La statue du Coutarel, ce vestige gaulois découvert par des agriculteurs tarnais

Histoire – Archéologie, Tarn, Poulan-Pouzols
Publié le 25/05/2024 à 15:01
Yann Roques
Les Gaulois restent mystérieux malgré les découvertes archéologiques récentes. Leur culture, basée sur l’oralité, ne nous a laissé que très peu de témoignages. Quelques éléments sculpturaux nous en apprennent davantage sur leur culture. C’est le cas de la statue du Coutarel, découverte par hasard dans un champ de Poulan-Pouzols (Tarn).
En octobre 1961, des agriculteurs de Poulan-Pouzols découvrent une statue lors de travaux agricoles. Celle qu’on appelle aujourd’hui, la statue du Coutarel, est un des éléments monumentaux antiques les mieux préservés de la région.
Sa découverte est fortuite. Nous sommes au début des années 1960 et les agriculteurs commencent à labourer profond, notamment à l’aide de sous-soleuse. C’est avec une de ces machines que la famille Phalippou découvre dans un de leur champ, la fameuse statue.
Ils la déposent dans un coin du champ, n’ayant vu l’intérêt archéologique de l’artefact. Quelque temps plus tard, l’archéologue Jean Lautier, la répertorie comme statue gallo-romaine, après avoir négocié son achat avec les propriétaires. Elle entre alors dans les collections du Musée Toulouse-Lautrec d’Albi.
Neuf animaux, dont un seul domestique
Taillée dans un grès molassique local et mesurant 91 cm de hauteur, la statue du Coutarel représente un personnage en ronde-bosse accompagné d’animaux.
La face avant de la statue, à savoir le visage du personnage, est très abîmée à cause des travaux agricoles qui l’ont rogné petit à petit. Malgré cela, on aperçoit ses yeux, son nez ou encore sa bouche. Le dos est presque intact.
Le personnage, torque gaulois au cou, est assis sur une banquette et porte une chevelure remarquable, constituée de deux longues tresses devant et une quinzaine sur le dos.
Des animaux sont représentés en bas-relief sur les côtés et l’arrière de la statue. Un sanglier, un faon, mais aussi un chien qui tient dans sa gueule les pattes arrière d’un lapin ou d’un lièvre. Une biche, un oiseau et un chevreuil complètent la scène. Deux symboles triangulaires rappellent l’oiseau représenté sur le profil gauche. En tout ce sont neuf animaux, dont un seul domestique, qui sont représentés.
Visible à l’Archéosite de Montans.
Daniel Schaad, archéologue et spécialiste de la période antique, nous précise : « Cette statue, taillée à l’époque gallo-romaine, est la représentation d’une déesse gauloise assise que l’on peut assimiler à la Diane Chasseresse des Romains. La présence dans le décor des trois grues Trigaranus renvoie au mythe du dieu gaulois Esus qui se rend dans la forêt pour abattre l’arbre où se cache Tarvos, le taureau primordial que les trois échassiers avertissent de leur cri strident. »
La statue du Coutarel est un parfait exemple de l’attachement des Gaulois à leurs traditions religieuses malgré leur intégration dans l’Empire romain et à son panthéon des dieux gréco-romains.
Vous pouvez aujourd’hui admirer la superbe statue du Coutarel à l’Archéosite de Montans.