer le ressentiment en espérance, il faut marteler des mesures de bon sens et de décence », résume-t-il.
Commentaire:
Un peu d’humour avec notre ami Frédéric :
Ruffin exagère quand même : la gauche a quand même dénoncé les coucheries et les dragues lourdes, a promu la question « trans », dénoncé la « masculinité toxique », « le racisme systémique »,libéré la parole des femmes », promu le voile comme facteur d’émancipation…. On ne peut pas dire qu’elle n’a rien fait. Mais, apparemment, dans les bourgs, ça ne prend pas.
M. Frédéric PIERRU
Chercheur en sciences sociales et politiques au CNRS
Arènes-Université de Rennes