Des problèmes sérieux de recrutement dans un des plus grands établissements psychiatriques de France

Santé mentale : « Il nous manque 30 médecins et 66 infirmiers »… dans l’Oise, le CHI de Clermont peine à recruter

Armelle Camelin livre dans Le Parisien un reportage au Centre Hospitalier Isarien (CHI), Établissement public de santé mentale (EPSM), à Clermont (Oise), qui « fait partie des 5 établissements publics de santé mentale les plus importants de l’Hexagone.

Fleuron de la recherche en schizophrénie et pathologies résistantes, le CHI EPSM manque de médecins et de personnels ».La journaliste note ainsi qu’« en 2023, 18.267 personnes ont franchi pour la première fois les portes d’un des services [de l’établissement]. 9486 personnes ont été prises en charge par les urgences et plus de 137.000 consultations ont été effectuées au sein de cet établissement qui s’occupe aussi bien des problèmes de santé mentale les plus courants, comme la dépression ou le burn-out, que des maladies psychiatriques invalidantes ».Armelle Camelin indique qu’« en nombre de lits — 655, dont 634 pour les adultes et 21 pour les enfants — le CHI reste l’un des 5 établissements de prise en charge des problèmes de santé mentale les plus importants de France. Et pour faire fonctionner tout cela, 2700 agents, dont seulement 91 médecins et 5 internes ».Servane Olivier, directrice adjointe du CHI, remarque qu’« avec 30 médecins de plus, on fonctionnerait normalement ». « D’après elle, la situation est devenue critique il y a 5 ans avec le départ en retraite de nombreux psychiatres qui n’ont pas été remplacés depuis », note la journaliste.Le Dr Bruno Tournaire Bacchini, président de la commission médicale d’établissement (CME) et chef du service Oise Est au sein du pôle de psychiatrie infanto-juvénile, relève ainsi que « la moyenne d’âge chez les psychiatres qui continuent d’exercer au CHI est élevée et la carrière dans le public moins attractive. […] Je me souviens du temps où 25 médecins descendaient du train de Paris-Clermont le matin pour venir travailler au CHI, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous subissons la concurrence des établissements parisiens et du CHU d’Amiens. Et, comme nous sommes de moins en moins nombreux, le travail est de plus en plus difficile ».Armelle Camelin observe que « dans son service, il y a encore quelques années, ils étaient 9 médecins, contre seulement 3 temps plein aujourd’hui ».La journaliste poursuit : « Pour remédier au manque de médecins, le CHI fait appel à quelques médecins intérimaires, signe des contrats dit « de type 2 », avantageux financièrement pour de jeunes médecins, et accueille des assistants spécialistes étrangers qui, s’ils ne peuvent pas prescrire, peuvent en tout cas se former et doubler les gardes des internes ».Armelle Camelin souligne que « la crèche ouverte jusqu’à 21h30 est plébiscitée, ainsi que le restaurant du personnel. […] Autre point d’attractivité : la journée de 12 heures pour le personnel soignant, qui lui permet d’effectuer son temps de travail en 3 jours, au lieu de 7h45 répartis sur 5 jours actuellement. […] Cette dernière mesure d’attractivité, plébiscitée par les salariés, fait bondir les responsables syndicaux ».Fabrice Oganosoff, secrétaire du syndicat CGT, déclare ainsi : « D’après une étude publiée par l’Institut national de recherche de sécurité (INRS), ce type de poste long entraîne des effets néfastes pour la santé des agents, avec des problèmes d’hypertension, des risques de maladie cardiaque etc. Et aussi l’augmentation du nombre d’erreurs ».

Santé mentale : « Il nous manque 30 médecins et 66 infirmiers »… dans l’Oise, le CHI de Clermont peine à recruter

Il fait partie des cinq établissements publics de santé mentale les plus importants de l’hexagone. Fleuron de la recherche en schizophrénie et pathologies résistantes, le CHI EPSM manque de médecins et de personnels. D’où vient ce défaut d’attractivité ?Par Armelle Camelin

Le 24 juin 2024 à 14h01 https://www.leparisien.fr/oise-60/sante-mentale-il-nous-manque-30-medecins-et-66-infirmiers-dans-loise-le-chi-de-clermont-peine-a-recruter-24-06-2024-CV6OZNK7OZAIHKYKDSM35SSTAU.php

Fitz-James (Oise). Vue aérienne des pôles Chantilly, Senlis, Beauvais et Méru du Centre hospitalier Isarien, qui embauche 2700 agents et seulement 91 médecins. DR
Fitz-James (Oise). Vue aérienne des pôles Chantilly, Senlis, Beauvais et Méru du Centre hospitalier Isarien, qui embauche 2700 agents et seulement 91 médecins. DR

En 2023, 18 267 personnes ont franchi pour la première fois les portes d’un des services du Centre Hospitalier Isarien (CHI), Établissement public de santé mentale (EPSM). Aussi, 9 486 personnes ont été prises en charge par les urgences et plus de 137 000 consultations ont été effectuées au sein de cet établissement qui s’occupe aussi bien des problèmes de santé mentale les plus courants, comme la dépression ou le burn-out, que des maladies psychiatriques invalidantes.

En nombre de lits — 655, dont 634 pour les adultes et 21 pour les enfants — le CHI reste l’un des cinq établissements de prise en charge des problèmes de santé mentale les plus importants de France. Et pour faire fonctionner tout cela, 2 700 agents, dont seulement (….suite abonnés )

Commentaire Dr Jean Scheffer:

Parmi les mesures possibles à court terme, il existe » le Clinicat Assistanat pour tous« 

Les déserts médicaux ne sont pas exclusivement des les zones rurales et dans les quartiers. Il sont aussi dans les Hôpitaux avec 30 % des postes vacants (40% dans les hôpitaux généraux), dans les hôpitaux psychiatriques, les CMP, les PMI, la médecins scolaire, médecins du travail, santé publique, médecine pénitentiaire…

Le manque des médecins est partout, dans toutes les disciplines, dans toutes les formes d’activité, salariées et libérales. Il s’agit donc à mon sens de voir l’ensemble des problèmes et de les solutionner en même temps, ce qui est possible.

La solution c’est un Clinicat-Assistanat pour tous, en fin d’internat, obligatoire pour tous les futurs généralistes et les futurs spécialistes, d’une durée de 3 ans.  L’activité serait partagée entre divers établissements à l’image des assistants partagés actuels entre CHG et CHU: entre CHU et CHG pour les futurs spécialistes; entre CHG-CHU et PMI, CMP, santé publique, santé scolaire, médecine pénitentiaire, médecine du travail… ; entre CHG et centres de santé et maisons de santé… Il  s’agit donc par un seul et même dispositif de solutionner en quelques années l’ensemble des manques criants et urgents de médecins dans tous les domaines, dans toutes spécialités, sans pénaliser une catégorie, les futurs  généralistes par exemple, ou les étudiants en médecine peu fortunés, obligés de s’installer dans un désert pour se payer ses études. Cela évitera de plus le dumping entre villes, entre départements pour recruter ou débaucher, les jeunes en fin d’internat, ou ceux déjà installés et répondant à une offre plus alléchante. Il faudra définir par région, département et territoire, les manques les plus urgents en généralistes et spécialistes, et en tirer les conséquences sur la répartition par spécialité pour la première année d’internat.

La motivation de ma proposition est sur le lien:

https://1drv.ms/w/s!Amn0e5Q-5Qu_sAoKetf_T8OKk2Io

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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