Publié le 16/01/2024
Complémentaires : prestations et cotisations progressent-elles au même rythme ?

Paris, le mardi 16 janvier 2024
– La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié son rapport annuel sur la situation financière des organismes complémentaire assurant une couverture santé.
Des prestations et des cotisations en hausse
La Drees explique ainsi que les complémentaires ont versé 32,8 milliards d’euros de prestations en 2022 — 3,8 % de plus qu’en 2021. Ce rythme est « proche de l’ensemble de la consommation de soins et de biens médicaux », souligne l’organisme public.
La hausse s’explique, a priori, par le fort rebond intervenu en 2021 à la suite de la chute connue en 2020, du fait de la pandémie de Covid-19. Les dépenses d’optique sont par ailleurs le poste de soins ayant le plus augmenté (5,3 %).
De leur côté, les cotisations ont elles aussi progressé (nous l’avons déjà évoqué), à un rythme un peu moins élevé que celui des prestations : +2,9 % en 2022 par rapport à 2021. Cela représente 40,5 milliards d’euros. Cependant, en 2021 les cotisations avaient déjà augmenté de +3,1 % par rapport à 2020 (en dépit d’une année où les prestations ont été très ralenties). On ne sait aujourd’hui dans quelle mesure l’augmentation des tarifs de 8 à 10 % est justifiée par le niveau des prestations en 2023 (même si le transfert de certaines prises en charge en optique et en dentaire a évidemment pesé sur les organismes complémentaires).
Des reversements de cotisations inégaux selon les organismes
Les prestations ayant plus augmenté que les cotisations en 2022, les assurés ont donc logiquement reçu une part un peu plus élevée de prestations qu’en 2021 : la part des cotisations reversée sous forme de prestations était de 81 % en 2022 (+1 %).
En revanche, des différences notables se font sentir selon les organismes. Les instituts de prévoyance (89 %) reversent ainsi beaucoup plus que les mutuelles (80 %) ou les entreprises d’assurance (78 %) à leurs assurés. Des contrastes importants qui pourraient s’expliquer par des «différences de structure entre contrats individuels et collectifs», selon la Drees.
Un résultat technique à l’équilibre
Comme le rappelle la Direction de la recherche, le résultat technique en santé représente « la différence entre l’ensemble des produits et l’ensemble des charges liées à l’activité santé pour une année donnée ».
En 2022 comme en 2021, le résultat technique en santé des complémentaires a été, globalement, quasi nul : il s’établit à 0,1 % des cotisations collectées (hors taxe). « Il s’agit du résultat technique le plus faible depuis 2011 », précise la Drees, qui ajoute que « le résultat technique des institutions de prévoyance demeure négatif, celui des mutuelles est quasi nul, tandis que celui des entreprises d’assurance reste positif ».
Concernant le résultat net, il était de 3,5 % des cotisations en 2022 pour les organismes actifs en santé, avec une baisse, tout de même, remarquée du côté des mutuelles. L’organisme public note, cependant, que « les organismes complémentaires ont été financièrement solides : leurs montants de fonds propres ont été très supérieurs aux minima réglementaires ».
Enfin, le nombre d’organismes exerçant une activité santé a bien baissé depuis le début des années 2000. Entre 2001 et 2016, le nombre de mutuelles a été divisé par 6 et celui des institutions de prévoyance par 2 ! Une concentration du marché qui s’est « nettement ralentie » depuis 2016, précise la Drees, mais qui reste tout de même élevée dans l’absolu.
Raphaël Lichten
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