Marchandisation: c’est au tour de la petite enfance

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Un fonds d’investissement provoque un « putsch » au sein du groupe de crèches privées People & Baby

Le dirigeant fondateur de cette entreprise, Christophe Durieux, a été écarté le 22 avril. 

Par Aline LeclercPublié le 25 avril 2024 à 20h41, modifié le 26 avril 2024 à 09h36

https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/04/25/un-fonds-d-investissement-provoque-un-putsch-au-sein-du-groupe-de-creches-privees-people-baby_6229885_3234.html

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Christophe Durieux et Odile Broglin, cofondateurs de People & Baby, à la crèche du réseau située rue Charlot, à Paris, en 2017.
Christophe Durieux et Odile Broglin, cofondateurs de People & Baby, à la crèche du réseau située rue Charlot, à Paris, en 2017.  ELIOTT PIERMONT/REA

L’événement est révélateur de l’exposition des groupes de crèches privées français aux risques du capitalisme mondialisé, alors que leur modèle économique fait en ce moment même l’objet d’une commission d’enquête à l’Assemblée nationale. Lundi 22 avril, Christophe Durieux, le président de People & Baby (environ 600 établissements et 11 000 enfants accueillis en France), s’est fait débarquer de la société qu’il a fondée en 2004 avec sa compagne Odile Broglin, par une intervention de leur principal créancier, le fonds d’investissement Alcentra, désormais filiale du fonds américain Franklin Templeton.

Le couple en était pourtant l’unique actionnaire jusqu’à jeudi 18 avril. Pour comprendre, il faut revenir sur l’histoire récente du groupe et les rêves de grandeur de ses fondateurs. En 2018, pour se développer à l’international, l’entreprise (dont le chiffre d’affaires, en 2017, est de 68,9 millions d’euros) sollicite le fonds d’investissement britannique Alcentra qui lui ouvre une ligne de crédit, débloquant des tranches successives pour un montant total de près de 500 millions d’euros, hors intérêts.

Le groupe croît rapidement, principalement par des acquisitions. Ce qui lui permet de revendiquer aujourd’hui sa présence au Canada, aux Etats-Unis, au Luxembourg, en Italie, en Belgique, en Chine, à Singapour, au Qatar ou aux Emirats arabes unis. « Et nous sommes numéro un des crèches à Dubaï », souligne M. Durieux.

 Crèches : « La démarchandisation de la petite enfance apparaît comme une impérieuse nécessité » *

Un premier accroc survient pendant la crise liée au Covid-19. « Alors que nous étions dans une situation très difficile, nos établissements étant fermés dans le monde entier, le fonds a exigé que nous payons tout de même 4 millions d’euros d’intérêt. Ce que nous avons fait », indique-t-il. Pour lui, le tournant a lieu fin 2022, quand Alcentra est racheté par le fonds américain Franklin Templeton. « Ils ont alors soudainement refusé de décaisser la dernière tranche prévue de 12,9 millions d’euros au prétexte que nous avions dépassé notre ratio d’endettement de 0,1 %. Alors que nous avions déjà engagé cet argent. Ils n’ont pas respecté nos accords », estime M. Durieux, qui cesse de payer les intérêts de la dette.

La trésorerie s’assèche rapidement, jusqu’à passer dans le rouge fin 2023. Acculés, les fondateurs acceptent, en échange du déblocage de 2,5 millions d’euros pour payer les salaires (le groupe emploie 6 000 personnes en France, 10 000 dans le monde), de concéder à Alcentra-Franklin Templeton une « action de préférence » : elle leur permet d’acquérir d’un coup 75 % des droits de vote s’ils le jugent nécessaire.

Rapport alarmant

Actant du non-versement des intérêts depuis la fin 2022, le fonds a décidé d’en faire usage, le 18 avril, pour mettre en minorité le couple d’actionnaire, et nommer, le 22 avril matin, un nouveau président : Philippe Tapié, venu des Ehpad Maisons de famille. Les élus du comité social et économique, mis devant le fait accompli, ont fait part, dans un communiqué interne, de leur « vive inquiétude quant aux graves conséquences d’une telle prise de contrôle, la petite enfance n’est pas une activité comme les autres ».

« On était à des années-lumière de penser que c’était possible, fulmine Christophe Durieux. C’est un putsch, des méthodes de cow-boy comme si nous vendions des chaussettes ! Alors que, au milieu de tout ça, il y a 31 000 enfants dans le monde, dont 11 000 en France. »

Cette dépendance au fonds d’investissement n’était d’ailleurs pas apparue lors de son audition, le 20 mars, aux côtés d’Odile Broglin, dans le cadre de la commission d’enquête sur le modèle économique des crèches. *** A plusieurs reprises, les députés avaient pourtant prié les deux dirigeants de se montrer plus explicites sur la structuration et l’actionnariat atypique de leur groupe tentaculaire – les autres entreprises privées ayant ouvert leur capital aux investisseurs. « Vous répondez sous serment, l’omission, ce n’est pas dire toute la vérité », avait rappelé le président de la commission, Thibault Bazin (LR, Meurthe-et-Moselle).

« C’est vrai, nous n’avons pas mentionné la présence du fonds, parce que jusqu’ici il n’était pas dans la gouvernance ! C’était uniquement une créance de dette », justifie M. Durieux qui, lors de l’audition, avait même défendu cette stratégie d’endettement censée leur permettre « d’avoir une autonomie et une indépendance plus fortes » sur leurs choix de développement.

Lire le décryptage |  Crèches : le secteur privé lucratif dans le viseur de deux sévères livres-enquêtes

Il y a tout juste un an, en avril 2023, dans un rapport alarmant sur le secteur de la petite enfance, l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait relevé la présence accrue de fonds d’investissement dans l’actionnariat des « grands groupes du secteur engagés dans des stratégies de croissance ambitieuse » et appelé l’Etat à la « vigilance »« tant pour les risques de coûts financiers que représente cette dynamique, que pour les exigences de rentabilité qui peuvent lui être associées ».

C’est d’ailleurs la mort d’une fillette dans une crèche People & Baby de Lyon, en juin 2022, qui avait provoqué la mission de l’IGAS – une puéricultrice a été mise en examen pour homicide volontaire. Ce drame avait libéré la parole de parents comme de salariés sur les conséquences de la course à la rentabilité dans les crèches du secteur privé lucratif.

Quelle sera la stratégie du nouveau dirigeant ? « Rien ne va changer », insiste-t-on dans son entourage. M. Durieux, qui est persuadé que le fonds va « vendre le groupe à la découpe » pour se rembourser, a entrepris de contester son éviction en justice et espère que Bercy interviendra pour suspendre cette prise de contrôle par un fonds étranger d’une« entreprise stratégique ».

Aline Leclerc

*Crèches : « La démarchandisation de la petite enfance apparaît comme une impérieuse nécessité »

Tribune

William MartinetDéputé (LFI) des Yvelines

La multiplication des incidents, dont le décès d’une fillette survenu dans une crèche lyonnaise en juin, a mis en lumière les dérives de l’ouverture de ce secteur aux acteurs privés lucratifs. Préalable à l’élaboration d’un véritable service public de la petite enfance, le député LFI-Nupes William Martinet réclame, dans une tribune au « Monde », l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire.

Publié le 24 septembre 2023 à 06h00, modifié le 26 septembre 2023 à 13h23  Temps de Lecture 3 min.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/09/24/creches-la-demarchandisation-de-la-petite-enfance-apparait-comme-une-imperieuse-necessite_6190728_3232.html

Les Clochettes, La Maison des kangourous, Lapin et compagnie… Ce sont de doux noms qu’arborent les vitrines des crèches privées lucratives, où sont déposés, tous les matins, près de cent mille jeunes enfants. En arrière-boutique, l’ambiance est moins féerique.

Des fonds d’investissement capitalisés à hauteur de plusieurs milliards d’euros tirent les ficelles. Dans le portefeuille de ces fonds, les crèches cohabitent avec des pipelines en mer du Nord, une autoroute en Pologne ou encore de la fibre optique au Pays-Bas. Entre ces activités, un seul point commun : l’exigence d’un haut niveau de rentabilité pour satisfaire les investisseurs.

Jusqu’à récemment, le business des crèches agissait dans l’ombre. Mais la multiplication des incidents, dont le drame qui coûta la vie à une fillette dans une crèche lyonnaise en juin, a fini par attirer l’attention. Rien qu’en cette rentrée deux livres-enquêtes accumulent les témoignages et décrivent un système où la recherche de profit conduit à la « maltraitance économique » des enfants : des repas rationnés, des couches qui ne sont pas changées, des professionnelles épuisées, en sous-effectif et insuffisamment qualifiées. Les témoignages sont glaçants et inquiètent, à juste titre, les parents.

Généreux crédit d’impôt

Ces scandales sont l’aboutissement d’un long processus. Il y a vingt ans, les pouvoirs publics ont fait le choix d’ouvrir le secteur de la petite enfance aux acteurs privés lucratifs. Concrètement, les caisses d’allocations familiales (CAF) ont été sommées de financer indifféremment gestionnaires publics et privés. Un généreux crédit d’impôt a été créé pour compléter le modèle économique des entreprises de crèches. C’est le paradoxe de cette privatisation : le business des crèches se développe parce qu’il est biberonné à l’argent public.

Lire aussi :    Crèches : le secteur privé lucratif dans le viseur de deux sévères livres-enquêtes

Aujourd’hui, la marchandisation de la petite enfance est un train fou que rien ne semble arrêter. Les gouvernements successifs, incapables de répondre à la pénurie de modes de garde, y ont vu un moyen de se décharger de leur responsabilité. Les entreprises de crèches se sont engouffrées dans un système qui leur assurait un haut niveau de profitabilité, jusqu’à 40 %, selon un rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) publié en 2017.

Résultat, depuis dix ans, l’essentiel des places de crèches ouvertes l’a été par le secteur privé lucratif. Autant d’argent public gâché car utilisé au profit d’une machine à cash plutôt que de l’épanouissement des jeunes enfants.

Le lobby des entreprises de crèche n’a eu de cesse de revendiquer, d’obtenir et de mettre en œuvre avec empressement des normes plus faibles, plus souples, moins « contraignantes ». Le résultat est un grand nivellement par le bas, y compris chez certaines collectivités qui ont opportunément sous-traité au privé pour réduire leurs dépenses. La dégradation des conditions d’accueil a été encouragée par la difficulté de la protection maternelle infantile (PMI) à exercer sa mission de contrôle sur un secteur privé en plein boom.

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Si les enfants sont les premières victimes de ce business, les professionnelles n’en subissent pas moins les conséquences. Elles sont presque exclusivement des femmes, majoritairement payées au smic, aux conditions de travail épuisantes, mises malgré elles dans la position de rouage d’une machine maltraitante.

Transparence

Dans le privé lucratif, une auxiliaire de puériculture avec dix ans d’ancienneté travaille pour un salaire inférieur de 8,1 % à celui du secteur associatif et de 12,6 % à celui du public. Il faut rendre hommage à ces femmes qui, dans leur extrême majorité, malgré les difficultés de leurs conditions de travail, s’efforcent de protéger les enfants de la pression financière qui pèse sur leurs épaules.

Lire aussi :   « Après le scandale des Ehpad, assurons-nous du bien-être des bébés accueillis » **

La démarchandisation de la petite enfance apparaît désormais comme une impérieuse nécessité. Il est temps de construire un véritable service public, gratuit, capable de répondre aux attentes des familles, organisé pour répondre aux besoins des enfants et s’appuyant sur des professionnelles qualifiées et enfin valorisées.

Pour corriger ce système et entamer une transition, il faut d’abord en faire toute la transparence. Une demande de commission d’enquête parlementaire a été déposée dès le mois d’avril par le groupe parlementaire La France insoumise. Elle peut devenir une démarche transpartisane, faisant écho à l’émotion qui s’est exprimée dans l’ensemble des groupes politiques.

Lire aussi la tribune :  « Nos crèches brûlent, et le président de la République regarde ailleurs »

Les jeunes enfants ne parlent pas, ou si peu, lorsqu’ils subissent des maltraitances. Mais grâce au témoignage des parents et aux enquêtes des journalistes, désormais, nous savons. Ne nous rendons pas complices en détournant le regard. Agissons.

William Martinet est député (LFI) des Yvelines, membre du groupe parlementaire LFI-Nupes et de la commission des affaires économiques.

William Martinet (Député (LFI) des Yvelines)

**« Après le scandale des Ehpad, assurons-nous du bien-être des bébés accueillis »

Tribune

Maryse Bonnefoy

Coprésidente du Syndicat national des médecins de PMI (Protection maternelle et infantile)

Trois médecins spécialistes de la protection maternelle et infantile alertent sur les risques liés à la privatisation des services consacrés aux tout-petits.

Publié le 23 février 2022 à 21h07, modifié le 24 février 2022 à 09h20  Temps de Lecture 4 min.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/02/23/apres-le-scandale-des-ehpad-assurons-nous-du-bien-etre-des-bebes-accueillis_6114991_3232.html

Tribune. Le scandale des mauvais traitements infligés à nos aînés dans certains établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) bouleverse. Une logique de privatisation associée à un manque de contrôle sérieux, un personnel insuffisant en nombre et en qualification ont induit prévisiblement des pratiques tout à fait intolérables dans l’accueil de personnes dépendantes. Chacun comprend qu’il appartient à l’Etat de revoir le mode de fonctionnement et de régulation des Ehpad.

A l’heure d’une prise de conscience sur les abus envers des personnes âgées vulnérables, n’est-il pas temps de nous assurer du bien-être des bébés accueillis, également fragiles et dépendants ? Dans les modes d’accueil des tout-petits, l’enjeu est celui de la dignité ou du respect, mais aussi celui des conditions favorisant leur bon développement. A l’instar de l’accueil des anciens dans les Ehpad, l’Etat est attendu pour mettre en place un entourage par des personnels qualifiés, des réglementations et des modes de contrôle garantissant cet accueil de qualité pour les bébés.

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Or les récentes orientations des réformes – issues de l’ordonnance du 19 mai 2021 relative aux services aux familles – instaurées par le gouvernement sur les modes d’accueil inquiètent car elles conduisent immanquablement vers une dégradation, rappelant celle qui touche les Ehpad, de la qualité et de l’éthique nécessaire à cet accueil. Tout d’abord, l’exigence en matière de normes est singulièrement réduite. La récente réforme permet désormais qu’un adulte accueille un groupe de six petits bébés en crèche, à comparer au taux d’un adulte pour quatre enfants en Allemagne et d’un pour trois au Danemark. Toujours d’après ces nouvelles normes, les structures d’accueil sont de surcroît autorisées à accueillir chaque jour 15 % d’enfants en surnombre, selon nos calculs, durant une large partie de la journée, dans des locaux aux surfaces inchangées.

Rester au plus près des intérêts des enfants

Et pour faire bonne mesure, le gouvernement prévoit à ce jour à titre expérimental de confier le contrôle de la qualité des structures à leur principal cofinanceur, les caisses d’allocations familiales (CAF). Il est dès lors à craindre qu’elles ne privilégient la rationalisation des coûts sur la qualité humaine, d’autant plus que les CAF ne disposent pas des professionnels compétents en santé ou en éducation pour la petite enfance. Dans ces conditions, qui portera un jugement expert sur les projets d’accueil, éducatifs et sociaux des futures crèches comme sur leur compatibilité avec les besoins de développement et d’épanouissement de très jeunes enfants et de leur famille ?

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A ce jour, le processus d’agrément et de contrôle est réalisé par les services de protection maternelle et infantile (PMI) des départements. Ils réunissent deux qualités essentielles pour s’assurer de la qualité des modes d’accueil : la neutralité à l’égard des porteurs de projet et l’expertise professionnelle en santé et petite enfance. Leur mission principale − promouvoir le développement et la santé des jeunes enfants, en lien avec les parents − détermine leur critère de décision : la qualité d’un accueil soucieux des besoins des enfants et des familles. Non pas l’optimisation financière. Ils effectuent un travail sur mesure pour rester au plus près des porteurs de projets et des intérêts des enfants.

La dérive vers la priorité à l’économie est déjà à l’œuvre : à la Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF), une note adressée aux administrateurs préconise une « approche [qui] industrialise l’exercice de la compétence “agrément et suivi” des [crèches] dans un objectif d’efficience ». En outre, elle prévoit « pour le suivi et le contrôle [des crèches]des grilles d’autoévaluation annuelles ; des contrôles systématiques a minima tous les cinq ans ».

Le secteur public n’est pas à l’abri

Le scandale des Ehpad a mis en évidence les conséquences d’une privatisation sans contrôle efficace sur l’accueil de nos aînés. Or, depuis plusieurs années, ont également fleuri des entreprises de crèches à but lucratif, principales pourvoyeuses de création de places. La logique de ces nouveaux venus relève des mêmes mécanismes de maximisation financière que celle prévalant dans les Ehpad à but lucratif.

D’ores et déjà, des dérives identiques y sont observées. L’émission d’investigation « Pièces à conviction » diffusait, le 5 février 2020, sur France 3, un reportage édifiant sur les pratiques d’une entreprise de crèches : turnover incessant et burn-out dans les équipes, non-respect des taux d’encadrement, sous-effectif chronique, stabilité des liens inexistante avec les enfants, utilisation rationnée de couches. Un rapport d’études de la CNAF révélait dès 2009 le choix d’une responsable dans ce secteur de recruter « un personnel “vierge” de toute expérience de travail en crèche », l’obsession de « l’optimisation maximale du remplissage de la structure », l’objectif de rentabiliser au mieux le fonctionnement de la crèche en optant « pour la standardisation » des projets pédagogiques.

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Confronté à des objectifs gestionnaires toujours plus stricts, le secteur public ou non lucratif n’est pas non plus à l’abri de tels errements. Dans ce contexte, « industrialiser le contrôle » et lâcher totalement la bride aux opérateurs en leur octroyant la libéralité d’« autoévaluations » reviendrait à ne tirer aucune leçon du fiasco du contrôle des Ehpad ! Aucune garantie ne serait apportée quant à l’adéquation du fonctionnement des crèches avec les besoins des jeunes enfants. La régulation de la qualité d’accueil des tout-petits par la puissance publique passerait à la trappe !

Plus que jamais notre société doit s’enrichir de citoyens créatifs, épanouis : il importe que les tout-petits soient accueillis de façon à favoriser leur plein développement physique, affectif, cognitif et social. Il serait judicieux que l’Etat, instruit de l’expérience malheureuse des Ehpad, revoie à la hausse les normes concernant les structures d’accueil et renforce les moyens et compétences des services de protection maternelle et infantile pour les accompagner.

Maryse Bonnefoy, Cécile Garrigues et Pierre Suesser sont coprésidents du Syndicat national des médecins de PMI (protection maternelle et infantile).

Maryse Bonnefoy (Coprésidente du Syndicat national des médecins de PMI (Protection maternelle et infantile))

*** https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/organes/autres-commissions/commissions-enquete/ce-creches

https://videos.assemblee-nationale.fr/video.14864479_65faea48b46d2.modele-economique-des-creches-et-qualite-de-l-accueil-des-jeunes-enfants–auditions-diverses-20-mars-2024

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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