« La manne du Covid épuisée, les Big Pharma accélèrent sur d’autres traitements »
Date de publication : 13 février 2024

Marie Bartnik relève en effet dans Le Figaro : « De la manne du Covid, il ne reste presque plus rien dans la besace des laboratoires pharmaceutiques. Les géants du secteur qui avaient développé des traitements contre le virus à une vitesse inédite pendant la pandémie ont vu les revenus issus de ces traitements fondre à une vitesse tout aussi rapide, le virus étant devenu endémique et les populations s’étant habituées à vivre avec ».
La journaliste observe que « les résultats annuels des grands laboratoires illustrent cette bascule. Oubliés, les milliards d’euros de profits engrangés par Pfizer en 2022. Le chiffre d’affaires du laboratoire américain a chuté de 42% en une seule année, passant de 100 milliards de dollars à 58,5 milliards en une seule année. La demande pour son vaccin Comirnaty s’est avérée plus faible qu’anticipé, inférieure de 6 milliards d’euros à celle de 2022. Il en a été de même pour son traitement antiviral contre le Covid, le Paxlovid ».
Marie Bartnik note que « Roche aussi connaît un atterrissage difficile. Les ventes du laboratoire suisse ont chuté de 7% l’année dernière, lestées par la faiblesse de sa division diagnostic (- 20%), dont l’activité était portée ces dernières années par les tests Covid. Dans une moindre mesure, AstraZeneca est encore victime du même phénomène. Ses ventes liées au virus ont baissé de 3,7 milliards de dollars en un an. Cela n’a toutefois pas empêché le laboratoire britannique, très en pointe dans le traitement du cancer, de faire croître ses ventes de 3% en 2023 ».
La journaliste explique que « les laboratoires pharmaceutiques ont, pour la plupart, su miser sur d’autres vaccins et traitements. […] Sanofi et AstraZeneca ont ainsi bénéficié du très bon lancement de leur vaccin conjoint contre le virus respiratoire syncytial (VRS), à l’origine de la bronchiolite chez l’enfant. Un virus aussi ciblé avec succès par le britannique GSK et par l’américain Pfizer ».
Elle poursuit : « Selon l’institut Iqvia, les domaines thérapeutiques les plus porteurs dans les 5 années à venir seront l’oncologie, secteur dans lequel les dépenses devraient croître de 14% à 17%, l’obésité (24% à 27% de croissance) et dans une moindre mesure la santé mentale (9% à 12%). Rien qu’en oncologie, révolutionnée ces dernières années par l’essor de l’immunothérapie, «cent nouveaux traitements devraient être commercialisés d’ici cinq ans», anticipe Iqvia ».
Marie Bartnik ajoute que « le phénomène de 2023 reste toutefois l’incroyable succès des médicaments coupe-faim dérivés des antidiabétiques. Ces nouveaux traitements de l’obésité imitent une hormone baptisée GLP-1, qui favorise la sécrétion d’insuline et provoque une sensation de satiété. Sur ce terrain, les deux gagnants de l’année sont incontestablement le danois Novo Nordisk, qui vend l’Ozempic et le Wegovy, ainsi que l’américain Eli Lilly (Mounjaro et Zepbound). Et pour cause : ils sont, à ce jour, les deux seuls laboratoires à proposer ce type de traitement, sur un marché évalué par les analystes à 100 milliards de dollars à l’horizon 2030 ».