Le nombre de postes vacants de praticiens à l’hôpital avoisine les 11 000 et de nombreux lauréats du concours de ne sont pas nommés, malgré l’existence de nombreux postes vacants. 

Attractivité de la carrière hospitalière : à quoi jouent les administrations ?

Quentin Haroche| 01 Juillet 2024 https://www.jim.fr/viewarticle/attractivité-carrière-hospitalière-à-2024a1000c66?ecd=wnl_all_240701_jim_daily-doctor_etid6637720&uac=368069PV&impID=6637720&sso=true

Paris – Selon le SNPHARE, de nombreux lauréats du concours de PH ne sont pas nommés, malgré l’existence de nombreux postes vacants. 

Il y a un an presque jour pour jour le 3 juillet 2023, le Centre national de gestion (CNG) publiait des chiffres inquiétants sur l’attractivité des carrières de praticiens hospitaliers (PH). Lors du tour de recrutement du printemps 2023, l’organisme en charge des carrières hospitalières n’avait reçu que 3 364 candidatures pour des postes de PH, soit une baisse de 17 % en un an et alors même que le nombre de postes vacants à l’hôpital avoisine les 11 000.

Ce sont désormais un tiers des postes de PH qui sont vacants (et jusqu’à 40 % dans certaines spécialités) alors qu’on ne comptait que 23 % de postes vacants en 2011. Plus inquiétant encore, les démissions de PH auraient augmenté de 500 % depuis 2020.

A l’époque, les syndicats avaient organisé une grève pour dénoncer le manque d’attractivité des carrières de PH. Un an plus tard, ils constatent amèrement que rien n’a été fait pour améliorer la situation. Le syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHARE) constate ainsi que, au-delà du manque de candidatures, il reste encore trop difficile pour les médecins lauréats du concours de PH d’être nommé à un poste, même lorsque ce poste est pourtant vacant.

Les administrations accusées de faire poiroter les futurs PH

Dans un communiqué publié ce lundi 1er juillet, jour où les nouveaux PH doivent prendre leur poste, le syndicat regrette ainsi que les mesures adoptées dans le cadre de la réforme du statut de PH en 2022 n’aient pas été mises en œuvre. Si cette réforme avait été dans l’ensemble critiquée par les syndicats, ils avaient en revanche salué les quelques mesures visant à favoriser l’accès au statut de PH et notamment le fait que les médecins hospitaliers puissent désormais passer le concours de PH dès la fin de leur internat et non pas seulement après plusieurs années d’exercice (leur évitant ainsi un statut précaire qui aurait pu les pousser à choisir l’exercice libéral).

Mais deux ans après l’adoption de cette réforme, le syndicat constate que « les administrations ne jouent pas le jeu de l’attractivité des carrières médicales hospitalières ». Le SNPHARE se fait ainsi l’écho de nombreux médecins qui, bien qu’ils aient réussi le concours de PH et qu’ils se soient portés candidats à un poste de PH vacant, ne sont pas nommés. Certains hôpitaux prendraient ainsi prétexte que la « commission des effectifs » du CHU ne se réunit qu’une fois par an pour retarder d’éventuelles titularisations. 

Pourquoi donc retarder la nomination de PH qui sont pourtant nécessaires au bon fonctionnement des hôpitaux ? Pour le SNPHARE, les administrations profitent du fait que le concours de PH est désormais valable quatre ans. Ils préfèrent donc continuer à embaucher les lauréats du concours sous un statut précaire avant de les titulariser à l’échéance de cette période de quatre ans. 

Les futurs PH privés de l’IEPSE

« Soit quatre ans de statut précaire, mal rémunéré » commente le SNPHARE. Le syndicat rappelle en effet que depuis la réforme de 2022, l’indemnité de service public exclusif (IEPSE) n’est plus versée aux contractuels mais est en revanche versée aux PH nommés y compris durant leur période probatoire, afin de rendre la carrière de PH plus attractive. En refusant de nommer immédiatement PH les lauréats du concours, les administrations privent ces médecins de cette indemnité et violent « l’esprit des évolutions du statut de praticien hospitalier » estime le SNPHARE.

« Le SNPHARE demande que les lauréats au concours de PH puissent être nommés sans délai sur les postes de PH visés par les praticiens, dès qu’ils sont vacants et ce même si ces praticiens sont en congé maladie ou en congé maternité » conclut le communiqué du syndicat. « Il en va de la cohérence de l’attractivité des carrières hospitalières médicales et donc de l’hôpital public et de l’accès aux soins de l’ensemble de nos concitoyens ».

Il ne s’agit pas de la première pomme de discorde entre les syndicats de PH et les autorités. Récemment, les deux camps se sont notamment écharpés sur l’épineuse question du calcul de la retraite des médecins hospitalo-universitaires, un autre point qui nuit à l’attractivité des carrières selon les syndicats. Autant de questions sensibles et très importantes pour l’avenir de l’hôpital auxquelles devra s’atteler le prochain gouvernement, quelle que soit sa couleur politique.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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