« Pollution de l’air : même une exposition de courte durée aux particules fines est nocive »
Date de publication : 13 mars 2024

Anne-Laure Frémont note dans Le Figaro que « la pollution de l’air aux particules fines a des effets délétères notoires sur la santé. Rien qu’en Europe, l’exposition chronique à ces microparticules a provoqué la mort de 253.000 personnes en 2021, selon un rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) ».
La journaliste relève que « la mortalité liée à une exposition de courte durée à ces polluants est cependant bien moins documentée. Elle est pourtant colossale, selon une étude parue dans The Lancet Planetary Health : ses auteurs constatent que, dans le monde, «environ 1 million de décès prématurés par an entre 2000 et 2019 étaient attribuables à une exposition à court terme aux PM2,5» ».
Anne-Laure Frémont indique que « les particules fines dites PM2,5 – dont la taille est inférieure à 2,5 micromètres de diamètre – sont «le polluant atmosphérique ayant le plus d’impact sur la santé en termes de décès prématurés et de maladies», selon l’AEE. Elles pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire jusqu’aux alvéoles pulmonaires et peuvent aussi passer dans la circulation sanguine, augmentant le risque de maladies pulmonaires ou cardio-vasculaires, et de cancers ».
La journaliste explique donc que « ces chercheurs au sein d’universités australienne et canadienne ont récupéré les données provenant de 5446 stations mesurant la concentration de particules fines dans l’air à travers le monde, dans 65 pays et notamment plus de 13.000 centres urbains ».
Yuming Guo, de l’université Monash en Australie, auteur principal, précise : « Nous nous référons à des concentrations moyennes de PM2,5 mesurées sur une période de 24 heures », évoquant « une corrélation entre ces concentrations moyennes journalières et le nombre quotidien de décès ».
Anne-Laure Frémont retient que « les auteurs observent ainsi que l’exposition à court terme à ces microparticules a représenté 2% du nombre total de décès dans le monde entre 2000 et 2019, dont près de 23% ont eu lieu en zones urbaines. L’Asie est particulièrement touchée : ce continent représente 65% de la mortalité due à l’exposition à court terme aux PM2,5, devant l’Afrique (17%) et l’Europe (12%) ».
Maryse Bouchard, professeur de santé environnementale à l’INRS (Institut national de la recherche scientifique de Laval, au Canada), observe qu‘« on retrouve le plus souvent «des personnes âgées et/ou fragiles, avec des problèmes de santé chroniques, surtout respiratoires ou cardio-vasculaires» ».
La chercheuse souligne qu’« il est difficile de se protéger contre les effets chroniques de la pollution à long terme. Mais contre les pics de concentration de particules fines, des solutions existent, comme la mise en place de systèmes de prévention efficace ».
Anne-Laure Frémont évoque ainsi des « consignes assez simples, comme éviter de faire son jogging durant les épisodes de pollution, voire s’abstenir de prendre sa voiture «pour ne pas amplifier le problème» ».