« En tout, six centres de santé de la Croix-Rouge en Ile-de-France doivent fermer durant l’été 2024. Ce qui laisserait 40.000 patients et patientes sans médecin, alors que plus de 60% des habitants de l’Île-de-France vivent dans un désert médical »

« Paris envisage de municipaliser deux centres de santé associatifs, menacés de fermeture »

Date de publication : 24 mai 2024

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« En tout, six centres de santé de la Croix-Rouge en Ile-de-France doivent fermer durant l’été 2024. Ce qui laisserait 40.000 patients et patientes sans médecin, alors que plus de 60% des habitants de l’Île-de-France vivent dans un désert médical », fait savoir Aude Lorriaux dans 20 Minutes.
« Avec sa devanture blanche et sa Croix-Rouge, et une photo un peu vieillie d’une enfant chez le dentiste, il n’est pas du plus rutilant, mais il accueille près de 9.000 patients », note la journaliste. « Le centre de santé Croix-Rouge de la rue Haxo à Paris va pourtant bientôt laisser en rade tous ces gens, faute d’ici là de trouver un repreneur, et dans un contexte où le tissu parisien souffre déjà d’un cruel manque de médecins », ajoute-t-elle.
« Les deux [centres de santé de la Croix-Rouge] à Paris pourraient néanmoins être repris par la ville, qui envisage une municipalisation, selon un vœu de l’exécutif qui a été voté mardi en Conseil de Paris », détaille-t-elle.


« La faute en partie à une mauvaise gestion, dénoncée par les syndicats », fait savoir le journal. « Il n’y avait personne au centre de la rue Haxo en charge du recouvrement des factures. Le centre de santé avait un important montant de créances non recouvrées et on a fini par perdre de l’argent », explique Renaud Mandel, représentant syndical CGT et salarié Croix-Rouge


« Concrètement, les pertes engendrées par les six centres de santé sont estimées à près de 4,3 millions d’euros au budget 2024, soit un déficit mensuel à financer de 357.468 euros. Les pertes cumulées liées aux centres de santé se chiffrent à plus de 48 millions d’euros à fin 2023 », indique La Croix Rouge.


« La faute surtout, pointent nombre d’acteurs et actrices du domaine, à la tarification à l’acte, qui pousse les praticiens et praticiennes et notamment les centres privés à privilégier certains actes plus « rentables », ce que ne font pas les centres de santé associatifs, qui par ailleurs prennent en charge une population plus précaire », souligne la journaliste.


« Les patients qui s’adressent à ces centres sont en moins bonne santé. On a plus de patients qui ont l’aide médicale de l’État et ce sont des patients qui ont besoin de plus de temps, de soin », explique Anne-Claire Boux, adjointe à la santé d’Anne Hidalgo. « Les centres de santé accueilleraient ainsi environ 20% de public vulnérable par rapport aux maisons de santé qui en ont 8% selon la présidente de la Fédération nationale des centres de santé Hélène Colombani, qui cite des chiffres de la Cnam », révèle l’article.
« Pour la CGT, ce n’est pas un problème de modèle économique, mais bien de sous-financement relevant d’un choix politique pour des établissements qui ont pourtant une forte utilité au niveau de l’offre de soins du territoire », dénonce une pétition lancée par Renaud Mandel. 


« Plus de 60% des habitants de l’Île-de-France vivent dans un désert médical. Et si c’est moins le cas à Paris, la rue Haxo est aux abords du 19e arrondissement, qui est lui qualifié de désert médical, ou dans le jargon « zone d’intervention prioritaire » », fait savoir l’article. « Il n’y aurait aussi plus que 20% des spécialistes à Paris sans dépassement d’honoraires, selon l’Assurance maladie », souligne-t-il.


« Lorsque les patients du centre de santé appellent les médecins du quartier ils se voient répondre qu’ils ne prennent pas de nouveaux patients. Or les patients en « affection de longue durée » (ALD) ont besoin de renouveler leur ordonnance tous les mois, où vont-ils aller, aux urgences ? », s’inquiète Renaud Mandel.


« Pour préserver l’offre de santé, et notamment une offre accessible en secteur 1, la Mairie de Paris envisage, si aucun repreneur n’est trouvé, de municipaliser les deux centres menacés de fermeture », indique 20 Minutes.


« L’exécutif parisien a promis mardi dans un texte voté en Conseil de Paris d’étudier « la possibilité d’une municipalisation des centres de santé en difficulté » », ajoute le journal. « L’option 1, c’est d’avoir un repreneur associatif, en plan B, on étudie la municipalisation. Mais avant on doit se pencher sur la question légale, il faut voir si c’est faisable car cela implique des enjeux RH et immobiliers », explique Anne-Claire Boux.


« La mairie a annoncé en mars vouloir créer sept nouveaux centres de santé à l’horizon 2026, qui s’ajouteraient aux dix centres existants. Une partie de ces nouveaux centres pourrait donc résulter d’une municipalisation », reprend l’article.
« Si la situation des centres parisiens est sauvée, restera encore celle des autres centres franciliens, qui reste dans le flou », souligne la journaliste. Elle évoque le « silence du gouvernement » sur la question.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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