L’agriculture, par son usage d’engrais et de fertilisants chimiques azotés, représente la première source anthropique de protoxyde d’azote en nette augmentation

Les émissions de protoxyde d’azote continuent de grimper

Gouvernance  |  12.06.2024  |  F. Gouty

https://www.actu-environnement.com/ae/news/emissions-protoxyde-azote-44233.php4#ntrack=cXVvdGlkaWVubmV8MzU1Mw%3D%3D%5BNDExMDgz%5D

Les émissions de protoxyde d'azote continuent de grimper

© S. Leitenberger – stock.adobe.com

« Le protoxyde d’azote (N2O) n’a jamais été autant émis dans l’atmosphère qu’en 2020 et 2021 », et cette tendance haussière n’est pas près de s’arrêter. C’est ce qu’atteste une vaste étude (1) menée par une cinquantaine de chercheurs d’une quinzaine de pays et publiée le 11 juin dans la revue Earth System Science Data. Selon les dernières données disponibles, ce gaz à effet de serre, destructeur de la couche d’ozone, a atteint en 2023 une concentration record de 336,9 parties par million (ppb).

Si ce montant total constitue une hausse moyenne de 25 % par rapport à la concentration préindustrielle (270 ppb en 1750), il comprend surtout une augmentation significative des émissions anthropiquesde 40 % depuis 1980 (sur un total de 301 ppb). Le rythme actuel d’émissions totales de N2O étant situé autour de 1,3 ppb par an, ce qui équivaut environ à dix millions de tonnes, « bien plus que ce que les projections du dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec) anticipaient ».

L’agriculture, par son usage d’engrais et de fertilisants chimiques azotés, représente la première source anthropique de protoxyde d’azote. Selon les chercheurs, les émissions du secteur se sont établies à huit millions de tonnes en 2020 (74 % du total), en hausse de 67 % par rapport à 1980. La différence ? Un quasi-doublement du volume de fertilisants et de fumiers utilisés dans le même temps : 107 millions de tonnes pour les premiers, contre 60 millions quarante ans auparavant ; et 208 millions de tonnes pour les seconds, contre 101 millions en 1980. En commençant par des pays comme la Chine, l’Inde, les États-Unis et le Brésil.

« Le protoxyde d’azote a un effet de réchauffement 300 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO2), rappellent les auteurs de l’étude. Réduire les émissions anthropiques de N2O reste la seule solution pour enrayer le phénomène, tant à l’heure actuelle aucune technologie existante ne peut capter ce gaz directement dans l’atmosphère. »1. Consulter l’étude
https://essd.copernicus.org/articles/16/2543/2024/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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