Les milliards d’économies annoncés se feront sur le dos des usagers et au détriment de la qualité des soins, dénonce Avenir Spé (Communiqué)
01/03/2023
Émis par : Avenir Spé
Le gouvernement vient d’annoncer la mise en place d’un plan d’économies potentielles qui pourrait être générées sur le dispositif ALD.
À la suite des échanges avec l’Assurance Maladie hier, Avenir Spé s’inquiète d’un plan d’austérité qui pourrait être déployé dans les mois à venir.
Avenir Spé a montré par ses propositions qu’il était un acteur responsable et crédible. Avec le ministre de la santé, il a coconstruit une permanence des soins en établissements de santé (PDSES) solidaire, basée sur l’équité et la transparence de son financement et de son organisation.
Aujourd’hui avec la CNAM, dans le cadre des négociations conventionnelles, Avenir Spé a suggéré de :
– Mettre en place un plan de pertinence, dont nous partageons les objectifs sur la base d’indicateurs d’évaluation et de référentiels (arrêts de travail, consommation des antibiotiques, bon usage du médicament…)
– Améliorer l’accès aux spécialistes, en diminuant notamment les délais de rendez-vous par le développement du travail en équipe, en s’encadrant d’infirmières de pratique avancée, d’infirmières de protocole et d’assistants médicaux.
– Développer des équipes de soins spécialisés (ESS) que nous avons initialisées, portées, notamment au travers d’un cahier des charges.
– Promouvoir une politique de prévention accessible à tous,en particulier aux plus précaires.
– Participer activement à la stratégie nationale bas carbone.
– Rechercher les moyens de diminuer le reste à charge pour les ménages, au travers d’un OPTAM rénové en partenariat avec les assureurs complémentaires.
Même si nous pensons que le déploiement d’une politique de pertinence est susceptible de dégager des marges de manœuvre financières, cela sera insuffisant pour nous permettre d’investir dans de nouvelles organisations ou sur des techniques d’innovation.
Cela ne peut se faire en :
– Imposant une enveloppe budgétaire aussi contrainte et aussi asymétrique.
– Privilégiant aussi ostensiblement les médecins généralistes et l’hôpital public.
– S’attaquant aussi brutalement au mécanisme des ALD.
Avenir Spé est un syndicat ancré dans l’excellence des prises en charge et dans l’expertise des spécialités, il ne peut se résoudre à dispenser des soins dégradés.
Si les projets du gouvernement se résument à :
– Moins d’argent pour des soins de qualité.
– Moins de remboursements pour les patients.
Ce sera sans nous.
Contact presse : Laura Tsafack – contact@avenir-spe.org
« Cancer, diabète… Les affections longue durée dans le viseur du gouvernement »
Date de publication : 6 mars 2024

Esther Serrajordia note dans La Croix qu’« après la consommation de médicaments avec l’augmentation des franchises puis les arrêts maladie, le gouvernement a placé dans son viseur les affections longue durée (ALD) ».
La journaliste rappelle que « près de 13 millions de Français sont atteints d’une maladie grave, évoluant pendant plus de 6 mois, et nécessitant un traitement coûteux. Ils bénéficient donc d’une prise en charge à 100% par la Sécurité sociale de leurs soins liés à cette maladie, dans la limite des plafonds prévus. […] Le gouvernement, cherchant des pistes d’économie en santé, a indiqué réfléchir à la «pertinence» de ce dispositif ».
Frédéric Valletoux, ministre délégué à la Santé, a ainsi déclaré que « cela représente les deux tiers des remboursements par l’Assurance-maladie. Il n’est donc pas illégitime, illogique, comme cela a été fait régulièrement, de s’interroger ».
Esther Serrajordia relève ainsi qu’« en 2020, la part des dépenses relatives aux assurés en ALD était estimée à 110 milliards d’euros sur un total de 166,8 milliards d’euros, soit 66%. En 2010, la part s’élevait à 61,6% ».
La journaliste précise que « la majorité des patients atteints d’ALD en 2022 souffraient de diabète (3,2 millions), de cancers (2,3 millions), d’affections psychiatriques de longue durée telles que la dépression récurrente ou les troubles bipolaires (1,5 million), de maladies coronariennes (1,4 million) et d’insuffisances cardiaques (1,3 million). Viennent ensuite les artériopathies, les AVC invalidants, la maladie d’Alzheimer ou encore des affections neurologiques et musculaires… ».
« L’exécutif ne chercherait pas à modifier cette liste, mais plutôt à serrer la vis sur les soins n’étant pas directement liés à la pathologie éligible à l’ALD, et qui ne devraient donc pas donner lieu à une prise en charge à 100% », indique Esther Serrajordia.
Pascal Charbonnel, médecin généraliste aux Ulis (Essonne), remarque : « Si un patient diabétique a une grippe et qu’il ne la soigne pas, il peut se retrouver à l’hôpital parce qu’il est plus fragile. C’est médicalement imbécile de ne pas l’aider à se soigner ».
Le médecin évoque un « coup de canif dans la protection sociale. C’est un épouvantail, cela ne sert qu’à attirer l’œil sur des gens qui ont déjà un handicap parce que je le rappelle : être en ALD, ce n’est pas un plaisir ».