Des alternatives aux pesticides existent bel et bien !

Il existe bel et bien des alternatives aux pesticides et l’agroécologie en fait partie (la diversité végétale, pas de pesticides, des rendements, résistance et résilience face au changement climatique). La biodiversité peut donc être à la base de la production agricole.

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mardi-21-mai-2024-5551475

Améliorer le revenu des agriculteurs et des agricultrices tout en réduisant les pesticides. Ce sont les conclusions étonnantes de recherches qui viennent d’être menées en France à grande échelle et qui prouvent que cette équation est tout à fait possible. Ces travaux montrent que non seulement l’agriculture, l’environnement et la biodiversité sont compatibles, mais qu’en plus la production agricole, la qualité de vie et le bien-être des paysans, des paysannes augmente avec la présence de plus d’espèces sur les parcelles.

Depuis 2008, les différents plans Ecophyto, censés réduire de moitié la consommation des pesticides, se sont tous soldés par des échecs. Et le dernier plan en date annoncé par le gouvernement le 6 mai dernier, Ecophyto 2030, est loin de faire l’unanimité. Alors que les impacts environnementaux et sanitaires des produits phytosanitaires ne sont plus à démontrer, des expérimentations permettant de réduire l’usage des pesticides et des engrais devraient inspirer toutes celles et ceux qui ont en charge la question agricole.

À écouter : L’écologie est-elle vraiment l’ennemie des agriculteurs ? 

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Dans une Tribune publié le 7 mai dernier, un collectif rassemblant près de quatre cents chercheurs, plus de deux cents soignants ainsi que des associations de patients et de défense de l’environnement prend position contre le nouveau plan Ecophyto : l’indicateur d’usage des pesticides (NODU, nombre de doses unités) sera remplacé par un outil de mesure européen insuffisant, l’indicateur de risque harmonisé (HRI-1).

Dans un monde agricole dominé par une agriculture conventionnelle, existe-il des alternatives aux pesticides ? Est-il possible de réconcilier agriculture et environnement sans avoir recours aux pesticides ? Aude Vialatte et Vincent Bretagnolle, tous deux écologues, observent et analysent des systèmes de culture innovants permettant de satisfaire les besoins socioéconomiques et la préservation de la biodiversité sous toutes ses facettes, cela en agroécologie des territoires. Et il y a des résultats fort intéressants.

À écouter : Que pensent les députés du nouveau plan Ecophyto ?

Des alternatives aux pesticides existent bel et bien !

Vincent Bretagnolle est directeur de recherche au CNRS- – RÉSILIENCE membre du Centre d’études biologiques de Chizé (CEBC), et directeur de la « Zone Atelier Plaine et Val de Sèvre.

Ses travaux sont menés principalement sur la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre (département des Deux Sèvres) qu’il a créé en 1994. Cette « Zone Atelier Plaine et Val de Sèvre » abrite une expérimentation inédite qui permet de concilier réduction des pesticides et augmentation des revenus agricoles. C’est comme un immense laboratoire à ciel ouvert, sur un grand territoire (450 km²) qui permet des recherches sur des temps longs, et cela, avec le concours des agriculteurs volontaires du coin.

Après trente ans de recherche, quels sont donc les résultats de cette expérimentation ? « Les expérimentations ont montré que réduire de 25 à 50% les engrais et pesticides ne baisse pas, en moyenne, significativement les rendements, et augmente plutôt le revenu des agriculteurs par réduction des charges » précise Vincent Bretagnolle dans La Relève et La Peste.

Aude Vialatte, elle, est directrice de recherche à INRAE en agroécologie des paysages. Elle est aussi directrice du laboratoire de Toulouse Dynafor et co-autrice du livre « protéger les cultures par la diversité végétale » Ed Quae. Elle a coordonné avec V. Martinet (Economie Publique) et A. Tibi (DEPE) une expertise scientifique collective (ESCo) « Utiliser la diversité végétale des espaces agricoles pour favoriser la régulation naturelle des bioagresseurs et protéger les cultures », dont les commanditaires sont les ministères en charge de l’Agriculture, de la Transition écologique et de la Recherche.

Mélanges variétaux, associations d’espèces, succession de cultures dans le temps, agroforesterie, haies et autres éléments semi-naturels du paysage… La diversité végétale concourt à diminuer les populations de champignons pathogènes, de plantes adventices, d’insectes ravageurs qui vivent aux dépens des cultures, avec l’objectif de réduire, voire de se passer, des pesticides. Et cela sans perte de rendement. De nombreux verrous, en amont et en aval des filières agricoles, limitent le déploiement de ces stratégies de protection des cultures, mais les politiques publiques pourraient représenter un levier important pour inciter les agriculteurs à les adopter. A bon entendeur, salut !

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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