Les nombreux candidats épinglés par une enquête conjointe de l’Express et du site Conspiracy Watch pour leurs positions anti-science

Tour d’horizon des candidats anti-science

Quentin Haroche| 28 Juin 2024 https://www.jim.fr/viewarticle/tour-dhorizon-des-candidats-anti-science-2024a1000c3d?uac=368069pv&ecd=wnl_all_240628_jim_jim-plus_&sso=true

Paris – Certains des candidats qui se présentent aux élections législatives ce dimanche sont quelque peu fâchés avec la science et la médecine fondée sur les preuves. 

Ce dimanche, les 49 millions d’électeurs français sont appelés aux urnes pour élire leurs députés, trois semaines seulement après que le Président de la République Emmanuel Macron a prononcé la dissolution de l’Assemblée Nationale. 

Si le JIM n’est pas là pour donner des consignes de vote, nous tenons cependant à mettre en lumière les nombreux candidats épinglés par une enquête conjointe de l’Express et du site Conspiracy Watch pour leurs positions anti-science. Petit florilège.

Au RN, les antivaccins sont légion

Quatre ans après le début de la pandémie de Covid-19, les candidats covido-sceptiques ou antivaccins sont encore nombreux. On les trouve notamment dans les rangs du Rassemblement National (RN). 

C’est par exemple Jonathan Rivière, candidat à la Réunion, qui entre autres déclarations complotistes sur le prétendu faux alunissage de 1969 ou la responsabilité de la CIA dans les attentats du 11 septembre, explique que « les vaccins vous tueront complètement » ou qu’ils rendent « aimantés ».

C’est aussi Emmanuelle Darles, candidate dans la Vienne, membre du « conseil scientifique indépendant », un aéropage d’antivaccins qui s’est formé durant la pandémie et qui avait comparé la vaccination contre la Covid-19 des enfants à un « viol ». C’est enfin (mais il y en a d’autres), Virginie Joron, réélue députée européenne le 9 juin dernier et désormais candidate dans le Bas-Rhin dont les positions antivaccins ont déjà été évoquées dans nos colonnes récemment.

Le RN n’est pas le seul parti à investir des candidats fâchés avec les vaccins. Sur les 80 candidats qu’il a investis France, le parti Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan présente ainsi deux professionnels de santé, un médecin et un infirmier, suspendus pour avoir refusé de se faire vacciner contre la Covid-19. Les antivaccins assumés sont moins nombreux à l’autre bord de l’échiquier politique.

On peut tout de même citer Aly Dioura, candidat LFI-NFP en Seine-Saint-Denis, qui, non content d’avoir tenu des propos flirtant (euphémisme) avec l’antisémitisme, avait également expliqué en 2020 que le vaccin n’était qu’un « outil » pour assouvir le « désir de rentabilité des laboratoires pharmaceutiques et de leurs lobbyistes ». 

Et que dire de l’ancien chanteur Francis Lalanne, candidat pour son propre mouvement France Libre en Guadeloupe, dont les discours antivaccins tournent régulièrement au complotisme et dont il faudrait plusieurs pages pour faire la liste de tous les propos anti-science.

Ecologie au centre ou le parti du « n’importe quoi »

Au-delà du rejet des vaccins, nombreux sont les candidats adeptes des thérapies alternatives et des croyances ésotériques. Là encore, c’est surtout dans les rangs du RN et de ses alliés que l’on retrouve le plus de ces étranges postulants. Le parti d’extrême-droite présente ainsi la candidature d’Aurélie Quinquis, naturopathe et reflexologue à Marseille ou encore de Cyline Humblot-Cornille, praticienne en soins « énergétiques » à Dijon.

La branche de LR ralliée au RN a elle investi un certain Bruno Comby en Loire-Atlantique : en 1989, cet ingénieur expliquait dans son livre « Nature contre SIDA » que manger des aliments crus permettait de vaincre le VIH et s’affiche toujours avec le Pr Henri Joyeux, interdit d’exercer la médecine pour ses positions antivaccins.

Mais selon les journalistes de l’Express, la palme du n’importe quoi scientifique revient à un parti méconnu, qui présentait déjà une liste aux européennes, appelé Ecologie au centre. Dans son programme, ce parti, qui présente une poignée de candidats à travers la France, indique que c’est « le manque d’harmonie » qui est à l’origine des maladies. Il appelle également à se pencher sur les travaux du Dr Ryke Hamer. Ce médecin allemand décédé en 2017 (de quoi ?) a affirmé pendant de nombreuses années que le cancer était un « message de la Nature » et qu’il ne fallait pas le traiter. Il a été condamné à plusieurs reprises pour sa responsabilité dans le décès de ses patients.

Le parti écologie au centre souhaite également mettre en place un comité d’experts indépendants pour enquêter sur le « mystère » des chemtrails, ces trainées blanches que les avions laissent derrière eux et qui sont, selon les complotistes, à l’origine de nombreux maux (il ne s’agit en réalité que d’un mélange de CO2, d’eau et de particules fines). Le président du parti, Jean-Marc Governatori, a lui-même reconnu que cette proposition relève du « n’importe quoi ». 

Fort heureusement, les candidats de ce groupuscule écologiste n’ont quasiment aucune chance d’être élus. Mais ce n’est pas forcément le cas de tous les adeptes de théories pseudo-scientifiques en tous genres…qu’ils soient déclarés ou masqués.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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