« Un tiers des défibrillateurs cardiaques hors service en France »
Date de publication : 30 mai 2024 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=a09ff9f91d527c30743cea3b306b8fa7&id_newsletter=20273&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=20273&from=newsletter

Libération relève que « depuis 2018, tout établissement recevant du public a l’obligation d’installer dans ses locaux un défibrillateur cardiaque. Problème : selon un audit réalisé par une société de maintenance dévoilé […] par France Info, près d’un tiers des 500.000 défibrillateurs cardiaques installés dans les lieux publics de France sont hors service ».
Le quotidien observe ainsi qu’« entre 2021 et 2023, 6021 défibrillateurs automatisés externes (DAE) ont été inspectés par la société Matecir Defibril qui en a tiré des projections sur le reste des dispositifs installés dans le pays. Si les établissements qui reçoivent du public sont au fait de leur obligation d’installer un défibrillateur, les données récupérées par Matecir Defibril montrent que bien souvent ils ne savent pas qu’assurer l’entretien de ces outils leur incombe ».
Bruno Thomas-Lamotte, président de l’Association pour le recensement et la localisation des défibrillateurs (Arlod), souligne ainsi : « Qui est responsable ? C‘est celui qui est l’exploitant, celui qui le met à la disposition du public. Mais derrière, il faut quelqu’un qui surveille sur place, qui vérifie que le défibrillateur clignote bien et marche bien ».
Le responsable ajoute que « l’exploitant peut faire la maintenance lui-même s’il a les compétences, ou bien il peut s’adresser à des sociétés extérieures qui le font très bien. D’autres prennent un peu d’argent pour envoyer un mail et juste passer un coup de chiffon sur le boîtier. Ce n’est pas ça qui garantit que le défibrillateur va marcher ».
Libération note de plus que « près de 60% des défibrillateurs inspectés au cours de l’audit ont présenté «une anomalie pouvant entraîner un dysfonctionnement», précise l’Arlod. Face à ce constat, l’association réclame une loi afin d’obliger les exploitants à assurer le bon fonctionnement des défibrillateurs, de la même manière que l’inspection des extincteurs ».
Bruno Thomas-Lamotte remarque en effet que « le taux de survie des arrêts cardiaques est très bas en France. Il est de l’ordre de 7 ou 8%. Avant les défibrillateurs il était de 2%, donc cela prouve qu’il y a un intérêt », mais souligne qu’« un défibrillateur est utilisé avant l’arrivée des secours dans moins de 10% des cas ».