« Nous devons lutter contre les tentatives d’opposer les écologistes aux agriculteurs »
Tribune
Azelma Sigaux Porte-parole de la Révolution écologique pour le vivant
La profession agricole est victime de politiques libérales et productivistes soutenues par la FNSEA et l’agro-industrie, qui obligent les agriculteurs à s’agrandir et à s’endetter, estime, dans une tribune au « Monde », Azelma Sigaux, porte-parole du parti écologiste et antispéciste Révolution écologique pour le vivant.
Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 07h42 Temps de Lecture 3 min. https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/01/30/azelma-sigaux-ecrivaine-nous-devons-lutter-contre-les-tentatives-d-opposer-les-ecologistes-aux-agriculteurs_6213816_3232.html
Après des dizaines d’années de politique libérale, les conséquences sur le secteur agricole ne peuvent plus être passées sous silence : les agriculteurs souffrent d’un endettement grandissant, d’une rémunération misérable, d’un environnement sanitaire déplorable et d’une pression immense de la part des industriels. Aujourd’hui, leur colère légitime s’exprime.
Aussitôt leur mobilisation commencée, le gouvernement, les responsables politiques d’extrême droite et la FNSEA [Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles] se sont précipités pour se placer en défenseurs des agriculteurs, rejetant la faute sur l’écologie. Cette tentative de récupération se fonde sur des mensonges : aucune réelle politique écologique n’a été menée jusqu’alors. Et c’est précisément sur ce sujet que se joue l’avenir de l’agriculture.
Avec un taux de suicide record – un tous les deux jours –, la profession agricole, enfermée dans un système mortifère, ne veut plus se taire. En cause ? Un modèle qui pousse à l’industrialisation des exploitations. Les subventions de la politique agricole commune (PAC) tardent à être reversées et sont conditionnées à l’hectare exploité. Les agriculteurs ont donc le choix : cesser leur activité faute de moyens ou l’agrandir. Dès lors, les petits établissements familiaux disparaissent au profit d’importantes structures déshumanisées. Entre 2010 et 2020, le secteur a perdu 20 % de ses exploitations. Durant la même période, celles restantes ont vu leur superficie augmenter de 25 %.
Lire la tribune d’un collectif de paysans, dont José Bové (2019) : « Il est urgent de changer de modèle agricole » *
Les agriculteurs qui arrivent à la tête de ces immenses firmes sont contraints d’acheter toujours plus de machines coûteuses, s’endettant parfois à vie, et se tournent vers la monoculture et l’utilisation de produits phytosanitaires dont ils sont les premières victimes. Dans le même temps, ce modèle dans lequel ils sont pieds et poings liés détruit le reste du vivant, affectant la biodiversité, l’eau, les sols et les conditions de détention des animaux. Les seuls bénéficiaires de cette situation ? Les industries de l’agroalimentaire et les firmes phytosanitaires, qui se rendent coupables de drames humains et écologiques.
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Le syndicat majoritaire des agriculteurs prétend les protéger. En réalité, cette organisation est complice de la détérioration de leurs conditions de vie car elle sert les intérêts de l’agro-industrie, à l’image de son dirigeant actuel, Arnaud Rousseau, PDG de la firme Avril. Il est d’ailleurs loin d’être le seul, au sein de cette organisation, à s’enrichir au détriment des agriculteurs. De nombreuses coopératives agricoles gérées par des responsables de la FNSEA poussent quotidiennement les exploitants à acheter des produits phytosanitaires et à s’endetter pour s’en sortir financièrement. Ces promesses sont des leurres alimentés par nos dirigeants.
Sous l’influence du premier lobby agricole, les politiques publiques encouragent les pratiques intensives et l’utilisation massive de pesticides. En octobre 2023, nous avions d’ailleurs alerté l’opinion alors que le syndicat majoritaire offrait un petit déjeuner aux parlementaires dans un restaurant à deux pas de l’Assemblée nationale, quelques jours avant un vote sur le prolongement de l’autorisation du glyphosate.
La mobilisation actuelle des agriculteurs est une réponse à des décennies d’abandon de la part de la FNSEA, qui les a entraînés dans le piège infernal de l’industrialisation à outrance. Il est temps de rompre avec son influence toxique et de redonner aux agriculteurs la possibilité de décider de leur avenir, avec des politiques agricoles justes, écologiques et centrées sur le respect des travailleurs de la terre.
Pour une nouvelle PAC
C’est désormais un consensus scientifique et une recommandation de nombreuses institutions, de la Cour des comptes jusqu’à l’OMS [Organisation mondiale de la santé], en passant par l’Ademe [Agence de la transition écologique] : réduire la consommation de viande et la taille des élevages est une nécessité écologique, sanitaire et économique.
Au-delà de l’urgence absolue à interdire les fermes-usines, nous devons aller plus loin et viser, à terme, la fin de tous les élevages, y compris pour les intérêts des agriculteurs. De plus en plus d’exploitants se disent prêts à végétaliser à 100 % leur activité. L’Association Co&xister, fondée par Virginia Markus et avec laquelle nous sommes partenaires, accompagne ainsi de nombreux éleveurs dans leur reconversion professionnelle, qui leur apparaît comme une nécessité morale et économique.
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La PAC est un outil européen qui, au lieu de permettre aux agriculteurs d’opérer une transition vertueuse dans les meilleures conditions, accélère le déclin de leur profession. Tel qu’il est pensé actuellement, ce système de subvention et de régulation favorise les grandes exploitations au détriment des petites structures familiales. Une PAC juste et éthique devrait assurer aux agriculteurs des revenus décents, défendre les petites exploitations et soutenir les pratiques végétales biologiques et respectueuses du vivant. L’heure est à la création d’une toute nouvelle PAC, juste et éthique, à l’image du modèle agricole qui s’impose.
Si nous voulons libérer les agriculteurs des chaînes qui les lient aux industriels, si nous voulons mettre définitivement fin au malaise paysan et empêcher la catastrophe agricole en cours, nous devons rompre avec le modèle écocidaire défendu notamment par nos gouvernants et la FNSEA. Nous devons lutter contre les tentatives d’opposer les écologistes aux agriculteurs. Face à la crise qui est à l’œuvre, agriculteurs et défenseurs du vivant doivent s’allier en faveur de la seule politique viable et capable de sauver l’agriculture : une écologie radicale et antiproductiviste.
Azelma Sigaux est écrivaine et porte-parole de la Révolution écologique pour le vivant, un parti politique écologiste et antispéciste français, fondé en 2018.
Azelma Sigaux(Porte-parole de la Révolution écologique pour le vivant)
Négociations commerciales : la crise agricole attise les tensions
Les discussions entre industriels et distributeurs doivent s’achever mercredi 31 janvier. Elles pourraient aboutir à une hausse des prix des produits de grande consommation de 2 % à 3 % en moyenne en rayon.
Temps de Lecture 3 min.

La colère exprimée par les agriculteurs mobilisés sur tout le territoire national depuis près d’une semaine, notamment pour obtenir une juste rémunération de leur travail, intervient alors que les négociations commerciales annuelles entre industriels et distributeurs doivent s’achever mercredi 31 janvier. L’enjeu de ces discussions est de fixer les tarifs des produits de grande consommation à marque dans les rayons des supermarchés en 2024.
Au cœur des récriminations des agriculteurs, éleveurs laitiers et de bovins en tête, le non-respect de la loi EGalim. Promulgué en octobre 2018, ce texte avait pour objectif de mieux répartir la valeur au sein de la chaîne alimentaire et d’assurer un revenu décent à l’amont agricole. L’idée était de partir, par exemple, du coût de production du lait pour fixer le prix payé à l’éleveur par l’industriel, le prix de cette matière première agricole étant ensuite sanctuarisé par le distributeur et étant non négociable. Or, sur le terrain, pour certains paysans, le compte n’y est pas.
Ils reprochent aussi aux acteurs de la filière de faire appel aux importations pour réduire la facture. D’où la multiplication des opérations des adhérents des branches locales de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et des Jeunes Agriculteurs contre des centrales d’achat de distributeurs, des magasins ou des industriels. L’usine Lactalis de Domfront (Orne) a été ciblée, le 24 janvier, par des manifestants accusant le géant laitier de ne pas tenir compte des 6 % de hausse des coûts de production dans le prix du lait. Le 28 janvier, c’était au tour de la centrale d’achat Système U à Vendargues (Hérault), d’être attaquée par des viticulteurs dénonçant les prix trop bas en rayon. Lundi 29 janvier, en Vendée, des agriculteurs ont « visité » des magasins E.Leclerc et Lidl à La Roche-sur-Yon, et vérifié le contenu des camions entrant dans l’usine Fleury-Michon de Pouzauges.
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Face à la bronca, le gouvernement a tenté de faire pression sur les industriels et les distributeurs. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a, dans un premier temps, évoqué le renforcement des contrôles avec la mobilisation d’une centaine d’agents. Puis, à la sortie d’une réunion du comité de suivi des négociations commerciales organisée vendredi 26 janvier, il a brandi la menace, en déclarant : « Les sanctions tomberont, elles iront vite, elles iront jusqu’à 2 % du chiffre d’affaires des distributeurs et des industriels qui ne se seraient pas conformés à l’application de cette loi EGalim. » Le jour même, le premier ministre, Gabriel Attal, annonçait qu’il y aurait trois sanctions importantes et évoquait la lutte contre la « francisation » de produits d’importation.
Contournement de la loi française
En fait, le gouvernement s’est retrouvé en porte-à-faux sur le sujet. Avec la flambée de l’inflation, les prix alimentaires ont bondi, en moyenne de 20 %, en deux ans. Depuis des mois, Bruno Le Maire a fait de la lutte contre l’inflation sa priorité, multipliant les réunions avec les distributeurs et les industriels pour obtenir des baisses en rayon, sans succès. Même s’ils ont accepté de proposer des paniers anti-inflation et des promotions, le résultat n’a guère eu de répercussions sur le porte-monnaie des Français. Bercy a donc décidé d’avancer le calendrier des négociations commerciales, en le distinguant selon la taille des entreprises. Celles dont le chiffre d’affaires est inférieur à 350 millions d’euros ont déjà signé, le 15 janvier. Les autres ont jusqu’au mercredi 31 janvier.
« Avec l’inflation, la sanctuarisation de la matière première agricole est passée au second plan, cette année. La distribution fait des demandes de déflation, même si elle est en hausse », affirme Richard Panquiault, directeur général de l’Institut de liaisons des entreprises de consommation, représentant les grands fournisseurs. Il fustige aussi « la part croissante des contrats qui se négocient à l’étranger », avec un risque de contournement de la loi française.
Ce mouvement, commencé par E.Leclerc en 2016 avec Eurelec, sa centrale d’achat commune avec l’allemand Rewe, basée à Bruxelles, s’est étendu à d’autres enseignes. Et entre autres à Carrefour, qui a installé la sienne à Madrid. Ou encore à Système U, qui a rejoint l’allemand Edeka et le néerlandais Picnic dans la centrale d’achat Everest, installée aux Pays-Bas.
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Concernant la première étape, celle des plus petites entreprises, les discussions ont été « plutôt constructives », selon Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution, pour aboutir à « une stabilité des prix avec les petites et moyennes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire ». En revanche, « c’est un peu plus compliqué avec les grands industriels », poursuit le représentant des grandes surfaces. En particulier avec une dizaine de grandes multinationales, « qui refusent tout simplement de discuter, laissant entendre que leurs tarifs sont à prendre ou à laisser » si les distributeurs veulent avoir leurs produits dans les rayons.
Si bien qu’à quelques jours de l’échéance, certaines enseignes avaient signé 30 % de leurs contrats et d’autres plus de 75 %. Les grandes entreprises ont demandé « en moyenne un peu plus de 5 % de hausse de prix », résume M. Creyssel. Ce qui pourrait aboutir, après négociation, à une progression de 2 % à 3 %, qui, selon lui, signifierait qu’il n’y aura « pas de baisse généralisée des prix, mais un retour à un rythme d’inflation plus classique ».
Dans la dernière ligne droite, la pression est maximale. « Une soixantaine de dossiers sont déjà partis en médiation », affirme Jean-Philippe André, président de l’Association nationale des industries alimentaires. « Tout se jouera dans les dernières vingt-quatre heures », conclut M. Panquiault.
Laurence Girard et Cécile Prudhomme
*« Il est urgent de changer de modèle agricole »
Tribune
Un collectif de paysans, dont José Bové, réfute, dans une tribune au « Monde », le terme d’« agribashing » dont usent les défenseurs de l’agro-industrie et critique un modèle « qui entraîne les agriculteurs et la société dans le mur ».
Publié le 27 novembre 2019 à 14h45, modifié le 28 novembre 2019 à 10h45 Temps de Lecture 4 min.
Tribune. Nous, agriculteurs, agricultrices, observons une atmosphère de crispation, d’incompréhension, entre une partie du monde agricole et le reste de la société, principalement focalisé sur l’utilisation des pesticides et sur l’élevage industriel.
Concernant les pesticides, leurs effets néfastes pour la santé humaine et l’environnement sont prouvés par de nombreuses publications scientifiques, tandis que le rejet de l’élevage industriel correspond à la dénonciation d’un système de maltraitance animale à grande échelle qui ne permet pas aux éleveurs et salariés concernés de s’épanouir ni de s’en sortir économiquement.
Ces pratiques portent atteinte à l’environnement ici et ailleurs comme le montrent le problème des algues vertes en Bretagne, la dégradation de nos ressources en eau, ou encore la déforestation générée par la monoculture de soja OGM au Brésil.
« L’agriculture basée sur l’agrochimie, la spécialisation à outrance des territoires et la mondialisation, contribue au réchauffement climatique »
Les critiques de ces pratiques, légitimes, sont qualifiées d’« agribashing » par la FNSEA [Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles], formule reprise par le ministre de l’agriculture et le président de la République. Pourtant, la remise en cause du modèle agro-industriel dominant n’est pas de l’agribashing ! Il ne s’agit pas de dire que l’agriculture est mauvaise, maléfique, ou que les urbains n’aiment pas les agriculteurs ! Il s’agit de critiquer un modèle qui entraîne les agriculteurs et notre société dans le mur.
Ce modèle endette dangereusement les agriculteurs, continue de vider les campagnes de leurs paysans, pousse à un gigantisme empêchant les jeunes de reprendre les fermes des retraités, pollue les sols et les eaux, détruit la biodiversité, dégrade la santé des écosystèmes et des humains. Cette agriculture basée sur l’agrochimie, la spécialisation à outrance des territoires et la mondialisation, contribue au réchauffement climatique et est peu résiliente face aux événements extrêmes qui se multiplient.
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Pourtant, l’agroécologie paysanne que nous pratiquons, le plus souvent en bio, depuis de nombreuses années, représente une alternative crédible. Cette agriculture, qui lie agronomie et écologie, nous permet de vivre avec dignité et de transmettre nos fermes, tout en fournissant une alimentation saine à nos concitoyens. Nous montrons au quotidien que ce type d’agriculture peut redynamiser les territoires, en créant des emplois, du lien social, du paysage, de la biodiversité et de la résilience.
Accompagner la transition
De plus en plus de paysans optent pour cette agriculture du futur, et nombreux sont ceux qui souhaitent engager une transition que les politiques publiques, du local jusqu’au niveau européen, devraient beaucoup mieux accompagner. Les moyens financiers existent et sont considérables, notamment avec les 9 milliards d’aides annuelles de la PAC [politique agricole commune].
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Nous, paysans, actifs ou à la retraite, ne partageons pas la dénonciation d’un pseudo-agribashing, opérée par certains acteurs à la solde de l’agro-industrie bloquant la transition agroécologique, détournant l’attention des vraies questions au risque de creuser le fossé entre agriculteurs et citoyens, et d’attiser la violence.
Nous, paysans, affirmons qu’il est urgent de changer de modèle agricole, de développer une politique alimentaire favorisant les productions locales et biologiques, et d’abandonner l’utilisation des pesticides et de l’élevage industriel.
Signataires du collectif de paysans : Angel Alegre (Ariège) ; Brigitte Allain (Dordogne) ; Philippe Aubry (Vosges) Brigitte Aubry (Vosges); Philippe Assemat (Ariège) ; Patrick Barque (Doubs) ; Jacques Barroux (Lot-et-Garonne) ; Anne-Charlotte Beaugrand Rivière (Seine-et-Marne) ; Anne Beirieu (Aude); Jean-Claude Beirieu (Aude); Michel Berhocoirigoin (Pays Basque) ; Marie-Jo Bireau (Lot-et-Garonne) ; Pierre Bireau (Lot-et-Garonne) ; Benoit Biteau (Charente-Maritime) ; Nicolas Blanc (Landes) ; Mathilde Bœuf-Lancien (Lot-et-Garonne) ; Christian Boisgontier (Orne) ; Sabine Bonnot (Gers) ; José Bové (Aveyron) ; François Braillon (Aisne) ; Marielle Breuil (Lot-et-Garonne) ; Sebastien Bruand (Charente); Dominique Brunet (Vienne); Cabal-Zinck (Aveyron); François Calvet (Ariège); Benoit Canis (Nord) ; Judith Carmona (Pyrénées orientales) ;Gerard Chauvet (Aude) ; Jacques Chèvre (Dordogne) ; Sylvie Colas (Gers) ; Philippe Coutant (Deux-Sèvres) ; Alain Daguzan (Gers) ; Alain Daneau (Aquitaine) ; Benjamin Delalot (Vosges) ; Calire Desmares-Poirrier (Ille-et-Vilaine); Mauel Di Vecchi Staraz (Pyrénées-Orientales) ; René Donjat (Ariège) ; François Dufour (Manche) ; Sylvie Dulong (Aquitaine); Pierre Fabre (Alpes-Maritimes) ; Dominique Fessard (Eure) ; Nino Fillos (Aveyron) ; Jean-Michel Genillier (Puy-de-Dôme) ; Aurélie Genolher (Alpes-Maritimes) ; Ghislaine Gille (Vosges); Benoit Gille (Vosges); Louis-Marie Gobin (Deux-Sèvres) ; Patrice Goutagny (Puy-de-Dôme); Paul Greco (Drôme) ; Mickaël Girard (Gironde) ; Laurent Haltel (Vosges); Cécile Henck (Ariège) ; Charles Hervé-Gruyer (Eure) ; Thierry Jacquot (Vosges) ; Nadia Jacquot ( Vosges); Jean-Claude Jobard (Haute-Vienne); Pierre Joris (Lot-et-Garonne) ; Lucien Jouffreau (Lot-et-Garonne); Guy Kastler (Hérault) ; Olivier Keller (Ardèche) ; Jean-Marie Lacaze (Lot) ; Damien Lalardy (Lot-et-Garonne) ; Quentin Lachapelle (Marne); Ludo Landais (Puy-de-Dôme) ; Sophie Landais (Puy-de-Dôme) ; Jean-Paul Landat (Dordogne) ; Laurence Guichard (Vienne) ; Raoul Leturcq (Oise) ; Marianne Leturcq (Oise); Didier Lorioux (Corrèze) ; René Louail (Côte d’Armor) ; Yves Manguy (Charente) ; Karell Marchal (Haute-Saône); Dominique Marion (Charente-Maritime) ; Nathalie Masbou (Lot); Sébastien Maubert (Lot-et-Garonne) ; Laurent Moinet (Seine Maritime) ; Serge Morin (Deux-Sèvres); Albert Ody (Mayenne) ; Jean-Claude Olivier (Sarthe) ; Jérôme Orvain (Creuse) ; Murriel Padovani-Lorioux (Corrèze); Pascal Pavie (Aude) ; Bernard Péré (Lot-et-Garonne) ; Thierry Peurois (Gironde) ; Maxime Pierrel (Vosges); Henry Pousset (Seux-Sèvres) ; Emilie Prat (Ariège); André Puygrenier (Charente) ; Pierre Renaudie (Saône-et-Loire) ; Rémi Seingier (Seine-et-Marne) ; Michelle Rivet (Cher); Vincent Segretain (Puy-de-Dôme) ; Pierre-Noel Rousseau (Lot-et-Garonne); Jacques Soubils (Lot-et-Garonne) ; François Thierry (Vosges) ; Galatée Thiroux du Plessis (Lot-et-Garonne) ; Michel Valette (Drôme); Jean Vrignault (Vienne) ; Stéphane Warot (Aude) ; Eric Wyon (Ariège); Simon Yvert (Lot-et-Garonne).