Appel à la mobilisation et à la fermeture de toutes les officines (National)
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30/05/2024
Émis par : USPO, FSPFAjouter à mon agenda
A l’initiative des syndicats, les représentants de la profession pharmaceutique ont confirmé, le 16 mai, une grande journée de mobilisation prévue pour le 30 mai. Les raisons de la colère : alerter les patients sur le risque de déserts pharmaceutiques et défendre le maintien d’un accès à des soins de qualité, faire part du mécontentement généralisé de ces professionnels de santé sur les difficultés économiques auxquelles ils font face depuis près de trois ans, s’opposer à une possible dérégulation de la vente en ligne des médicaments et, enfin, alerter sur l’absence d’avancée pour la réforme du troisième cycle des études pharmaceutiques (R3C).
Les pharmaciens d’officine sont en colère et comptent bien le faire savoir ! Subissant de plein fouet la hausse de leurs charges depuis près de trois ans, et constatant que les négociations conventionnelles avec l’Assurance maladie pour revaloriser leurs honoraires et les nouvelles missions que les pouvoirs publics leur ont confiées en matière de prévention, de dépistage et de vaccination, n’aboutissent pas, ils ont pris la décision de fermer leurs officines sur tout le territoire et de manifester le 30 mai prochain.
A l’appel de leurs syndicats représentatifs (USPO et FSPF), et rejoints par les étudiants en pharmacie, l’UNPF et les syndicats de groupements FEDERGY et UDGPO, les pharmaciens s’absenteront donc de leur comptoir pour défiler dans la rue !
De nombreuses manifestations sont prévues partout sur le territoire et la mobilisation s’annonce très suivie, tout comme l’avait été celle de 2014.
Voici la liste des villes concernées à ce jour et les informations pratiques de ces manifestations :
- PARIS : 15h devant la Faculté de Pharmacie, avenue de l’Observatoire (dans le 6ème arrondissement), pour s’achever devant le Ministère de l’Economie à Bercy (dans le 12èmearrondissement).
- AJACCIO : 10h départ de la place Abatucci en direction de la Préfecture
- ANGERS : 10h à la CPAM en direction de la Préfecture
- ANGOULEME : 9h45 place de la Bussate en direction de la Préfecture
- ANNECY : 14h devant la Préfecture
- BASTIA : 10h Palais de Justice vers préfecture
- BESANCON : 10h place de la Révolution en direction de la Préfecture
- BORDEAUX : 12h à la Faculté
- CHALONS EN CHAMPAGNE : 10h devant la Préfecture
- CHATEAUROUX : 9h30 Place Monestier
- CHAUMONT : 13h square du Boulingrin en direction de la Préfecture
- CLERMONT-FERRAND : 13h sur le parvis de la gare SNCF en direction de l’ARS
- DIJON : à partir de 8h30, départ du cortège à 10h place du Théâtre
- DIGNE LES BAINS : de 9h à 10h devant la Préfecture
- GRENOBLE : 14h place de l’Ile Verte en direction de la Préfecture
- LE MANS : 14h place des jacobins en direction de la place de la république puis de la Préfecture
- LILLE : à 10h de la place de la république à l’ars 556 Av. Willy Brandt
- LIMOGES : 11h devant la Préfecture
- LYON : 9h30 place d’Arsonval près de la faculté de pharmacie (métro Grange Blanche)
- MARSEILLE : à 14h, devant la Préfecture
- MONTPELLIER : 13h30 Jardin du Peyron en direction de la Place de la Comédie
- MULHOUSE : 13h Square de la Liberté (face CPAM)
- NANCY : à 10h, Place Stanislas en direction de la CPAM
- NANTES : 10h à la CPAM rue Gaétan Rondeau en direction de la Préfecture
- NICE : 10h30 à la Gare de Thiers en direction de la place Masséna
- ORLEANS : 14h place de Gaulle (devant la CPAM), en direction de la Préfecture
- POITIERS :14h devant la Faculté de Pharmacie
- RENNES : de 10h à 12h devant la CPAM, 7 cours des Alliés
- SAINT ETIENNE : 9h30, gare de Chateaucreux devant la CPAM en direction de la Place Jean Jaurès
- STRASBOURG : 14h place de Broglie
- TOULON : de 10h à 12h devant la Préfecture
- TOULOUSE : 10h place Saint Etienne
- TOURS : 10h place de la Préfecture en direction de la CPAM
- VALENCE : 10h à la CPAM en direction de la Préfecture
Contacts presse :
Pierre-Olivier Variot – variot@uspo-paris.fr
Philippe Besset – pbesset@fspf.fr
Loi sur la fin de vie : où sont les pharmaciens ? (Tribune)
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29/05/2024
Émis par : Professeur Gilles Aulagner
« Alors que la loi sur la fin de vie ‘est en débat à l’Assemblée nationale’, il est important tout d’abord de rappeler, d’une part, que ‘l’aide à mourir’ est un subterfuge lexical qui désigne à la fois le suicide assisté et aussi l’euthanasie avec l’accord du malade et que, d’autre part, la très grande majorité des personnels soignants au contact direct des patients en soins palliatifs, en fin de vie ou en train de mourir sont fermement opposés à ce volet du projet de loi.
Il est également important d’examiner l’historique de la profession de pharmacien. »
Sa création remonte en effet à août 1353 par la « jurande des apothicaires craignant Dieu » de Jean II le Bon qui a mis en place la base de l’organisation pharmaceutique que nous connaissons encore aujourd’hui.
La création des apothicaires a été mise en place suite à une série d’empoisonnements nécessitant un gardien des poisons avec une organisation particulière qui a été confirmée tout au long de l’histoire, toujours suite à des vagues d’empoisonnements.
Quelques dates :
- 1777 : les apothicaires deviennent pharmaciens.
- 1793 : la loi « Le Châtelier » supprime les corporations mais, pour les pharmaciens, elle est rétablie au bout de trois semaines, compte-tenu des empoisonnements.
- 1802 : le 1er consul met en place les organisations médicales et pharmaceutiques que nous connaissons aujourd’hui, notamment dans le domaine de l’enseignement.Aujourd’hui, le pharmacien est l’expert des produits de santé (Médicaments et Dispositifs Médicaux) pour soigner les patients (pharmacie clinique), les guérir (lorsque c’est possible), soulager leurs douleurs, éviter les effets indésirables iatrogènes, prévenir les maladies aussi bien infectieuses (vaccinations) que métaboliques et toujours « garder les poisons » ce qui figure dans le serment de Galien prononcé par tous les pharmaciens, sans parler, bien-sûr, du volet fondamental de la Recherche.Ces activités sont quasiment incompatibles avec la préparation et la délivrance de substances à des fins léthales dont le pharmacien n’a aucune expérience, ce qui modifierait profondément la relation avec les patients.La loi « fin de vie » prévoit la possibilité de nouvelles préparations magistrales hospitalières pour accélérer les fins de vie. Fallait-il pour autant organiser une telle problématique alors que la loi Leonetti n’est pas totalement appliquée qui nécessite des investissements importants dont ceux d’augmenter les suivis des soins palliatifs en France ?
C’est une modification très profonde du rôle des pharmaciens dans le domaine de la fin de vie.
Ceci est tout à fait regrettable car cela va à l’inverse des formations assurées au futur pharmacien le fait que l’on veuille supprimer la clause de conscience qui est pourtant impérative dans ce cas- là.
En effet, la loi dite fin de vie est une loi faite par des bien-portants ; or, toutes celles et tous ceux qui ont une expérience de la fin de vie à l’hôpital savent très bien que les patients ne veulent pas d’accélération vers la mort, hormis quelques cas exceptionnels (grande insuffisance respiratoire par exemple) d’ailleurs, Jean de la Fontaine, dans la fable La Mort et le Bûcheron, le rappelait : « Plutôt souffrir que mourir telle est la devise des hommes ».
Il faut développer prioritairement les soins palliatifs dont nous manquons dramatiquement (22 départements n’ont pas de structures adaptées). Des efforts importants doivent être conduits pour traiter plus efficacement les douleurs en ambulatoire comme en établissement, ce qui n’est malheureusement pas possible pour de nombreux patients socialement ou géographiquement très éloignés de structures spécialisées.
Enfin, cette loi n’évoque nulle part le rôle du pharmacien dans la conception, la préparation et la dispensation de produits de santé (Médicaments et DM) pour soulager la douleur et participer aux soins palliatifs (incompétence des auteurs, non concertation, … ?).
Il nous paraît donc impératif (a minima) de rétablir la clause de conscience qui doit permettre, en tout état de cause, d’avoir un consensus véritable sur quelques besoins de fin de vie particuliers et de revenir à une rédaction plus conforme aux réalités du terrain.
Professeur Gilles Aulagner
Président des Entretiens de Galien Président honoraire de l’académie nationale de Pharmacie
Contact presse : Virginie Gustin – com@com-en-france.com