FHF: « les représentants des cliniques privées ont cru bon de demander que des financements prévus pour assurer les missions d’intérêt général et la permanence des soins à l’hôpital public leur soient retirés, et tout bonnement attribués ! ».

« A Santexpo, l’hôpital public défend sa cassette contre la convoitise des cliniques privées »

Date de publication : 22 mai 2024

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Nathalie Raulin observe dans Libération que « ce mardi 21 mai, en ouverture du salon annuel de la Fédération hospitalière de France, son patron, Arnaud Robinet, s’est employé à dissuader l’exécutif de puiser dans les crédits de l’hôpital public pour éteindre la menace de «grève totale» des établissements privés à compter du 3 juin ».
Le responsable a ainsi déclaré que « les représentants des cliniques privées ont cru bon de demander que des financements prévus pour assurer les missions d’intérêt général et la permanence des soins à l’hôpital public leur soient retirés, et tout bonnement attribués ! ».
« Est-il nécessaire de dire combien la demande heurte les hospitaliers publics ? Est-il besoin de dire combien elle est en décalage avec les priorités de santé de publique et d’accès aux soins ? Est-il besoin de rappeler qu’elle est formulée alors même que les hospitaliers seront mobilisés tout l’été, avec fierté et sans fermer leurs portes un instant, pour accompagner les Jeux de Paris ? », 
a ajouté Arnaud Robinet.
Nathalie Raulin explique que « depuis un mois et demi, les cliniques privées mettent la pression sur le gouvernement pour obtenir les centaines de millions dont elles estiment avoir été indûment privées. Quitte à sortir la mitrailleuse lourde : à partir de ce lundi, un peu partout en France, les établissements de soins privés, responsable de 35% de l’activité hospitalière, ont commencé à déprogrammer leurs patients de façon à pouvoir cesser toute activité, à l’exception des dialyses, à compter du 3 juin, et même du 1er juin s’agissant des services d’urgence ».
La journaliste précise : « A l’origine de ce pataquès, la décision du gouvernement de relever en 2024 les tarifs des établissements de santé privés – base de la facturation de leurs actes à l’Assurance maladie – de seulement 0,3%, contre 4,3% pour les hôpitaux publics. Levée de boucliers immédiate du secteur privé, qui réclame une révision de la copie ».
Nathalie Raulin relève que « la possible grosse pagaille dans la santé, à une semaine d’un scrutin européen qui s’annonce déjà compliqué pour la majorité présidentielle, n’est pas du goût de l’Elysée. Consigne est passée au gouvernement de trouver une issue rapide au conflit. En clair, de trouver les moyens de la concorde. Or l’enveloppe budgétaire allouée aux établissements de santé étant fermée, les avantages octroyés au privé le sont nécessairement au détriment du public ».
La journaliste indique que « plutôt qu’à l’affrontement, c’est à la coopération pour «bâtir la santé de demain» dans un contexte de vieillissement de la population et de raréfaction des ressources budgétaires que le patron de la FHF invite le secteur privé. Et ce bon gré ou mal gré. Car Robinet le pointe : les cliniques ont l’obligation légale, depuis l’adoption en décembre de la loi Valletoux, de partager la charge de la permanence des soins, qui pèse pour l’heure essentiellement sur les hospitaliers publics ».

Voir aussi:

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https://environnementsantepolitique.fr/2024/05/17/la-repartition-dactivite-entre-secteur-prive-hospitalier-et-public-varie-suivant-les-territoires-et-suivant-les-actes/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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