France Télévisions : nous dénonçons la complaisance de la direction de l’info à l’égard de l’extrême droite

24 juin 2024
0 – Article mis à jour le 25 juin 2024
Communiqué CGT, SNJ-CGT, CFDT, Sud de France Télévisions
Nous, journalistes, techniciens, administratifs, représentants syndicaux, apportons notre soutien aux confrères et collègues, membres de la SDJ de la rédaction nationale de France 3 qui ont signé la tribune intitulée « Pour un front commun des médias contre l’extrême droite » (lire ici) *, publiée le 19 juin 2024 par Médiapart.
Nous sommes indignés par leur mise à l’écart des sujets ayant trait aux élections législatives, imposée par la direction de l’information de France Télévisions suite à cette prise de position. Le directeur de l’information invoque pour justifier cette décision inique « les principes professionnels en matière de conflits d’intérêts comprenant le cas des soutiens aux candidats » et « l’image d’impartialité des rédactions de France Télévisions ».
Nos collègues n’ont pas appelé à voter pour les uns ou les autres. Ils n’ont pas été partisans. Ils sont simplement humanistes et républicains. Ils ont appelé à faire front contre l’extrême droite. Face à ce danger, nous sommes bien d’accord avec eux, il ne peut y avoir de compromis. Notre pays porte dans sa mémoire les stigmates douloureux des politiques nationalistes qui ont abouti à l’effroyable conflit de 1939-45.
Nos collègues n’ont pas appelé à voter pour les uns ou les autres. Ils n’ont pas été partisans. Ils sont simplement humanistes et républicains. Ils ont appelé à faire front contre l’extrême droite.
Face à ce danger, nous sommes bien d’accord avec eux, il ne peut y avoir de compromis. Notre pays porte dans sa mémoire les stigmates douloureux des politiques nationalistes qui ont abouti à l’effroyable conflit de 1939-45.
Aujourd’hui, le Rassemblement national représente une menace pour les institutions, pour les libertés fondamentales – dont la liberté d’expression, qu’à France Télévisions nous devrions brandir comme un étendard. Son discours de haine contre l’Autre vise à diviser la société, détruire les principes républicains de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité. Outre le fait que ce parti xénophobe est l’ennemi des travailleurs, des syndicats, des services publics pour tous, des protections, des minorités sexuelles, des « Français d’origine étrangère », des cultures et des solidarités, il menace ouvertement, jusque sur nos plateaux télé, la liberté de la presse.
Nous, salariés et citoyens, défenseurs des médias libres et indépendants, nous alertons contre le danger qui est aujourd’hui bien réel : celui de l’extrême droite.
Vu la situation, nous nous étonnons que la direction du premier groupe audiovisuel français puisse, ici et maintenant, prôner une neutralité hypocrite. Nous nous en inquiétons. Prendre parti contre la xénophobie et la transphobie, punis par la loi, relève non pas d’une faute mais d’une responsabilité morale, éthique, qui devrait être placée au-dessus de toutes choses.
Vu la situation, nous nous étonnons que la direction du premier groupe audiovisuel français puisse, ici et maintenant, prôner une neutralité hypocrite. Nous nous en inquiétons. Prendre parti contre la xénophobie et la transphobie, punis par la loi, relève non pas d’une faute mais d’une responsabilité morale, éthique, qui devrait être placée au-dessus de toutes choses.
Invoquer un principe de neutralité, dans la période qui est la nôtre, revient à accepter l’inacceptable. Et ça nous ne l’acceptons pas.
D’autant que la direction de l’information semble avoir une conception pour le moins fluctuante de ce « principe ». Elle est apparemment moins prompte à recadrer ses rédacteurs en chef ou ses éditorialistes vedettes qui passent leur temps à dénigrer le Nouveau Front populaire dans leurs tweets ou leurs éditoriaux à l’antenne.
La direction de l’information semble avoir une conception pour le moins fluctuante de ce « principe ». Elle est apparemment moins prompte à recadrer ses rédacteurs en chef ou ses éditorialistes vedettes qui passent leur temps à dénigrer le Nouveau Front populaire dans leurs tweets ou leurs éditoriaux à l’antenne.
Il faut sortir de la manipulation qui consiste à mettre dos à dos la gauche et l’extrême droite. Cela n’a rien à voir. Les uns respectent les principes de la République, les autres pas. Le Conseil d’État a lui-même précisé qu’on ne pouvait pas qualifier d’extrême un parti comme La France insoumise.
La direction de l’info peut-elle vraiment donner des leçons d’impartialité, lorsqu’elle a choisi, au mépris de la Démocratie, de faire débattre les seuls Gabriel Attal et Jordan Bardella, lors de la campagne des Européennes ? Ou lorsqu’elle permet au Premier ministre de faire irruption sur un plateau sans y avoir été invité, en pleine campagne ?
Doit-on en déduire qu’elle a depuis longtemps choisi son camp et ses vainqueurs ? Qu’elle fait déjà allégeance aux futurs maîtres ?
Nous, journalistes, techniciens, administratifs, représentants syndicaux n’accepterons ni de rester ni neutres, ni de rester impartiaux.
France Télévisions est la télévision du public, pas celle de l’Etat. Présent ou à venir.
Paris, le 24 juin 2024.
Télécharger le communiqué en PDF
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Pour un front commun des médias contre l’extrême droite
https://snjcgt.fr/2024/06/19/pour-un-front-commun-des-medias-contre-lextreme-droite/

19 juin 2024
Article mis à jour le 22 juin 2024
Tribune
« Sans presse libre, pas de démocratie ». Pour préserver la possibilité même d’une presse libre, indépendante et pluraliste, plus de 90 médias, dont Mediapart, l’Humanité, StreetPress, Reporterre, Bondy Blog et Politis, appellent à soutenir le combat contre l’extrême droite. « Dans sa stratégie de conquête du pouvoir, l’extrême droite a fait des médias un terrain privilégié au service de son projet. Elle impose dans le débat public ses fausses nouvelles et ses obsessions contraires aux droits fondamentaux. »
Jamais depuis la Libération, l’extrême droite, en France, ne s’est trouvée si près de la victoire. Elle porte un projet de démolition sociale, de repli chauvin, de discrimination raciste, sexiste, homophobe, de guerre aux minorités, de basculement liberticide et de régression écologique.
Jamais depuis la Libération, l’extrême droite, en France, ne s’est trouvée si près de la victoire. Elle porte un projet de démolition sociale, de repli chauvin, de discrimination raciste, sexiste, homophobe, de guerre aux minorités, de basculement liberticide et de régression écologique.
Dans sa stratégie de conquête du pouvoir, elle a fait des médias un terrain privilégié, avec la prise de contrôle de titres, de chaînes de télévision, de radios par des milliardaires au service de son projet. Par ce maillage, elle impose dans le débat public ses fausses nouvelles et ses obsessions contraires aux droits fondamentaux. Le Rassemblement national annonce déjà la couleur pour l’audiovisuel public, voué, s’il l’emportait, à la privatisation.
La liberté de la presse est dans sa ligne de mire. Partout en Europe, dans le monde, où l’extrême droite gouverne, celle-ci est violemment attaquée : interdiction de publication, destruction du secret des sources, multiplication des procédures baillons, censure, pressions et intimidations, assèchement des aides publiques à la presse.
La liberté de la presse est dans sa ligne de mire. Partout en Europe, dans le monde, où l’extrême droite gouverne, celle-ci est violemment attaquée : interdiction de publication, destruction du secret des sources, multiplication des procédures baillons, censure, pressions et intimidations, assèchement des aides publiques à la presse.
En France, le terrain en a malheureusement été méthodiquement préparé par l’exécutif sous la présidence d’Emmanuel Macron, qui n’a eu de cesse de restreindre les protections et les droits des journalistes, par les atteintes au secret des sources et la primauté du secret des affaires, la loi sur la sécurité globale, la fusion programmée de l’audiovisuel public, et le laisser-faire en matière de concentration capitalistique des médias aux mains de grands industriels, au détriment du pluralisme et de l’indépendance.
Le combat contre l’extrême droite et son projet est au cœur de nos engagements éditoriaux. Dans notre diversité, nous entendons prendre toute notre part à l’indispensable rassemblement politique, social, populaire, au service de la justice sociale et écologique, de l’émancipation humaine et de l’extension des droits et libertés pour lui barrer la route du pouvoir.
Le combat contre l’extrême droite et son projet est au cœur de nos engagements éditoriaux. Dans notre diversité, nous entendons prendre toute notre part à l’indispensable rassemblement politique, social, populaire, au service de la justice sociale et écologique, de l’émancipation humaine et de l’extension des droits et libertés pour lui barrer la route du pouvoir. L’enjeu est de préserver la possibilité même d’une presse indépendante du pouvoir politique, pluraliste, avec des journalistes exerçant leur métier en toute liberté. Sans presse libre, pas de démocratie.
C’est pourquoi nous appelons, par nos initiatives éditoriales, et sans jamais renoncer à notre regard critique, à soutenir la mobilisation sociale et citoyenne en cours, qui fait écho à la dynamique antifasciste de Front populaire de 1936 dans sa capacité à déborder les cadres partisans. Nous considérons qu’elle seule est à même d’empêcher le RN d’accéder au pouvoir le 7 juillet. La lutte contre l’extrême droite nous requiert tous et toutes, et nous, en premier lieu, comme acteurs de la société civile.
Pour rejoindre la liste des médias signataires, c’est par ici !
Le 19 juin 2024.
Les médias initiateurs :
- L’Humanité
- Mediapart
- StreetPress
- Bondy Blog
- Reporterre
- Politis
- Regards
- Là-bas si j’y suis
Les médias signataires :
- Acrimed
- Afrique XXI
- A l’intersection
- Alternative Libertaire
- Alternatives Economiques
- AOC
- Arrêt sur images
- Au poste
- Basta !
- Blast
- Bondy Blog
- Boukan
- Citizen Jazz
- Climax
- Contretemps
- Court Circuit
- CQFD
- Disclose
- En attendant Nadeau
- Fonds pour une presse libre
- Frictions
- Ghettup
- Grand-Format
- Guyaweb
- Histoirecoloniale.net
- iHH™ Magazine
- Inf’OGM
- IPNS, journal du plateau de Millevaches
- Là-bas si j’y suis
- L’âge de faire
- L’Alterpresse68
- L’Empaillé
- L’Oeil d’Olivier
- La Clé des Ondes
- La Deferlante
- La Friche
- L’Humanité
- La Lettre de l’Audiovisuel
- La Marseillaise
- La Messagère Libérée
- La Revue Dessinée
- La Revue Far Ouest
- La revue Pays
- La revue TOPO
- La Scène
- Le Ch’ni
- Le Courrier des Balkans
- Le Courrier d’Europe centrale
- Le Crestois
- Le Media TV
- Le Mouais
- Le Peuple Breton
- Le Poulpe
- Les Autres Possibles
- Les Jours
- Les Lettres françaises
- Lokko
- Mediapart
- MedFeminiswiya
- Médianes
- Natura Sciences
- Orient XXI
- Paris Lights Up
- Paris Tonkar International
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- Politis
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- 15-38 Méditerranée
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