Les membres du jury des épreuves de vérification des connaissances (EVC) 2023 en médecine générale, dénoncent […] l’intention du gouvernement de prolonger les praticiens diplômés hors Union européenne, même s’ils n’ont pas le niveau requis pour exercer en France

« Les déserts médicaux ne justifient pas de brader le niveau des futurs praticiens du pays »

Date de publication : 8 février 2024

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Le Monde

Le Monde publie une tribune rédigée par les membres du jury des épreuves de vérification des connaissances (EVC) 2023 en médecine générale, qui « dénoncent […] l’intention du gouvernement de prolonger les praticiens diplômés hors Union européenne, même s’ils n’ont pas le niveau requis pour exercer en France ».


Les signataires observent qu’« afin de pallier les pénuries de médecins dans notre pays, certains hôpitaux font appel à des praticiens ayant obtenu leur diplôme en dehors de l’Union européenne (UE) et n’ayant pas encore validé les EVC ».
Ils rappellent que ces épreuves « ont deux objectifs : accueillir des praticiens du monde entier, […] tout en contrôlant la démographie médicale ; et régulariser le statut des praticiens diplômés hors UE et recrutés au sein des établissements publics de santé, tout en s’assurant que leur niveau de connaissances et de compréhension de la langue française leur permet de délivrer des soins de qualité ».


Les signataires précisent qu’« au titre de la session 2023, plus de vingt mille candidats se sont inscrits aux EVC, pour 2703 postes offerts. On estime par ailleurs que deux mille à trois mille praticiens diplômés hors UE seraient actuellement en poste dans les hôpitaux français sans avoir encore validé les EVC ».
Ils poursuivent : « Nous […] avons effectué une double correction impartiale et objective des copies. Nous avons unanimement été surpris par le faible niveau de connaissances d’un nombre important de candidats ».
Les membres du jury indiquent qu’« en médecine générale, 537 postes étaient ouverts. Parmi les 2662 candidats qui se sont présentés, 241 seulement ont obtenu une moyenne de 12 sur l’ensemble des épreuves, seuil témoignant pour le jury d’un niveau de connaissances minimal pour autoriser leur exercice. A contrario, le niveau académique des candidats recalés aux EVC 2023 ne peut pas permettre leur maintien en poste. Les déserts médicaux ne justifient de brader ni le niveau des futurs praticiens du pays, ni la qualité et la sécurité des soins ! ».
Les signataires soulignent que « le fait même d’accepter que les praticiens diplômés hors UE n’ayant pas validé les EVC puissent exercer dans les hôpitaux entérine de facto une médecine à deux vitesses. Certains d’entre eux sont embauchés sous le statut d’interne et sont obligés d’endosser des responsabilités de médecin senior que nous ne confierions pas à des internes en cours de formation en France ».
« Ces praticiens diplômés hors UE sont de plus employés de façon précaire et sous-payés par rapport aux missions qui leur sont confiées. […] Pourtant, les gouvernements successifs entérinent cette situation en confiant la santé de nos concitoyens à des praticiens dont certains ont un niveau de compétences non validé par un examen objectif »,
poursuivent-ils.


Les membres du jury ajoutent que « ce double standard de validation des praticiens étrangers par rapport aux médecins ayant un diplôme français ou acquis dans l’UE n’est pas digne de notre pays. Exiger pour les praticiens diplômés hors UE qu’ils valident – comme pour les étudiants formés en France – les épreuves dématérialisées nationales sur un contingent spécifique permettrait de les intégrer de façon claire et facile dans l’exercice médical autorisé sur notre territoire ».


« Ensuite, selon le niveau de pratique qu’ils avaient dans leur pays d’origine, ils pourraient être partiellement ou totalement exonérés de l’internat, selon l’avis de commissions mises en place pour chaque spécialité et validées par le Conseil national de l’ordre des médecins »,
écrivent les signataires.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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