40% des Français s’adonnent à des médecines alternatives

« Bien-être ou charlatanisme ? Enquête sur le « tsunami » des médecines alternatives »

Date de publication : 13 février 2024

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Le Parisien

Nicolas Berrod observe ainsi dans Le Parisien : « Reiki, kinésiologie, ventouses, géobiologie, etc. Ces médecines, dites « alternatives » ou « non conventionnelles », sont généralement définies par l’absence de preuve scientifique de leur efficacité. […] Mais surtout, elles sont en plein boom ces dernières années. D’après la répression des fraudes, 40% des Français s’y adonnent ».
Le journaliste relève que « ses adeptes y trouvent de quoi se relaxer, se détendre et réduire le stress, sans compter l’effet placebo qui peut réduire des douleurs. Ils ont souvent mal au cou ou au dos, des souffrances que la médecine « classique » ne parvient pas toujours à expliquer ni à soigner ».
Nicolas Berrod note que « plusieurs raisons peuvent expliquer cet essor, à commencer par «l’insatisfaction vis-à-vis du système de santé», avance Nicolas Pinsault, vice-président de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes et professeur des universités à Grenoble-Alpes ».
Le responsable observe que « les gens ont le sentiment que la relation soignant-soigné a été massacrée, que le système médico-économique pousse aux soins, et ils veulent un professionnel plus à l’écoute ».
Nicolas Berrod remarque que « dans certains cas, comme des personnes souffrant d’un cancer, «des pensées métaphysiques font rechercher de l’espoir quand même bien la médecine n’est pas assez compétente», ajoute le spécialiste. Sans compter «l’appel à la nature» ressenti par certains ».
Le journaliste constate que « sur Internet, les propositions de pratiques alternatives se trouvent en quelques clics. Doctolib a beau avoir exclu les professionnels du « bien-être », elle héberge toujours de nombreux psychologues, diététiciens, ostéopathes qui proposent du reiki, des massages aux bols tibétains, ou encore une thérapie « quantique » ».
Il ajoute que « ce phénomène est loin de se cantonner au monde virtuel. Dans les campagnes, bon nombre de villages comptent leur rebouteux, leur magnétiseur. Ces praticiens « profitent » parfois de l’absence de médecins et apposent leur plaque professionnelle ».
Claire Siret, présidente de la section santé publique du Conseil national de l’Ordre des médecins, indique que « vous avez même des maisons de santé avec des non-professionnels de santé, car il n’y a plus personne d’autre ».
Nicolas Berrod continue : « Plus surprenant, ces thérapies alternatives pénètrent aussi les murs des hôpitaux. Plusieurs établissements proposent des séances de reiki et d’auriculothérapie, une pratique qui consiste à stimuler différents points sur l’oreille externe, par exemple ».
Georges Fenech, ancien président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), réagit : « C’est un vrai scandale, car on fait des patients des cobayes ! Concernant l’auriculothérapie, le groupe d’appui technique du ministère de la Santé […] dit qu’il n’existe aucune étude scientifique permettant d’en établir des effets ».
Stéphane Gaudry, médecin réanimateur à l’AP-HP, remarque pour sa part qu’« on peut voir les choses dans les deux sens : potentiellement, c’est mieux encadré si c’est fait dans un cadre hospitalier ; dans le même temps, cela peut légitimer de telles pratiques ».
Nicolas Berrod précise qu’« en soi, une séance de reiki, d’auriculothérapie ou de microkinésithérapie n’entraîne pas de danger. Mais deux grandes menaces sont pointées du doigt, à commencer par les dérives sectaires. Plus de la moitié du millier de signalements reçus par l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes (Unadfi) en 2022 sont en lien avec la santé ».
« L’autre grand risque, c’est de retarder le diagnostic d’une maladie ou que des personnes déjà souffrantes s’éloignent des traitements conventionnels. De quoi «entraîner une perte de chance d’amélioration ou de guérison», pointe la répression des fraudes
 », ajoute le journaliste.
Dans un autre article intitulé « Douleurs articulaires, mal de dos, «craquages» de cou : ces pratiques «déviantes» de certains ostéopathes », Nicolas Berrod relève que « des professionnels de santé s’agacent de gestes pratiqués en ostéopathie, discipline qui fait pourtant partie des pratiques reconnues et encadrées. Le président du syndicat des ostéopathes dénonce une «chasse aux sorcières» ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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