« PFAS dans l’eau du robinet : les « polluants éternels » posent-ils problème pour notre santé ? »
Date de publication : 18 janvier 2024
C’est ce que se demande Le Figaro, qui relève que « l’eau du robinet de 166.000 habitants en Auvergne-Rhône-Alpes contient un taux de PFAS qui dépasse la norme européenne. Que risquent-ils à boire cette eau ? ».
Cécile Thibert explique en effet : « Ils méritent bien leur surnom de « polluants éternels ». Parce qu’ils résistent à toute forme de dégradation, les « PFAS » (pour « Per- and polyfluoroalkyl substances ») persistent dans l’environnement pendant des décennies, voire des siècles. Rien de surprenant, donc, à ce que ces molécules massivement synthétisées à des fins industrielles depuis les années 1950 se retrouvent un peu partout dans l’environnement ».
La journaliste relève que « d’après des résultats d’analyses dévoilés […] par l’agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes, environ 166.000 habitants de cette région sont exposés à un taux de PFAS dans l’eau du robinet supérieur au seuil de référence européen. Pour autant, l’autorité sanitaire n’a pas interdit la consommation de ces eaux ».
Cécile Thibert précise que « 450 analyses dans 85 points d’eau potable ont été réalisées pendant un an et demi dans 7 départements. Si les résultats révèlent que les 20 PFAS pistés (sur environ 5000 connus) sont présents à l’état de trace dans presque tous les échantillons, seuls 7% sont non conformes à la limite de qualité et 13% demandent encore à être vérifiés. Cette limite de qualité prévoit que la somme des concentrations de chacun des 20 PFAS surveillés ne dépasse pas 1 microgramme par litre d’eau ».
Aymeric Bogey, directeur de la santé publique à l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, remarque que « c’est un seuil de qualité, mais cela ne veut pas dire qu’il y a un risque pour la santé si on la dépasse ».
Cécile Thibert note ainsi que « faute de valeur sanitaire de référence – c’est-à-dire de seuil au-delà duquel on considère qu’il y a un risque pour la santé -, les autorités chargées de surveiller la qualité de l’eau se raccrochent à ce qu’elles peuvent. C’est l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), saisie en 2022 par ses ministères de tutelle, qui est chargée d’élaborer un seuil de sécurité sanitaire ».
La journaliste continue : « Que sait-on de l’impact sur la santé de ces PFAS ? ». Pascal De Giudici, ingénieur santé environnement, répond que « ces substances ne font l’objet de préoccupations que depuis les années 1990, il y a peu de données concernant l’être humain, les effets sanitaires ne sont pas encore solidement établis ».
Cécile Thibert observe : « Parmi les associations les plus solides identifiées, on trouve pêle-mêle : une augmentation du risque d’hypertension et de prééclampsie pendant la grossesse, une hausse du cholestérol, la diminution de la réponse immunitaire à certains vaccins ou encore une augmentation des dermatites atopiques ».
Aymeric Bogey explique que « dans les situations de non-conformité que nous avons identifiées, les résultats sont juste au-dessus de la limite de qualité, ce qui est plutôt rassurant. Dans ce cas, la marche à suivre n’est pas d’interdire la consommation d’eau mais d’exiger sous 2 mois un plan d’action aux responsables de la distribution, afin de revenir le plus vite possible sous la limite de qualité ».
Cécile Thibert souligne enfin que « les plantes et les animaux (en particulier les poissons) peuvent absorber et stocker ces PFAS introduits dans l’eau, l’air et les sols. Résultat : toute la chaîne alimentaire est impactée. […] À noter qu’il faut plusieurs années pour que la concentration de ces substances dans le corps diminue de moitié ».
«Polluants éternels» dans l’eau du robinet : quel impact sur la santé ?
Par Cécile Thibert
Publié hier à 11:31, mis à jour à l’instant

Une fois ingérés, les PFAS passent dans le sang, puis ils sont distribués dans divers organes (en particulier dans le foie et les reins), avant d’être éliminés par les urines. Brian Jackson – stock.adobe.com
DÉCRYPTAGE – L’eau du robinet de 166.000 habitants en Auvergne-Rhône-Alpes contient un taux de PFAS qui dépasse la norme européenne. Que risquent-ils à boire cette eau?
Ils méritent bien leur surnom de « polluants éternels ». Parce qu’ils résistent à toute forme de dégradation, les « PFAS » (pour « Per- and polyfluoroalkyl substances ») persistent dans l’environnement pendant des décennies, voire des siècles. Rien de surprenant, donc, à ce que ces molécules massivement synthétisées à des fins industrielles depuis les années 1950 se retrouvent un peu partout dans l’environnement. L’eau n’y fait pas exception.
D’après des résultats d’analyses dévoilés lundi 15 janvier par l’agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes, environ 166 000 habitants de cette région sont exposés à un taux de PFAS dans l’eau du robinet supérieur au seuil de référence européen. Pour autant, l’autorité sanitaire n’a pas interdit la consommation de ces eaux. La qualité de l’eau est-elle particulièrement préoccupante dans cette région ? Que risquent les habitants à la boire ?
7% de prélèvements non conformes
Rappelons que la recherche systématique des PFAS dans le contrôle de l’eau en…
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