«Certains deviennent sans papier, d’autres se retrouvent au RSA» : les médecins hospitaliers étrangers en grève pour réclamer un «statut digne»

« Les médecins hospitaliers étrangers en grève pour réclamer un « statut digne » »

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Date de publication : 18 janvier 2024Apolline Le Romanser indique en effet dans Libération que « syndicats et associations appellent à un rassemblement ce jeudi 18 janvier pour réclamer la réintégration des praticiens diplômés hors Union européenne. Depuis le début de l’année, nombre de ces médecins se retrouvent en situation instable, parfois menacés d’être expulsés ».
La journaliste rappelle ainsi qu’« ils sont des centaines […], praticiens diplômés hors Union européenne (Padhue), à avoir perdu leur contrat à l’aube de la nouvelle année. Une partie se mobilise, […] devant le ministère de la Santé à 14 heures, pour leur maintien ou réintégration et un «statut digne» ».
Farid Slimani, secrétaire général du Snpadhue, déclare que « des médecins deviennent sans papier, reçoivent des OQTF [obligation de quitter le territoire français, ndlr]. D’autres peuvent rester en France mais se retrouvent au chômage ou au RSA du jour au lendemain ».
Apolline Le Romanser note que « selon leurs estimations, 2000 soignants se retrouvent «sur le carreau». […] Emmanuel Macron a affirmé vouloir «régulariser nombre de médecins étrangers, qui tiennent notre système à bout de bras» : ils attendent des mesures concrètes et rapides ».
La journaliste explique que « d’un praticien à l’autre, les situations varient. Tant dans leur statut administratif que leurs compétences et la qualité de formation. La fin d’un dispositif transitoire, dit du «stock», censé faciliter la régularisation des plus anciens, a compliqué leur position : depuis le 1er janvier, les Padhue en poste mais non lauréats au concours ne peuvent plus poursuivre leurs fonctions ».
Apolline Le Romanser rappelle qu’« en l’absence de diplôme européen, la procédure d’autorisation d’exercice débute par ces EVC [épreuves de vérification de connaissances] – dont l’admission toutes spécialités confondues plafonnait à 34% en 2023, liste complémentaire incluse ».
« Plusieurs milliers de Padhue exercent sans. Sous différents statuts et contrats courts, bien moins payés que leurs homologues à diplôme européen. Ces praticiens, pas titulaires ni reconnus administrativement, se retrouvent pourtant en poste, avec parfois d’importantes responsabilités »,
 observe la journaliste.
Elle indique qu’« il y a bien cette disposition de la loi Valletoux, promulguée le 27 décembre, prévoyant une autorisation d’exercice temporaire de 13 mois à condition de passer l’examen. Mais la publication des décrets d’application tarde. Et l’incertitude règne ».
Un praticien béninois diplômé au Niger, « qui soigne des personnes âgées dans un service de médecine polyvalente », remarque : « Mon contrat s’arrête en avril, mon titre de séjour avec. Ça fait 2 ans qu’on me laisse gérer des patients, mes pairs me font confiance. Et maintenant on me jette ».
Apolline Le Romanser précise que « sa première tentative aux EVC en septembre 2023 a été infructueuse. […] Dur de cumuler sa fonction et des révisions, justifie-t-il ».
Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, déclare quant à lui : « Nos étudiants en médecine passent aussi des concours très éprouvants. Quand on rate ses examens, c’est qu’on ne remplit pas les conditions pour exercer ».
Le responsable ajoute : « C’est incohérent. On ne peut pas baser un service public sur l’exploitation de médecins qui n’ont pas de compétences reconnues pour exercer en France, mais suffisantes pour prendre les métiers les plus difficiles et faire des gardes pendant Noël ou les vacances ».
Apolline Le Romanser continue : « Pour l’heure, beaucoup de Padhue sont englués dans un chaos administratif – lauréats au concours compris ». Farid Slimani indique qu’« il y a tellement de statuts, chaque cas a son lot de problèmes. Certains finissent même par abandonner la médecine pour plus de stabilité ».

Santé

«Certains deviennent sans papier, d’autres se retrouvent au RSA» : les médecins hospitaliers étrangers en grève pour réclamer un «statut digne»

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Syndicats et associations appellent à un rassemblement ce jeudi 18 janvier pour réclamer la réintégration des praticiens diplômés hors Union européenne. Depuis le début de l’année, nombre de ces médecins se retrouvent en situation instable, parfois menacés d’être expulsés.

Rassemblement devant le ministère de la Santé à l’appel du Syndicat national des praticiens à diplôme hors Union européenne. (Sebastien Calvet/Mediapart)

par Apolline Le Romanser

publié aujourd’hui à 6h52

https://www.liberation.fr/societe/sante/certains-deviennent-sans-papier-dautres-se-retrouvent-au-rsa-les-medecins-hospitaliers-etrangers-en-greve-pour-reclamer-un-statut-digne-20240118_YVDQOZ5SVFAHXO6UFYO76NEVLI/#:~:text=Santé-,«Certains%20deviennent%20sans%20papier%2C%20d%27autres%20se%20retrouvent%20au,pour%20réclamer%20un%20«statut%20digne»&text=Syndicats%20et%20associations%20appellent%20à,praticiens%20diplômés%20hors%20Union%20européenne.

Pendant presque deux ans, Mabiala (1) a rejoint chaque matin son service de chirurgie vasculaire dans un hôpital du nord de la France. Là-bas, il consultait, faisait le tour des patients avec les chirurgiens, passait des journées au bloc. «Comme les internes français. Même si certains chefs me donnaient plus de tâches vu mon expérience en chirurgie», précise le quasi-quadragénaire, originaire du Congo-Brazzaville. Sept ans qu’il connaît l’hôpital français, enchaîne les contrats de «faisant fonction d’interne», entrecoupés de chômage et d’un «retour au pays forcé». Son contrat a été suspendu le 1er janvier, puisqu’il n’a pas été admis aux épreuves de vérification de connaissances (EVC). Mabiala a bien des diplômes : l’un en médecine générale obtenu au Burkina Faso, l’autre en neurochirurgie acquis Côte-d’Ivoire. Mais ils ne sont pas reconnus en France. Ils sont des centaines dans son cas, praticiens diplômés hors Union européenne (Padhue), à avoir perdu leur contrat à l’aube de la nouvelle année. Une partie se mobilise, ce jeudi 18 janvier devant le ministère de la Santé à 14 heures, pour leur maintien ou réintégration et un «statut digne».

«Des médecins deviennent sans papier, reçoivent des OQTF [obligation de quitter le territoire français, ndlr]. D’autres peuvent rester en France mais se retrouvent au c

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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