Le secteur hospitalier privé lucratif ne répond pas aux besoins de santé des Albigeois mais aux exigences de rentabilité de ses actionnaires

« Inadmissible et insupportable » : la fermeture des urgences de Claude Bernard le week-end ne passe pas

Les urgences de Claude Bernard seront désormais fermées de 20h à 8h les vendredi, samedi et dimanche.Les urgences de Claude Bernard seront désormais fermées de 20h à 8h les vendredi, samedi et dimanche. DDM – MARIE PIERRE VOLLE

Santé,  Social,  Politique

Publié le 01/04/2024 à 15:01

https://www.ladepeche.fr/2024/04/01/inadmissible-et-insupportable-la-fermeture-des-urgences-de-claude-bernard-le-week-end-ne-passe-pas-11863002.php

Alexandre Ferrer

l’essentiel

Après l’annonce de la fermeture, le week-end, des urgences de la clinique albigeoise, le président du Département Christophe Ramond a laissé éclater sa colère.

L’annonce de la fermeture du service des urgences, le week-end, de la clinique Claude Bernard d’Albi,a provoqué la colère de Christophe Ramond, président du Conseil départemental du Tarn : « Ces fermetures sans augmentation du nombre d’urgentistes à l’hôpital constituent une rupture d’égalité dans l’accès aux soins pour les habitants. Cette situation n’est pas acceptable, c’est inadmissible et insupportable ! Dans le Tarn, nous ne sommes pas des citoyens de deuxième classe. »

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À compter du 1er avril et pour une durée de trois mois, les urgences de Claude Bernard seront fermées de 20h à 8h les vendredi, samedi et dimanche. Durant ces trois nuits de fin de semaine, les patients seront régulés et orientés par le 15 dans les autres établissements du territoire. « C’est l’assurance d’engorger de 30 % à 50 % les autres établissements du territoire déjà eux-mêmes au bord de l’apoplexie, a réagi Christophe Ramond. C’est allonger encore le temps de prise en charge des patients ! Ce sont des risques supplémentaires pour les patients ! C’est une baisse globale de la qualité des soins ! Nous ne nous contenterons jamais de demi-mesures de service public, surtout lorsqu’il s’agit de protéger notre bien le plus précieux : la santé. »

« Une réorganisation temporaire » selon la direction

Une décision de fermeture qui se justifie, selon la direction, par la baisse de passage au service des urgences de l’ordre de 17 % depuis 2019. Pour les salariés, le groupe Elsan, propriétaire de la clinique albigeoise, chercherait à fermer ce service qui n’est pas rentable.

« Cette réorganisation est temporaire, a expliqué de son côté Sandrine Joonnekin, la directrice de la clinique. Il faut être pragmatique. Nous avons lancé des recrutements en rapport avec nos attentes, nous souhaitons revenir à un fonctionnement 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Je réaffirme que nous souhaitons garantir une continuité de notre activité d’urgences pour les habitants de la région d’Albi. »

Le président du Département « appelle d’urgence les services de l’État à se mobiliser, en lien avec l’ARS, et les élus locaux pour qu’une solution pérenne et durable soit trouvée afin de remettre sur pied notre système de santé ».

« La seule logique, c’est de faire du fric » : malaise du personnel à la clinique Claude Bernard d’Albi

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Nombreux sont les salariés qui dénoncent la seule logique de rentabilité du groupe Elsan, propriétaire de la clinique.Nombreux sont les salariés qui dénoncent la seule logique de rentabilité du groupe Elsan, propriétaire de la clinique.DDM – Marie Pierre Volle

Santé,  Société,  Social

Publié le 17/03/2024 à 17:01

Alexandre Ferrer

l’essentiel

Menace sur les urgences, restructuration des services… Le climat se tend à la clinique Claude Bernard d’Albi. Un chirurgien, en poste depuis plus de 30 ans, dénonce une logique purement financière au détriment des patients.

Le malaise est de plus en plus palpable au sein de la clinique Claude Bernard. Alors que le service des urgences pourrait disparaître début avril,nombreux sont les salariés qui dénoncent la seule logique de rentabilité du groupe Elsan, propriétaire de la clinique ainsi que celle du Sidobre à Castres.

Et parmi eux, une voix s’élève. Pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit du docteur Marc Fresco, chirurgien plastique reconstructrice et esthétique, qui opère au sein de la clinique albigeoise depuis 32 ans. « La clinique a été rachetée il y a une douzaine d’années par un premier groupe puis par Elsan, explique-t-il. Les conditions de travail étaient très bonnes puis tout a commencé à dégénérer récemment… » 

« Elsan veut faire le tri des patients »

Le chirurgien pointe du doigt l’arrivée, il y a peu de temps, d’un directeur des opérations du groupe Elsan qui aurait pour mission de restructurer les services pour des raisons financières. « Dans mon domaine, je traite notamment des cancers à travers la chirurgie réparatrice. Ce sont souvent des opérations qui ne nécessitent que des anesthésies locales, souligne Marc Fresco. Et bien on m’a expliqué qu’on ne voulait plus d’anesthésies locales car ça ne rapportait pas… Elsan veut faire un tri des patients, ne garder que les opérations qui rapportent de l’argent. »

Et de s’interroger : « J’ai des patients qui viennent de tout le département, de l’Aveyron… Je dois faire quoi ? Leur expliquer que ce n’est pas rentable, les faire attendre sans savoir ou les rediriger vers Toulouse ? C’est inadmissible. On parle de santé là et au final, ce sont les patients qui vont trinquer. »

« Ils sont en train de tout détruire »

Pour ce professionnel, originaire de la région parisienne, le dialogue avec la direction du groupe est impossible. « Certains de mes confrères se sont vus reprocher de faire perdre de l’argent à la clinique, rajoute-t-il. C’est humiliant. Il y a un vrai malaise parmi le personnel, on le voit bien au service des urgences. La seule logique du groupe et de son directeur des opérations, c’est de faire du fric. » Dans le cas des urgences notamment, la clinique ne veut plus de médecins salariés qui gèrent le service, préférant embaucher des praticiens libéraux.

« Elsan ne veut plus qu’on opère le vendredi pour éviter que les services soient pleins les week-ends, avance Marc Fresco. Le but, c’est de réduire l’activité pour réduire les coûts, alors que la clinique est toujours bénéficiaire. Il faut que ça se sache. » Il assure avoir prévenu l’ordre des médecins et l’Agence régionale de santé : « mais leur marge de manœuvre est très limitée. »

Alors que la clinique Toulouse-Lautrec a été placée en redressement judiciaire le mois dernier et que le service des urgences de l’hôpital d’Albi a fait face à des difficultés fin 2023, la situation de Claude Bernard est plus qu’inquiétante. « Cette clinique est un formidable outil de travail, les salariés peuvent être fiers de tout ce qu’ils ont fait depuis sa création mais aujourd’hui, Elsan est en train de tout détruire », conclut le chirurgien.

https://www.ladepeche.fr/2024/03/17/la-seule-logique-cest-de-faire-du-fric-malaise-du-personnel-a-la-clinique-claude-bernard-dalbi-11831682.php

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Urgences d’Albi sous tension : « On a réussi à passer le cap », rassure le directeur de l’hôpital

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Alexandre Frisch devant les travaux des urgences qui devraient être terminés au mois de juin.Alexandre Frisch devant les travaux des urgences qui devraient être terminés au mois de juin.  – DDM, MARIE PIERRE VOLLE

Santé,  Hôpital,  Tarn

Publié le 01/03/2024 à 07:01 , mis à jour à 10:20 https://www.ladepeche.fr/2024/03/01/urgences-dalbi-sous-tension-on-a-reussi-a-passer-le-cap-rassure-le-directeur-de-lhopital-11795580.php

Vincent Vidal

l’essentiel

Dans la tourmente fin 2023, les urgences de l’hôpital d’Albi pourraient connaître un nouvel engorgement dans les prochaines semaines si la clinique Claude Bernard ferme les siennes. Malgré cette menace, Alexandre Fritsch, directeur de l’hôpital, veut rester positif.

Dans son bureau de la direction de l’hôpital d’Albi, Alexandre Fritsch multiplie les réunions et les dossiers. Aujourd’hui, La préoccupation première, ce sont les urgences. Celles de l’hôpital mais aussi celles de la clinique Claude Bernard où des négociations sont en cours, entre la direction et les médecins pour savoir si le service peut être sauvé.

À l’hôpital d’Albi, le service des urgences a connu une fin d’année 2023 pour le moins compliquée. Des difficultés précipitées par la décision de la faculté de Toulouse de ne pas envoyer d’internes, en représailles, à leurs mauvaises conditions d’hébergement dans un internat vieillot qui va être entièrement réhabilité. « C’est vrai qu’il a fallu trouver des solutions pour pallier des problèmes d’effectif. On a réussi à passer le cap grâce à la solidarité, les compétences de l’équipe et certains internes qui, de leur propre initiative, sont venus renforcer le service. »

36000 consultations par an

Des tensions qui se font toujours sentir aujourd’hui. « Il faut avouer que la situation est meilleure. Nous avons la confirmation que l’hôpital accueillera bien des internes, cette année. Nos urgences vont également retrouver des effectifs à l’équilibre en mai. Certes, il va falloir remplacer les départs à la retraite, mais tout devrait bien se passer », espère le directeur.

Pour cela, l’hôpital mise sur son attractivité. « Le site des urgences fait peau neuve. Nous accueillons aujourd’hui 36 000 personnes par an dans le service. C’est 98 par jour. Nous sommes chaque année en progression », ajoute-t-il. « Nous avons des atouts pour attirer des nouveaux médecins. Nous sommes en centre-ville d’une cité très agréable. À dix minutes à pied de la gare, pour ceux qui habitent à l’extérieur. Quoi de mieux? « , sourit le directeur.

L’arrivée des urgences psy

Reste l’arrivée des urgences psy qui a entraîné certaines violences, ces derniers temps dans le service. « Avec la fin des travaux, il y aura une entrée pour les urgences classique et une pour les psys, avec un box pour patient agité. Nous travaillons en étroite collaboration avec le Bon sauveur qui va gérer cette unité et qui saura très vite dans quel service psychiatrique, il faudra orienter le patient. Ce travail de collaboration sera même mené avant la fin des travaux. C’est tant mieux pour l’organisation. »

Il y a aussi la question des urgences de Claude Bernard, menacées de fermeture, si la direction et les médecins de la clinique n’arrivent pas à trouver un accord. Le groupe Elsan qui dirige la clinique, ne veut plus de médecins salariés, qu’il souhaite remplacer par des praticiens libéraux. D’où les discussions tendues. Elles sont suivies de près par la direction de l’hôpital, qui pourrait avoir à gérer, par ricochet, un afflux de patients, en cas de fermeture. Mais sur ce dossier, Alexandre Fritsch veut rester positif. « Il y a à peine quinze jours, j’ai rencontré le vice-président d’Elsan qui m’a confirmé que tout serait fait pour que Claude Bernard garde ses urgences », reprend-il avec prudence. 

« La clinique a besoin de ce service qui assure sa visibilité auprès de la population. Même s’il est déficitaire comme partout en France, s’en passer serait préjudiciable », décrypte Alexandre Fritsch, qui se souvient néanmoins de la rapidité avec laquelle avait été fermée la maternité de la clinique. « Heureusement pour nos services, la natalité était en baisse et nous avons pu trouver des solutions avec Lavaur et Castres », se remémore le directeur. Avant d’ajouter: « Si on se retrouve dans ce cas avec les urgences, la situation serait bien plus compliquée. Mais je n’y crois pas. »
 

Albi : faute de médecins, les urgences de la clinique Claude Bernard ferment pendant plusieurs jours

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Santé,  Albi,  Tarn

Publié le 21/12/2022 à 17:37

https://www.ladepeche.fr/2022/12/21/albi-faute-de-medecins-les-urgences-de-la-clinique-claude-bernard-ferment-pendant-plusieurs-jours-10882449.php#xtor=[[ddm-ladepeche81]]

Ra. B.

l’essentiel

Les urgences de la clinique Claude Bernard vont être fermées à plusieurs reprises ces prochains jours. Il faudra privilégier l’appel au 15 et à son médecin traitant avant de se rendre aux urgences du centre hospitalier d’Albi, pour éviter tout engorgement.

Depuis plusieurs semaines, la situation des hôpitaux et des services d’urgences inquiètent les patients et les autorités. Épidémies de bronchiolite, de grippe et de Covid-19, les services sont saturés.

Et la situation à Albi ne risque pas de s’améliorer puisque la clinique Claude Bernard vient d’annoncer qu’elle ferme son service des urgences pour plusieurs jours en cette période de fête.

« Les tensions dans le service des urgences sont telles que les leviers habituels tels que les remplacements et la réorganisation des services n’ont pas suffi à maintenir l’organisation habituelle », explique la clinique dans un communiqué.

Les nuits de vendredi 23 décembre, dimanche 25, mardi 27, mercredi 28, jeudi 29 et dimanche 1er janvier, il ne servira à rien de se rendre aux urgences de la clinique Claude Bernard. Les malades trouveront portes closes, en raison d’un problème de recrutement de médecins, comme l’explique la clinique. Il faudra donc aller aux urgences du centre hospitalier d’Albi. Mais il faudra surtout privilégier l’appel vers le 15 ou son médecin traitant avant de s’y rendre.

« Afin de permettre une meilleure régulation des passages aux urgences et l’amélioration de la qualité de prise en charge, il est recommandé de ne pas se rendre aux urgences avant consultation préalable de son médecin traitant et avant appel préalable au 15. Cet appel permet à l’agent régulateur d’apprécier le degré de gravité de la situation et de décider de la pertinence d’un déplacement aux urgences ou de la transmission de conseils, si la situation le permet », rappelle encore la clinique dans son communiqué. Comme les autorités depuis plusieurs semaines.

« Éviter tout passage évitable »

En cette période de fêtes, peut-on craindre par ricochet des embouteillages à l’hôpital d’Albi ? La direction de l’établissement se veut rassurante. « C’est bien sûr compliqué à prévoir. Et les urgences, c’est toute l’année aléatoire », explique Jérémy Luceno, directeur adjoint du CH d’Albi. D’ailleurs, les appels à éviter les urgences répétés ces derniers mois semblent avoir été compris, assure aussi le responsable d’établissement. « C’est une bonne chose, mais on ne peut que le rappeler. Il faut éviter tout passage qui pourrait être évitable ».

En moyenne, ce sont une centaine de patients qui se rendent chaque jour que doivent gérer les soignants. « On peut imaginer que ce sera un peu plus ces prochains jours, et on va s’adapter ».

Au cours de l’été 2021, cette situation s’était déjà produite avec plusieurs jours de fermeture pour les urgences de la clinique Claude Bernard, qui déjà manquait de médecins et peinait à recruter.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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