Négociations conventionnelles : on peut légitimement rester circonspect devant une liste d’obligations à la Prévert pour obtenir une augmentation de la consultation.

« Rémunération des médecins : le « management toxique » de l’Assurance maladie sur le dos des patients »

Date de publication : 18 mars 2024

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Libération

Christian Lehmann, médecin et écrivain, observe dans Libération qu’« un an après l’échec des négociations conventionnelles entre syndicats médicaux et Assurance maladie, les mêmes protagonistes se retrouvent pour tenter d’accoucher d’un accord conventionnel censé régir les modalités de fonctionnement et de rémunération des médecins de ville ».
Le médecin souligne que « pour la profession médicale, c’est l’heure de vérité. Les déserts médicaux s’étendent, et il suffit de jeter un œil sur la pyramide des âges des médecins libéraux pour comprendre que les choses vont s’aggraver pendant encore au moins cinq ans, et ne pourraient alors amorcer une amélioration que si l’exercice en ville retrouve une certaine attractivité, ce qui n’est plus le cas depuis longtemps, avec un pourcentage d’installation de jeunes médecins désespérément bas ».
Christian Lehmann poursuit : « Pour Thomas Fatôme, directeur de l’Assurance maladie, il s’agit de convaincre les médecins de signer un contrat présenté comme gagnant-gagnant dans lequel les médecins endossent collectivement la responsabilité de supporter les conséquences de décennies de politique du rabot ».
Le médecin remarque que « cet ancien conseiller santé de Nicolas Sarkozy, et sa collaboratrice Marguerite Cazeneuve, ex-conseillère d’Emmanuel Macron sur la réforme des retraites passée par le cabinet McKinsey, se retrouvent face à une équation insoluble : face à une désertification médicale engendrée par des décennies de pseudo-maîtrise médicalisée et de management toxique, il leur faut convaincre les médecins qu’une augmentation du tarif de la consultation dont l’échéance à ce stade est indéterminée, et qui peine à seulement suivre l’inflation, serait à même de résoudre tous les problèmes de l’exercice libéral et de relancer une dynamique. Mais attention, cette augmentation du tarif de la consultation doit se mériter ».
Christian Lehmann explique qu’« il s’agit d’atteindre une flopée d’indicateurs, de tenir des «engagements conventionnels collectifs en faveur de l’accès aux soins», parmi lesquels la diminution du nombre de patients en affection longue durée sans médecin traitant. […] Le nombre de primo-installés en médecine générale doit augmenter de 5% par an, les installations en zones sous-dotées doivent augmenter de 7% par an […], les généralistes doivent pratiquer en moyenne 5000 consultations par an, et chacun doit augmenter sa patientèle en moyenne de 2% chaque année, soit 10% sur 5 ans », continue l’écrivain.
Il observe qu’« on peut légitimement rester circonspect devant cette liste à la Prévert, et c’est le cas de la grande majorité des représentants de la profession. A des médecins souvent âgés, surchargés de travail, n’arrivant pas à répondre dans les temps à de nombreuses demandes de leur patientèle ressenties comme urgentes, ce qui est un facteur de stress non négligeable quand on a choisi de s’occuper de la santé des gens, le directeur de l’Assurance maladie propose donc de «travailler plus pour gagner plus». Le but n’est pas tant d’améliorer l’état de santé de la population, ou de fluidifier l’accès aux soins, il est de donner l’illusion d’une réponse aux demandes en santé des Français, sans se soucier de sa qualité », continue Christian Lehmann.
Le médecin rappelle que « le taux de burn-out en médecine est inquiétant ; le surmenage et les conditions de travail incitent un nombre grandissant de médecins à jeter l’éponge, à déplaquer, parfois pour sauver leur peau ».

Journal d’épidémie

Rémunération des médecins : le «management toxique» de l’Assurance maladie sur le dos des patients

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Journal d’épidémie, par Christian Lehmann

Christian Lehmann est médecin et écrivain. Il revient sur la manière dont l’Assurance maladie négocie les tarifs des consultations avec les syndicats médicaux, entre surcharge de travail et intéressement individuel.

(Arnaud le Vu /Hans Lucas via AFP)

par Christian Lehmann, médecin et écrivain

publié aujourd’hui à 7h50

On prend les mêmes et on recommence. Ou comme le prophétisaient les Shadoks : «En essayant continuellement on finit par réussir. Donc plus ça rate, plus on a de chance que ça marche.» Un an après l’échec des négociations conventionnelles entre syndicats médicaux et Assurance maladie, les mêmes protagonistes se retrouvent pour tenter d’accoucher d’un accord conventionnel censé régir les modalités de fonctionnement et de rémunération des médecins de ville.

Pour la profession médicale, c’est l’heure de vérité. Les déserts médicaux s’étendent, et il suffit de jeter un œil sur la pyramide des âges des médecins libéraux pour comprendre que les choses vont s’aggraver pendant encore au moins cinq ans, et ne pourraient alors amorcer une amélioration que si l’exercice en ville retrouve une certaine attractivité, ce qui n’est plus le cas depuis longtemps, avec un pourcentage d’installation de jeunes médecins désespérément bas.

Dernier épisode du Journal d’épidémie

Prise en charge des affections longue durée : ce qui se passe depuis Sarkozy est gravissime

Santé

10 mars 2024abonnés

https://www.liberation.fr/societe/sante/remuneration-des-medecins-le-management-toxique-de-lassurance-maladie-sur-le-dos-des-patients-20240318_7TC6K72SRNAVRCCZNIRUEAHVOA/

Pour Thomas Fatôme, directeur de l’Assurance maladie, il s’agit de convaincre les médecins de signer un contrat présenté comme gagnant-gagnant dans lequel … suite abonnés

Négociations conventionnelles : pour MG France, le compte n’y est toujours pas (Communiqué)

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16/03/2024 https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/218882/negociations-conventionnelles-pour-mg-france-le-compte-ny-est-toujours-pas-communique/

Émis par : MG France

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Une nouvelle séance de négociation a eu lieu le 14 mars en présence de l’ensemble des syndicats représentatifs.

De nouvelles dispositions leur ont été présentées pour tenir compte des demandes, mais aussi des objections formulées par les syndicats.

La création d’une consultation longue (CL) du médecin traitant répond à une exigence répétée de MG France. Mais le périmètre très restreint qui en a été présenté ne répond pas au besoin d’une forte valorisation des soins aux patients les plus complexes.

Le calendrier de la mise à niveau du tarif de base de la consultation de médecine générale à 30€ n’est toujours pas précisé, alors que son urgence devient chaque jour plus pressante.

Les montants des rémunérations forfaitaires et leur répartition selon les patientèles, restent approximatifs faute d’un outil simple permettant de les évaluer.

Si la revalorisation de certaines spécialités cliniques est légitime, particulièrement en second recours,
MG France ne peut admettre que l’activité quotidienne des médecins généralistes dans le champ de la pédiatrie ne leur ouvre pas les cotations prévues pour les pédiatres pour les mêmes actes.

Si les possibilités de cumul de l’acte de base avec certains actes techniques, par exemple la pose d’un DIU sont une bonne chose, il est difficile de comprendre pourquoi ce cumul n’est pas possible par exemple pour la pose d’un implant contraceptif.

Enfin les propositions de valorisation des actes en soirée dans le cadre du SAS et des actes de permanence des soins hors garde sont intéressantes, mais elles ne doivent pas favoriser une activité exclusive dans ce cadre, au détriment de l’activité de médecin traitant, que l’assurance maladie affiche comme un objectif prioritaire.

MG France a rappelé que les contreparties demandées, sous forme d’économies de prescriptions ou d’accès facilité aux soins, si elles sont bien collectives, ne sont pas toutes atteignables. En particulier parce que les médecins ne sont ni responsables du coût du médicament, ni de la démographie en berne, conséquence du manque d’attractivité de leur métier pourtant maintes fois souligné.

MG France répète que l’insécurité économique actuelle du dispositif ASALEE pourrait compromettre rapidement l’atteinte des objectifs collectifs affichés par l’assurance maladie. Sans infirmières Asalée, c’est un pan entier de la prise en charge des patients les plus fragiles qui s’écroule alors que ce dispositif a prouvé son efficacité économique sur la santé publique et l’accès aux soins.

MG France met en garde le gouvernement et l’Assurance Maladie : la crise de l’accès aux soins est d’une extrême gravité et commence à produire des effets délétères sur la santé de la population.

Ne pas investir massivement sur la médecine générale, c’est se priver de l’apport décisif d’une profession qui a toujours su s’adapter aux besoins de soins de la population.
Ne pas aboutir à un texte conventionnel acceptable, c’est provoquer à court terme une explosion des dépenses de santé, à commencer par celle des tarifs médicaux.

MG France, qui est favorable au système conventionnel, poursuit ses efforts pour obtenir un accord mais ne signera pas un texte qui ne permettrait pas d’atteindre l’objectif essentiel qu’est l’égal accès aux soins pour tous les patients.

Contacts : mgfrance@mg-france.fr

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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