LE GROUPE D’EHPAD MEDICHARME DEMANDE SON PLACEMENT EN LIQUIDATION JUDICIAIRE
P.L. avec AFP
Le 26/02/2024 à 15:10
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Medicharme gère 43 établissements en France et compte 1.200 salariés. Le groupe espère trouver un repreneur afin de sauver « un maximum d’établissements, dans l’intérêt des résidents, des salariés et des bailleurs ».
En difficultés financières, le groupe d’Ehpad privé Medicharme, qui gère 43 établissements en France, va demander l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire avec le maintien de son activité, a indiqué ce lundi sa présidente à l’AFP. Une audience se tiendra jeudi matin au tribunal de commerce de Nanterre pour permettre à la justice de se prononcer sur cette demande.
L’ouverture d’une telle procédure permettra de « travailler sur la cession du groupe afin de trouver des solutions pour un maximum d’établissements, dans l’intérêt des résidents, des salariés et des bailleurs », a précisé Delphine Mainguy, arrivée à la tête de Medicharme en 2022, peu avant la révocation de l’ancien président et fondateur du groupe, Patrick Boulard.

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Le groupe, qui appartient au fonds d’investissement anglais G-Square, fait face à une situation financière dégradée en raison d’une augmentation des coûts à cause de l’inflation et de la faiblesse du taux d’occupation de ses établissements.
« Un certain nombre d’offres de reprise »
La demande de placement en liquidation judiciaire fait suite à l’ouverture en novembre d’une procédure confidentielle de conciliation, associée à un dispositif de « prépack cession », qui permet d’accélérer le calendrier en arrivant devant la justice avec déjà plusieurs projets de reprise.
« Nous avons reçu un certain nombre d’offres de reprise, mais elles ne sont pas encore stabilisées, nous devons continuer à travailler pour les améliorer », a indiqué Delphine Mainguy.
Une autre audience devrait avoir lieu fin mars pour déterminer le sort des établissements. Si certains ne trouvaient pas de repreneurs, cela se traduirait par des transferts de résidents et des licenciements. Medicharme, qui gère 43 établissements en France et compte 1.200 salariés fait, par ailleurs, l’objet de deux enquêtes administratives dont les conclusions sont attendues pour début 2024.
L’inspection générale des Finances (IGF) et celle des Affaires sociales (Igas) ont été chargées d’examiner, entre autres, les « pratiques commerciales et financières » du groupe, ses « pratiques managériales » ainsi que le « temps de présence effectif des personnels » auprès des résidents.
P.L. avec AFP
Le groupe d’Ehpad privé Medicharme placé en liquidation judiciaire
Neuf ans après sa création, l’une des entreprises du secteur à s’être développée par la vente des chambres à des investisseurs ou des particuliers a été déclarée en faillite. Les acquéreurs seront connus le 21 mars.
Par Béatrice JérômePublié le 01 mars 2024 à 09h27, modifié le 01 mars 2024 à 10h13 https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/03/01/le-groupe-d-ehpad-prive-medicharme-place-en-liquidation-judiciaire_6219458_3224.html
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Croissance fulgurante, chute brutale. Neuf ans après sa création, le groupe privé d’établissements pour personnes âgées et handicapées Medicharme a demandé et obtenu, jeudi 29 février, son placement en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre. Les magistrats ont autorisé le maintien de l’activité des établissements jusqu’au 15 avril.
Avant d’être officiellement en faillite, le groupe avait, fin novembre 2023, discrètement mis en vente ses 43 établissements, dont 34 Ehpad, dans le cadre d’une procédure de « prepack cession » qui permet l’examen à huis clos des offres par un mandataire judiciaire et des clauses avantageuses pour les repreneurs.
Les noms des acquéreurs seront connus le 21 mars à l’issue d’une nouvelle audience au tribunal. Grevé par une dette de 150 millions d’euros, Medicharme n’avait d’autre solution que de vendre pour tenter de « maintenir en activité le maximum d’établissements », confiait récemment sa présidente, Delphine Mainguy. Le groupe comptait 2 011 lits et 1 230 salariés.
Lire aussi | Medicharme, groupe d’Ehpad privés, est en banqueroute, une première en France
Son modèle économique était dans une impasse. Son fondateur, Patrick Boulard, avait assis son développement sur la spéculation immobilière. Pour dégager des marges, il achetait des Ehpad indépendants dont il revendait chaque chambre à des investisseurs institutionnels ou à des particuliers en quête de placement défiscalisés. Avec la plus-value, il se refinançait pour de nouveau acheter. En échange, chaque Ehpad Medicharme versait de copieux loyers à ses bailleurs.
La crise sanitaire de 2020 -2021 puis le scandale Orpea en 2022 ont entraîné une baisse du nombre de résidents au moment où les charges (coût d’intérim, inflation) ont grimpé en flèche. Les loyers sont devenus trop lourds à supporter pour des recettes en berne. Au point de ne plus laisser de marge pour payer les fournisseurs et d’encourager à réaliser des économies sur la prise en charge des résidents.
Un modèle « absurde »
Des opérateurs privés commerciaux ont déposé des offres de reprise et d’autres pourraient se porter acquéreurs jusqu’au 20 mars. Le tribunal examine leur dossier à l’aune des propositions sur les loyers. Tous seront autorisés à baisser leur montant. Reste à savoir qui sera le mieux-disant.
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Certains établissements n’ont toutefois pas trouvé de repreneur à ce jour. L’Ehpad La Madrague, au village Le Fossat, en Ariège, est trop petit (47 lits) pour attirer un groupe privé lucratif, explique Laurent Panifous, député (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) du département.
M. Panifous se bat pour convaincre un opérateur associatif, à ce jour rebuté par la perspective de devoir gérer la multipropriété. « Le problème de Medicharme, c’est d’avoir saucissonné les établissements en doublant les loyers. Il faudrait mettre un terme à ces placements défiscalisés sur les Ehpad », a-t-il plaidé mercredi devant la nouvelle ministre déléguée chargée des personnes âgées et handicapées, Fadila Khattabi, qui a pris soin de ne pas le contredire.
Medicharme n’est pas le seul groupe du secteur privé à s’être développé avec la commercialisation des chambres. « Le modèle de vente à la découpe des murs à des prix invraisemblables » qui « pèse sur les charges d’exploitation est absurde et devrait être encadré », réagit auprès du Monde Sophie Boissard, directrice générale du groupe Clariane, propriétaire des Ehpad Korian.
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« Globalement, ajoute-t-elle, le modèle économique des Ehpad est fragilisé depuis l’affaire Orpea. Il y a urgence à se mettre autour de la table avec les pouvoirs publics » pour examiner « les besoins » du secteur, « sinon d’autres structures auront des difficultés », prévient la dirigeante de Clariane qui ne fait, précise-t-elle, « clairement pas partie des repreneurs » de Medicharme.
Medicharme, groupe d’Ehpad privés, est en banqueroute, une première en France
La banqueroute de l’entreprise d’établissements pour personnes âgées et handicapées illustre la gravité de la crise économique qui frappe le secteur.
Par Béatrice Jérôme
Publié le 26 février 2024 à 11h15, modifié le 26 février 2024 à 11h51. https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/02/26/le-groupe-d-ehpad-prives-medicharme-va-etre-place-en-liquidation-judiciaire_6218624_3224.html
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La faillite était un secret bien gardé. Seule une annonce dans Les Echos du 24 novembre informait les lecteurs attentifs de la « recherche de candidats pour reprise du contrôle d’une holding de tête, soit des titres, soit des actifs », sans mention du nom de Medicharme. Elle sera officielle jeudi 29 février. Jour où le tribunal de commerce de Nanterre devrait placer le groupe privé d’établissements pour personnes âgées et handicapées en liquidation judiciaire. Ses 43 établissements, dont 34 Ehpad, vont devoir trouver repreneur sous peine de fermer leurs portes. La banqueroute de Medicharme est une première en France. Elle illustre la gravité de la crise économique qui frappe le secteur.
Neuvième acteur du secteur privé lucratif, Medicharme gère 2 011 lits répartis dans six régions et emploie 1 230 salariés. Au terme de la procédure de vente, dite « prepack-cession », le mandataire judiciaire désigné par le tribunal, Marc Sénéchal, a trois semaines pour remettre les offres aux magistrats.
Fin mars, le tribunal devrait rendre publics les noms des repreneurs retenus. Les acquéreurs n’auront ni à éponger les dettes de l’entreprise – qui s’élèvent à 150 millions d’euros –, ni à supporter le coût d’éventuels licenciements. Les établissements sont mis en vente pour un euro. « Notre objectif est de sauver le maximum d’établissements, confie au Monde Delphine Mainguy, présidente de Medicharme. Si quelques-uns n’ont pas de repreneur, nous organiserons le transfert des résidents pour préserver leur prise en charge en lien avec les agences régionales de santé (ARS). » Les salariés « continueront à être payés et seront accompagnés dans leurs démarches, poursuit Mme Manguy. Une cellule psychologique sera mise en place ».
Des établissements vendus par chambre
Créé en 2015, le groupe a été conçu à une époque où le secteur en plein essor attirait les investisseurs. Son modèle économique n’a pas résisté au repli brutal de l’activité des Ehpad. Mise au point par le fondateur, Patrick Boulard, la mécanique était pourtant bien huilée. Medicharme s’est développé grâce à l’achat d’Ehpad, revendus chambre par chambre à des investisseurs institutionnels ou à des particuliers en quête de placements défiscalisés. Chaque Ehpad de Medicharme verse des loyers à ses bailleurs. Les établissements sont aujourd’hui détenus par quelque 1 100 propriétaires.
La vente des chambres permet de rembourser les dettes contractées pour acheter des Ehpad. Et dégage une plus-value. Mais la martingale immobilière suppose que la charge des loyers n’absorbe pas plus de la moitié des bénéfices.
Or, sous l’effet de la sous-occupation des lits, la marge de Medicharme a fortement baissé. Avec la pandémie de Covid-19, puis le scandale Orpea provoqué par le livre Les Fossoyeurs, de Victor Castanet (Fayard, 2022), le taux d’occupation est passé de 95 % à 89 %, un niveau historiquement bas. Cette désaffection a réduit les recettes, d’autant qu’elle a dissuadé le groupe d’augmenter les prix de journée, pour ne pas risquer de faire baisser encore la fréquentation. Les charges fixes (énergie, repas, salaires) ont, elles, crû fortement sous l’effet de l’inflation et du recours onéreux à l’intérim pour pallier la pénurie de personnels. Si bien qu’en trois ans, l’or gris de Medicharme s’est transformé en plomb.
« La marge actuelle du groupe me permet tout juste de verser les loyers. Je n’ai plus les moyens de payer ni les frais de siège, ni la dette, ni les amortissements », explique Mme Mainguy. Les quelque 1 100 propriétaires ont été prévenus par le groupe : le rachat programmé des Ehpad s’accompagnera d’une baisse des loyers au minimum de 20 %.
Le tournant Orpea
En 2018, le fonds d’investissement britannique G Square Capital est devenu le principal actionnaire de Medicharme. Patrick Boulard escomptait un apport de fonds pour de nouvelles acquisitions immobilières. Mais le nouvel actionnaire a exigé des résultats financiers. Au poids des loyers s’est ajoutée la quête de rentabilité. La tentation était forte de faire des économies sur la prise en charge des résidents.
Le groupe s’est alors trouvé dans le viseur des agences régionales de santé, à qui le gouvernement a demandé de renforcer les contrôles des Ehpad en réaction à l’affaire Orpea. Premier coup de semonce en février 2022 : l’ARS d’Ile-de-France fait fermer l’Ehpad de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) pour « défaut d’encadrement des personnels, en nombre insuffisant et non qualifiés ». En mars 2022, l’ARS du Lot-et-Garonne constate la dénutrition de nombreux résidents, la distribution des médicaments par des personnels non formés dans l’Ehpad de Villeneuve-sur-Lot. Le site échappe de peu à une « mise sous administration provisoire » par la tutelle.
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En janvier 2022, Delphine Mainguy, l’actuelle présidente, intègre Medicharme en qualité de directrice générale. « J’ai trouvé un groupe dans une situation critique, raconte-t-elle. J’ai demandé qu’on arrête le développement immobilier et la course aux lits pour que l’on place le résident au cœur de notre métier. J’ai recruté pour pourvoir les postes vacants. »
Son veto à l’achat de nouveaux Ehpad porte un coup d’arrêt à la stratégie de Patrick Boulard. Un différend éclate alors sur la stratégie entre l’actionnaire G Square Capital et le patron du groupe. S’ensuit la « révocation » de M. Boulard par l’actionnaire en septembre 2022, et « ma nomination à la présidence », relate Mme Mainguy.
Medicharme est alors en quasi-cessation de paiement. En novembre 2022, une première procédure de conciliation est ouverte devant le tribunal de Nanterre. Elle se conclut par un protocole en avril 2023, au terme duquel BlackRock consent un prêt de plus de 20 millions d’euros : le géant nord-américain de la gestion d’actifs est depuis lors le premier créancier de Medicharme. Mais l’effort financier considérable n’a pas suffi à sortir le groupe de la nasse. En novembre 2023, Mme Mainguy a pris l’initiative d’une nouvelle procédure de conciliation avec pour objectif de vendre les sites « à des opérateurs qui partagent les valeurs du métier, qu’ils soient publics, privés ou associatifs », dit-elle.
Le gouvernement mobilisé
Depuis plusieurs mois, le dossier Medicharme alimente la campagne contre la « marchandisation » des Ehpad que mène la CGT. Dans sa croisade, le syndicat a reçu le soutien – surprenant – de Patrick Boulard. L’ancien patron du groupe a participé à plusieurs débats aux côtés des dirigeants de la centrale. « Dans le monde des Ehpad privés, aujourd’hui, les trésoreries filent à vitesse grand V, il n’y a plus d’acheteurs, les taux d’occupation baissent. Medicharme, c’est le plus mauvais élève de la classe, mais c’est aussi le premier d’une longue liste. Le modèle s’écroule », alertait-il le 26 octobre à la tribune, au siège de la CGT.
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Le dossier Medicharme mobilise aussi le gouvernement. La première conciliation du printemps 2023 a été menée sous l’égide du comité interministériel de restructuration industrielle. Bercy a du reste appuyé le recours financier à BlackRock.
Cet été, le gouvernement a confié une mission de contrôle de Medicharme à l’inspection générale des finances et à celle des affaires sociales. Leur rapport conclut à « une très grosse amélioration du fonctionnement interne du groupe depuis le changement de direction », glisse-t-on au ministère de la santé. Un constat propre à rassurer des repreneurs. Le gouvernement veut à tout prix éviter que les établissements Medicharme ne mettent la clé sous la porte. « L’Etat a besoin que des fonds privés investissent dans les Ehpad », remarque Mme Mainguy. D’autant que les opérateurs publics et associatifs sont nombreux à être dans le rouge.
Béatrice Jérome
LE GROUPE D’EHPAD MEDICHARME DEMANDE SON PLACEMENT EN LIQUIDATION JUDICIAIRE
thierry REMOISSENET/CANALES
lansargues, France
26 FÉVR. 2024 —
D’autres groupes feront les mêmes demandes, alors que nous ne savons pas pourquoi les EHPAD sont dans le rouge et aussi chers. LE GROUPE D’EHPAD MEDICHARME DEMANDE SON PLACEMENT EN LIQUIDATION JUDICIAIRE.
Il est temps que l’inspection générale des Finances (IGF) et celle des Affaires sociales (Igas) mènent des contrôles, mais se sont des contrôles avertis et non inopinés. Contrôler les « pratiques commerciales et financières » du groupe, ses « pratiques managériales » ainsi que le « temps de présence effectif des personnels » auprès des résidents. Ils ne prendront pas en compte, les conditions de vie de nos aînés qui sont, à ce jour, pitoyables et scandaleuses, les négligences, l’hygiène, la maltraitance, etc.
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