3 postes de psychiatres vacants en Sud Aveyron, et une expulsion d’un psychiatre étranger en fonction depuis 2 ans

Nous dénonçons la décision d’expulsion d’un médecin psychiatre du Sud Aveyron.

Le refus de renouveler l’autorisation de séjours de ce médecin menace la prise en charge psychiatrique sur notre territoire.

La mobilisation citoyenne est nécessaire face à cette mesure d’expulsion prise en urgence pour une mise en œuvre le 30 mai !

Pour défendre le Droit à la santé contre l’acharnement des décideurs enfermés dans l’idéologie financière et nationaliste pour qui la vie des habitants et le respect des droits humains ne comptent pas

Manifestation le 28 Mai 18H à Millau sous-préfecture

Ci joint un tract des syndicats SUD et CGT hospitaliers

Ci dessous un appel des collègues de la psychiatrie

« Je vous envoie ici un message peu habituel, un peu de ma casquette professionnelle, le secteur psychiatrique de Millau se retrouve dans une impasse administrative et nous avons à cœur de diffuser au maximum cette information autour de nous, 

Houcine TURKI un de nos trois médecins, exerce comme psychiatre dans le secteur du Sud Aveyron. Après deux ans de bons et loyaux service au sein du secteur et de la FONCTION PUBLIQUE hospitalière, il se retrouve remercié par une obligation de quitter le territoire français avant ce 31/05/2024! Son titre de séjour arrive à sa fin et il ne peut prétendre à le reconduire du fait qu’il n’a pas encore passé son équivalence médicale (il devait soutenir son mémoire au Sénégal mais la situation politique l’en a empêché). Il est donc contraint de rentrer en Tunisie d’ici 15 jours. Au-delà du drame humain que cela représente, quid de la prise en charge de plus de 1200 patients de sa fille active qui vont se retrouver sans médecins…

Notre objectif est de se mobiliser et de médiatiser l’affaire au maximum et d’en parler autour de nous. 
Comment une telle décision peut-elle être initiée par la seule personne d’un préfet alors même que des lois sur l’immigration sont revues ces derniers temps. 
Merci à vous d’en parler, de relayer l’info, autour de vous, qui sait de nous donner des contacts .. 
Le secteur psychiatrique du Sud Aveyron a besoin de vous!! »

A Millau, les larmes d’un psychiatre »

Date de publication : 11 juin 2024 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=e2fe3ec7670bfa2861aba7f3b2e87d27&id_newsletter=20360&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=20360&from=newsletter

Libération

Eric Favereau indique en effet dans Libération que « pour des raisons purement administratives, un psychiatre à diplôme étranger a dû quitter la France, mettant en péril la survie de la psychiatrie dans le Sud-Aveyron, et cela au grand désespoir du médecin psychiatre ».
Le journaliste explique que la semaine dernière, « le Dr Jean-Dominique Gonzalez, psychiatre, chef emblématique du secteur à l’hôpital de Millau, expliquait que «c’était fini», que «[son] collègue a dû quitter le territoire français le 31 mai», et qu’il se retrouvait quasi seul, juste avec un autre médecin à diplôme étranger, pour tenir et suivre une population de près de 80.000 personnes. Cet homme solide avec une longue et forte expérience, exerçant la psychiatrie depuis plus de 40 ans, ayant accompagné de grands malades, s’est alors effondré ».
Le Dr Gonzalez déclare : « J’ai craqué. D’un coup, les larmes m’ont monté aux yeux. On avait essayé des solutions depuis un mois, et je me suis dit que l’on était dans un monde de fous. On est là, dans un combat juridique, à chercher des solutions, alors que notre travail, c’est le soin. C’est d’aider. Mais où est-on ? Car ce sont quand même les autorités de tutelle qui devraient faire quelque chose, c’est la préfecture qui devrait trouver une solution. Face à cette intransigeance, ma passion dans le service public s’est cassée. Cela m’a provoqué un effondrement intérieur, ce que je n’avais jamais connu ».
« Les Padhue, ces fameux médecins à diplôme étranger, c’est eux qui viennent nous aider, ce n’est pas l’inverse. S’ils n’étaient pas là, le système français s’effondrerait »,
 ajoute-t-il.
Eric Favereau explique que « le 31 mai, un jeune psychiatre tunisien, aimé et apprécié de tous, exerçant depuis 18 mois dans le service de psychiatrie de l’hôpital de Millau, a dû quitter son poste et la France en raison d’une mesure d’OQTF. Il était en France depuis 2 ans. Son titre de séjour n’a pas été renouvelé en raison d’un imbroglio administratif, au prétexte qu’il n’avait pas pu s’inscrire dans les délais au concours de validation de ses diplômes. Il n’a pas pu le faire, car il attendait pour son dossier, a-t-il expliqué, l’arrivée d’un papier prouvant son diplôme tunisien – attestation nécessaire pour passer les épreuves de validation des connaissances permettant d’accéder à une autorisation d’exercice en France ».
« A l’hôpital de Millau, cela fut la stupeur. Et la crainte. Car tout le département du secteur de psychiatrie du Sud-Aveyron fonctionnait déjà avec seulement trois postes de psychiatres. Le départ de l’un rendrait la vie intenable aux autres. Une manifestation a eu lieu, le maire s’est décarcassé, le personnel aussi »,
 poursuit le journaliste.
Le Dr Gonzalez réagit : « On avait le sentiment d’avoir construit quelque chose d’humain. Quand j’ai commencé comme jeune interne dans le département, les hommes et les femmes étaient séparés, on avait des trousseaux de clés car toutes les portes étaient fermées. Nous, on était portés par l’idée de mettre les malades dans la ville, par la psychothérapie institutionnelle : soigner aussi les murs. Et on est arrivés à faire du bon travail ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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