Publié le 04/01/2024
L’hydroxychloroquine responsable de 17 000 morts en 2020 ?

Lyon, le jeudi 4 janvier 2024
– Selon une étude publiée ce mardi, la prescription d’hydroxychloroquine à des patients atteints de la Covid-19 pourrait avoir causé la mort de près de 17 000 patients dans six pays en 2020.
« Bonne année les gentils ! Cette nouvelle année nous ramènera peut-être à la raison » écrivait ce lundi 1er janvier sur X (ex-Twitter) le Pr Didier Raoult, les « gentils » étant le surnom qu’il a attribué à ceux qui continuent à défendre ses positions scientifiques controversées contre vent et marais. Mais l’année commence bien mal pour l’ancien directeur de l’Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) de Marseille : une étude réalisée par des chercheurs des Hospices civils de Lyon (HCL) et publiée ce mardi dans la revue Biomedicine & Pharmacotherapy estime que le traitement à base d’hydroxychloroquine (HCQ) promue par le Pr Raoult aurait causé la mort de 16 990 personnes dans six pays lors de la première année de la pandémie de Covid-19 en 2020.
En février 2020, les premières déclarations du Pr Raoult selon lesquelles l’HCQ pouvait traiter efficacement la Covid-19, qui commençait alors à peine à se répandre dans le monde, avait en effet suscité un important espoir et ce traitement expérimental avait été massivement utilisé à travers le monde. En France, le gouvernement avait pris un décret spécifique pour autoriser l’utilisation de l’HCQ contre la Covid-19 entre mars et mai 2020. Mais, n’en déplaise au Pr Raoult et à ses soutiens, l’HCQ avait rapidement fait la preuve de son manque d’efficacité et a donc été abandonné par la plupart des médecins fondant leur pratique sur la science.
Un calcul simple, voir simpliste
Depuis, plusieurs études ont au contraire démontré que l’HCQ pouvait présenter un risque pour les patients atteints de Covid-19, en raison de sa toxicité cardiovasculaire. Les chercheurs lyonnais ont donc voulu déterminer combien l’utilisation de l’HCQ pourrait avoir causé de morts dans les premiers mois de la pandémie de Covid-19. Ils se sont concentrés sur six pays (France, Belgique, Italie, Espagne, Turquie, Etats-Unis) et se sont limités à la période allant de mars 2020 au 17 juillet 2020, date de publication de la première étude Recovery ayant démontré le caractère dangereux de l’administration d’HCQ chez les patients atteints de Covid-19.
Le calcul réalisé par les auteurs de l’étude est relativement simple (et même simpliste pourront dire les détracteurs). Ils ont d’abord multiplié le nombre de patients hospitalisés durant cette période par le taux de mortalité hospitalière et le taux de patients ayant été traités par HCQ pour déterminer le nombre de patients traités par HCQ morts durant cette période. Les chercheurs lyonnais se sont ensuite appuyés sur une méta-analyse publiée dans la revue Nature en 2021 et qui avait conclu que l’administration d’HCQ augmentait de 11 % le risque de décès chez un patient atteint de Covid-19.
C’est en multipliant le chiffre précédemment obtenu par ce taux de mortalité qu’ils estiment que l’utilisation d’HCQ a causé la mort de 16 990 patients dans ces six pays en 2020 dont 12 729 aux Etats-Unis, 1 895 en Espagne, 1 822 en Italie, 240 en Belgique, 199 en France et 95 en Turquie. Ces grandes différences s’expliquent notamment (outre les tailles de population) par le taux d’utilisation de l’HCQ qui variait grandement entre les pays, de 15,6 % en France à 83,5 % en Espagne.
La partie émergée de l’iceberg
Cette étude comprend de nombreuses limites, comme le reconnaissent ses auteurs. En effet, les taux de mortalité des patients hospitalisés et d’utilisation de l’HCQ dans les différents pays n’ont pu qu’être estimés à partir de différentes études précédentes. De plus, les chercheurs n’ont pas intégré dans leurs calculs les autres variables pouvant influencer la mortalité (âge, sexe, comorbidités…). Les auteurs de l’étude reconnaissent ainsi que le nombre de décès dus à l’HCQ dans les six pays considérés se situe en réalité dans une fourchette large de 3 000 à 30 000 morts.
Mais l’objectif central de cette étude ne sont pas les données brutes, mais de démontrer les risques liés au fait de « généraliser des comportements de prescription avec des molécules dont on sous-estime la toxicité et on surestime l’efficacité » explique le Pr Jean-Christophe Lega, principal auteur de l’étude. En tout état de cause, l’étude s’étant limitée à six pays et à une période de quatre mois, cette estimation de 16 990 morts ne constitue que « la partie émergée de l’iceberg et sous-estime grandement le nombre de morts dus à l’HCQ dans le monde »… notamment quand le traitement a continué à être administré au détriment parfois d’autres prises en charge… pour leur part bien plus certainement efficaces.
Les conclusions de cette étude ne devraient cependant a priori pas ébranler les certitudes du Pr Raoult et de ses soutiens, depuis longtemps imperméables à tout argument scientifique rationnel. En octobre dernier, le Pr Raoult et plusieurs membres de l’IHU de Marseille ont ainsi publié en pré-print une nouvelle étude censée prouver une nouvelle fois l’efficacité de l’HCQ contre la Covid-19, ce qui a provoqué le déclenchement d’une enquête judiciaire, l’étude ayant été réalisée au mépris des règles en vigueur sur les recherches impliquant la personne humaine (RIPH).
Quentin Haroche
Covid-19 : la délicate estimation de la surmortalité liée à l’hydroxychloroquine
Une étude portant sur six pays, dont la France, avance le chiffre de 17 000 morts induites par la molécule promue par Didier Raoult, chez les patients hospitalisés pendant la première vague de la pandémie. Un ordre de grandeur à nuancer.
Temps de Lecture 4 min.

L’hydroxychloroquine (HCQ) promue par Didier Raoult pour soigner le Covid-19 a rapidement montré son inefficacité lors d’essais cliniques sérieusement conduits. Ceux-ci ont aussi montré, à l’instar de données de pharmacovigilance, que la molécule fétiche du microbiologiste marseillais pouvait être délétère, voire mortelle, pour certains patients, notamment par atteinte cardiaque. Quel bilan peut-on tirer à l’échelle internationale de son utilisation ?
Lire l’enquête : Didier Raoult : révélations sur une déviance scientifique
Une réponse, entachée d’une large incertitude, est apportée par une étude française, publiée le 2 janvier dans la revue Biomedicine & Pharmacotherapy. Elle propose une estimation du nombre de morts induites par l’administration d’HCQ parmi les patients hospitalisés pour Covid-19 durant la première vague de la pandémie, entre mars et juillet 2020. Les résultats portent sur six pays où les données nécessaires à une telle analyse étaient disponibles.
C’est le cas pour la France, où la surmortalité liée à l’utilisation de l’hydroxychloroquine est estimée à 199 morts, mais aussi pour les Etats-Unis (12 700 morts), la Belgique (240), la Turquie (95), l’Italie (1 822) et l’Espagne (1 895), soit un total de près de 17 000 morts. Mais pour Jean-Christophe Lega, de l’équipe évaluation et modélisation des effets thérapeutiques de l’université de Lyon, et ses collègues, « ces chiffres ne représentent probablement que la partie émergée de l’iceberg », dans la mesure où leur analyse ne couvre qu’une partie de la population mondiale ayant pu être traitée contre le Covid avec l’HCQ.
« Un ordre de grandeur »
Jean-Christophe Lega, qui a coordonné ce travail, est le premier à reconnaître les limites méthodologiques de l’estimation proposée. « Nous avons essayé de produire un ordre de grandeur, et nous revendiquons une imprécision dans les chiffres », dit-il. De fait, le taux de mortalité induit par l’HCQ chez les patients hospitalisés, tiré d’une étude publiée en 2021 dans Nature Communications, élément central de l’estimation, était de 11 %.
Mais l’intervalle de confiance de ce taux allait de 2 % à 20 %. « En d’autres termes, écrivent Jean-Christophe Lega et ses collègues, nos résultats pourraient être surestimés d’un facteur cinq, auquel cas le nombre total de décès liés à l’HCQ pour ces six pays serait d’environ 3 000 morts, ou sous-estimés d’un facteur deux, si bien que le chiffre réel s’approcherait de 30 000 décès. »
Lire aussi : Les arguments spécieux de Didier Raoult pour défendre son étude sur l’hydroxychloroquine
« L’hydroxychloroquine a tué des patients, c’est certain, commente Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Mais il reste une incertitude importante sur les chiffres avancés. » Pour l’épidémiologiste, si la méthodologie utilisée par ses collègues est classique et robuste, elle repose sur des paramètres dont la fiabilité peut varier. Le premier d’entre eux, à savoir la surmortalité observée chez les patients traités par HCQ, avec un surrisque de 11 %, lui semble solide, tout comme le second, le taux de mortalité lorsqu’on était hospitalisé pour Covid (entre 15 et 20 %).
En revanche, la part des patients hospitalisés ayant été traités avec l’HCQ est très « discutable » : « Ce taux d’exposition est le paramètre le plus important, et le moins documenté », regrette Mahmoud Zureik, lequel note ainsi de grandes disparités aux Etats-Unis (entre 14 % et 76 %), qui représentent l’essentiel de la surmortalité rapportée liée à l’HCQ.
« Dérive insensée »
Malgré ces réserves méthodologiques, le professeur d’épidémiologie salue une étude qui, selon lui, confirme que « lorsqu’on prescrit sans tenir compte de la science, on le paie cash, au prix de la vie des patients. Même si c’est 3 000 morts et non 30 000, c’est 3 000 de trop, et c’est énorme ».
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Dominique Costagliola (Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique, Sorbonne Université, Inserm) partage ses réserves, mais note que l’étude a pour mérite « d’enfoncer le clou » sur l’épisode hydroxychloroquine : « Cette dérive insensée, encouragée dans de nombreux pays au plus haut niveau politique, a fait des morts. » La directrice de recherche émérite estime que « le vrai chiffre au niveau mondial » sur l’ensemble de la période pandémique « est probablement très supérieur ». L’analyse ne prend en compte qu’une population de 600 millions de personnes et ne disposait pas de données fiables pour des pays gros prescripteurs de l’HCQ, comme l’Inde et le Brésil. Les prescriptions ont, en outre, concerné nombre de patients non hospitalisés, rappelle-t-elle.
Jean-Christophe Lega a déjà une autre étude en cours pour savoir si, au-delà de l’HCQ, les stratégies dites de repositionnement d’autres médicaments ont été efficaces pour lutter contre le Covid. « Nous reprenons l’ensemble des prescriptions dans le monde, et les résultats préliminaires invitent à la prudence. » Il conçoit ces études comme un « retour d’expérience pour [s’]améliorer en cas de nouvelle pandémie ».
Pression sociétale
L’une des leçons dont il invite à tirer les conséquences, c’est qu’en situation d’incertitude les médecins ont plus tendance à prescrire des molécules aux effets non prouvés qu’à ne pas prescrire, parfois en raison d’une pression sociétale : « Il faut que nos concitoyens aient eux aussi conscience que l’exposition à des candidats médicaments sans évaluation scientifique n’est pas souhaitable. » Jean-Christophe Lega donne en contre-exemple le Royaume-Uni, qui a rapidement mis en place de façon centralisée des essais thérapeutiques randomisés de grande ampleur ayant permis de trier le bon grain de l’ivraie.
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Nul doute que ces résultats seront reçus avec scepticisme par Didier Raoult et ses anciens lieutenants : en octobre 2023, ils publiaient dans la revue New Microbes and New Infections une étude portant sur 30 000 patients Covid pris en charge par l’IHU de Marseille, concluant que l’association hydroxychloroquine et azithromycine s’était traduite par une réduction de la mortalité.
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Cette publication avait conduit l’agence du médicament (ANSM) à saisir la justice, l’étude ayant été, selon elle – et de nombreux observateurs –, conduite en contravention avec la réglementation relative aux recherches sur la personne humaine. Dernier rebondissement en date, selon La Provence, trois des signataires de l’étude controversée, Philippe Parola, Philippe Brouqui et Matthieu Million, toujours en poste à l’IHU, feraient l’objet d’une procédure disciplinaire lancée par les ministères de la santé et de la recherche.
17 000 décès imputés à l’hydroxychloroquine : les explications de l’un des auteurs de l’étude
Pour la première fois, une étude française évalue le nombre de décès probablement dus à l’hydroxychloroquine parmi les malades du Covid hospitalisés. C’est une estimation a minima, car l’étude se concentre sur six pays seulement, et sur la première vague épidémique.
6 janvier 2024 https://www.mediapart.fr/theme/sante
DesDes médecins, des pharmaciens et des pharmacologues des Hospices civils de Lyon et l’université Laval à Québec tentent de démêler l’épineuse question de la surmortalité associée à l’usage massif d’hydroxychloroquine, dans une étude parue dans le journal Biomedicine and Pharmacotherapy.
Au moins aux premiers temps du Covid, la prescription d’hydroxychloroquine a été massive dans le monde entier. À une exception : « la Grande Bretagne », précise le premier auteur de cette étude, le professeur lyonnais Jean-Christophe Lega, spécialiste de l’évaluation et de la modélisation des effets thérapeutiques.
Ce sont en effet les Britanniques, avec leur essai Recovery, qui ont sifflé la fin de la partie. Sur les différents traitements susceptibles d’avoir un effet thérapeutique sur la maladie, ils ont conduit des études randomisées, qui apportent le plus haut niveau de preuve, et qui incluent près de 50 000 malades. L’hydroxychloroquine était l’une des molécules testées dans Recovery. Dès le 5 juin 2020, les Britanniques ont mis fin à ce bras de l’étude, prenant acte d’une absenced’efficacité.
Plus tard, d’autres études ont mis en évidence une surmortalité associée à l’hydroxychloroquine, évaluée autour de 10 %. L’étude française retient le taux de 11 %. Jean-Christophe Lega reconnaît « une marge d’incertitude, comprise entre 2 et 20 % de surmortalité. Mais cela ne fait pas une très grande différence. Par exemple en Espagne, en retenant un taux de 10 % de surmortalité, on estime le nombre de morts à près de 2 000. Si l’on retient le taux de 2 % de surmortalité, celareprésente tout de même 400 morts ».
Une sélection des études les plus solides
Ce que cette étude apporte est une première évaluation, dans six pays, du nombre de décès associés à l’hydroxychloroquine, chez les malades du Covid hospitalisés. Elle se concentre sur la première vague épidémique, au printemps 2020, quand régnait la plus grande incertitude sur ce nouveau virus. L’étude française s’appuie sur une sélection de 44 études à la méthodologie la plus rigoureuse, et qui incluent le plus grand nombre de patient·es.
L’étude estime à 16 990 décès de malades du Covid hospitalisés qui peuvent être attribués à l’hydroxychloroquine : 240 en Belgique, 95 en Turquie, 199 en France, 1 822 en Italie, 1 895 en Espagne, et 12 739 aux États-Unis.
« C’est important de quantifier le nombre de morts : c’est ce qu’on a fait pour le Mediator par exemple, explique le médecin de santé publique Mahmoud Zureik, qui dirige un groupement associant l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et l’assurance-maladie, chargé de mesurer l’efficacité des médicaments à partir des données de santé des Français·es. Cela permet d’évaluer l’ampleur du problème. Certes, on ne peut savoir, individuellement, si quelqu’un est décédé à cause de l’hydroxychloroquine. Mais on peut calculer une probabilité. »
L’étude française calcule le nombre de décès associés à l’hydroxychloroquine, à partir du taux de patient·es exposé·es à cette molécule : dans les études retenues, il est de 51 % en Belgique, 15,6 % en France, 80,8 % en Italie, 83,5 % en Espagne, 73,1 % en Turquie, et 62,1 % aux États-Unis.
« Pour estimer le nombre de morts, il fallait établir le nombre de patients traités par l’hydroxychloroquine, détaille le professeur Lega. C’est ce qu’apporte notre étude : une évaluation, dans six pays, du nombre de patients hospitalisés auxquels a été administrée de l’hydroxychloroquine pendant la première vague. Même s’il y a une marge d’incertitude, on peut affirmer que dans ces six pays au moins des centaines de malades sont morts en raison de la toxicité de HCQ. Au niveau mondial, le chiffre est bien plus important : la plupart des pays ont prescrit massivement de l’hydroxychloroquine. »
Mahmoud Zureik exprime des doutes sur « le taux de 62,1 % d’exposition à l’hydroxychloroquine aux États-Unis, très élevé » : « Cela ne me paraît pas très bien documenté. C’est une faiblesse majeure de l’étude, car sur les 17 000 décès estimés, les deux tiers sont américains », estime-t-il.
Le professeur Lega défend ce chiffre : « Pendant la première vague, l’hydroxychloroquine a été très largement prescrite, et pas seulement de manière compassionnelle, c’est-à-dire aux seuls patients dont le pronostic vital est engagé. On l’a même prescrite aux patients en ville, il y a eu des tensions d’approvisionnement pendant la première vague. Et elle a probablement été administrée aux patients hospitalisés à haute dose, et longtemps : c’est nécessaire pour que les concentrations dans le sang soient thérapeutiques. »
En France, l’hubris médicale a pris le dessus, c’était la cacophonie.
Jean-Christophe Lega
La toxicité de ce médicament n’est pas une surprise : « On ne l’a pas inventée, poursuit le professeur lyonnais. Elle est décrite depuis longtemps, notamment sa toxicité cardiaque. Elle reste faible. Mais on peut déterminer, à large échelle, les conséquences d’une toxicité faible. » Mahmoud Zureik renchérit : « Plus de précautions auraient du être prises avec l’hydroxychloroquine, en raison de ses effets secondaires cardiaques documentés de longue date. Car toutes les études ont montré, très tôt, que le Covid n’est pas seulement une maladie pulmonaire. Il y a très rapidement des complications cardiaques. C’est probablement la raison de la surmortalité liée à l’hydroxychloroquine. »
La principale conclusion de cette étude est qu’il ne fallait pas « promouvoir de médicaments qui n’étaient pas évalués, et alimenter de faux espoirs sur l’existence d’une solution à cette crise sanitaire complexe ».
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« C’est un retour d’expérience, une autocritique sur nos pratiques, explicite le professeur Lega. On peut s’interroger sur la liberté de prescription en situation de pandémie, qui a permis aux médecins de s’en remettre à leurs intuitions. On aurait dû interdire l’accès compassionnel et signifier aux patients que s’ils voulaient recevoir des molécules, ils devaient être inclus dans des études randomisées. C’est ce qu’ont fait les Britanniques, avec Recovery : les agences de régulation ont porté des messages forts, les médecins ont travaillé collectivement, sans se mettre en avant, et ont produit les plus belles études, les plus utiles. En France, l’hubris médicale a pris le dessus, c’était la cacophonie. Chacun a tâtonné dans son coin, on a attendu un génie individuel, alors que la solution était collective. La plupart des études n’étaient pas assez puissantes : elles n’incluaient pas assez de patients ou leur méthodologie n’était pas assez robuste. »
En creux, l’étude vise le professeur Didier Raoult à la tête de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection (IHU), qui a fait une très importante publicité à ce médicament, présenté comme miraculeux. Aucune étude de l’IHU n’a été retenue.
Mais finalement, « on a l’impression que les Français ont été plutôt prudents, et ont plutôt prescrit des corticoïdes, qui se sont avérés efficaces sur les patients dans un état grave. Mais il y a eu de très grandes différences de prescriptions, hôpital par hôpital, voire service par service », considère le professeur Lega.
Covid-19 : l’hydroxychloroquine responsable de 16 990 morts, un « scandale sanitaire »
Sciences. Ces travaux, publiés mardi 2 janvier dans une revue scientifique, analysent le nombre de décès liés à ce médicament controversé, prôné notamment par Didier Raoult. L’estimation est très « sous-estimée », précisent les auteurs.
Par Victor Garcia
Publié le 03/01/2024 à 19:43
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L’hydroxychloroquine est probablement le médicament qui a le plus fait parler de lui depuis la pandémie de Covid-19. Promue « molécule miracle » par le Pr Didier Raoult, ex-directeur de l’IHU de Marseille, l’hydroxychloroquine a d’abord été prescrite massivement dans de nombreux pays. Puis les études confirmant son inefficacité dans le traitement de cette maladie, associée ou non à d’autres molécules, se sont accumulées. Tout comme les travaux qui ont montré qu’elle pouvait avoir des effets indésirables potentiellement dangereux, dont des troubles du rythme cardiaque, mais aussi provoquer une perte de chance pour les patients en retardant l’utilisation d’autres traitements efficaces.
Aujourd’hui, la question fait consensus parmi les communautés scientifiques et médicales : l’hydroxychloroquine est inefficace et potentiellement dangereuse dans le traitement du Covid-19. Et de nouveaux éléments permettent d’asseoir encore un peu plus cette position, puisqu’une équipe de chercheurs emmenée par Jean-Christophe Lega, professeur de thérapeutique aux Hospices Civils de Lyon, vient de publier une étude dans laquelle ils indiquent que les prescriptions d’hydroxychloroquine, lors de la première vague du Covid-19, ont provoqué des milliers de morts.
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16 990 morts dans six pays, dont la France
Leurs travaux, préliminaires à l’époque, avaient été présentés une première fois en juin 2022, puis en juin 2023. Cette fois, les résultats finaux sont publiés en bonne et due forme dans la revue scientifique Biomedicine & Pharmacotherapy, qui a vérifié les calculs et analyses des chercheurs. « Les relecteurs n’ont pas remis en cause notre méthode et confirmé que nous avions été extrêmement prudents dans nos estimations, indique le Pr Jean-Christophe Lega, coauteur de l’étude, interrogé par L’Express. Notre certitude concernant la mortalité hospitalière est extrêmement forte », insiste-t-il. Les conclusions de son équipe sont claires : l’hydroxychloroquine a causé la mort de 16 990 personnes dans l’ensemble des six pays étudiés, soit la Belgique, l’Espagne, la France, l’Italie, la Turquie et les Etats-Unis.
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Pour aboutir à ce résultat, l’équipe du Pr Lega a estimé la mortalité hospitalière mondiale attribuable à l’utilisation de l’hydroxychloroquine en combinant le taux de mortalité, l’exposition à l’hydroxychloroquine, le nombre de patients hospitalisés et l’augmentation du risque relatif de décès lié à ce médicament, estimé à 11 % selon les résultats d’une précédente étude parue dans Nature Communications.
Le taux de mortalité des patients hospitalisés dans chaque pays a ensuite été obtenu grâce au résultat d’une méta analyse regroupant les résultats de 44 essais cliniques. « En utilisant les estimations médianes de l’utilisation de l’hydroxychloroquine dans chaque pays, nous avons estimé que 16 990 décès hospitaliers liés à ce médicament sont survenus dans les pays pour lesquels des données étaient disponibles », précisent les auteurs.
Un total probablement sous-estimé
« Ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est qu’il s’agit d’une estimation grossière, dans le sens ou elle ne concerne que quelques pays pendant une courte période et que le nombre total de morts est probablement bien plus grand », souligne le Pr. Lega. En effet, ces travaux analysent les résultats de six pays « seulement » – l’Inde et le Brésil, très importants prescripteurs d’hydroxychloroquine, sont par exemple absents – et ne portent que sur la période mars-juillet 2020, alors que les prescriptions d’hydroxychloroquine ont été effectuées bien après cette date.
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« De plus, cette étude ne comptabilise que les morts hospitaliers : tous les arrêts cardiaques en ville ne sont pas pris en compte, ajoute le Pr Mathieu Molimard, chef du service de pharmacologie médicale du CHU de Bordeaux, qui a lu l’étude mais n’y a pas participé. Ce chiffre ne représente donc que la partie émergée de l’iceberg et pourrait être sous-estimé jusqu’à un facteur cinq : il s’agit d’un véritable scandale sanitaire. »
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Une autre limite de l’étude est que les taux de prescription d’hydroxychloroquine fluctuent considérablement d’un pays à l’autre, allant de 16 % (en France) à 84 % (en Espagne). Le nombre de morts associés à l’usage de ce médicament varie également grandement : de 95 en Turquie, à 199 en France, 240 en Belgique, 1 822 en Italie, 1 895 en Espagne et jusqu’à 12 739 aux Etats-Unis. Les auteurs reconnaissent bien volontiers ces limites dans les conclusions de leur étude, où ils indiquent que leurs estimations « sont limitées par leur imprécision ». Ils assurent néanmoins que leurs résultats « illustrent le risque de réorienter des médicaments avec des preuves de faible niveau ».
Des recommandations pour une éventuelle future pandémie
C’est la raison pour laquelle les scientifiques ont écrit un paragraphe entier consacré aux recommandations en prévision d’une éventuelle future pandémie. « Nous estimons d’abord qu’il est nécessaire de mettre en place une meilleure régulation des médicaments candidats en cas de nouvelle maladie, souligne le Pr Lega. Il faudrait, ensuite, mettre en place des plateformes de randomisations qui permettent de produire, en quelques mois seulement, des études dotées d’un très haut niveau de preuve scientifique. »
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Les chercheurs rappellent également que les élus politiques devraient limiter leurs injonctions à la communauté médicale. « L’exemple le plus frappant est la communication de Donald Trump, qui a largement promu l’hydroxychloroquine. Or, même s’il n’est pas possible de prouver qu’il est directement responsable, nous avons constaté une explosion des prescriptions de ce médicament après ses prises de position », illustre le Pr Lega. Enfin, les chercheurs rappellent que les experts devraient, eux aussi, se montrer plus prudents, et éviter de « générer des extrapolations. » Une critique à peine voilée au Pr Didier Raoult.
La future étude du Pr Lega et de son équipe portera sur les effets de tous les traitements prescrits lors de la pandémie. « Nous avons effectué une nouvelle revue systématique de l’ensemble des molécules et avons déjà constaté que le taux d’exposition aux médicaments a été extrêmement important, avec l’usage de cocktails médicamenteux, explique le chercheur. Nous voulons tenter de savoir quels effets cela a eu et s’il faut laisser les médecins prescrire ce qu’ils veulent en les laissant se baser sur leur intuition ou non. » Selon lui, la réponse sera probablement négative.
« Covid-19 : l’hydroxychloroquine liée à près de 17.000 morts dans 6 pays au printemps 2020 »
Date de publication : 4 janvier 2024
Olivier Monod remarque dans Libération : « A quel point la prescription d’hydroxychloroquine durant la première vague de la pandémie de Covid-19 était-elle une mauvaise idée ? Une étude publiée […] par la revue Biomedicine & Pharmacotherapy avance une réponse ».
Le journaliste note ainsi que « près de 17.000 morts seraient liés à ce médicament dans six pays – dont la France – lors de la première vague du Covid-19, au premier trimestre 2020 ».
Les chercheurs des Hospices civils de Lyon écrivent que « ces résultats illustrent le danger de la réutilisation des médicaments avec des preuves de faible niveau ».
Olivier Monod explique que « pour arriver à leur résultat, les scientifiques avaient besoin de plusieurs éléments sur un même pays, à savoir le nombre de patients hospitalisés avec le Covid, leur taux de mortalité et le taux de prescription de l’hydroxychloroquine. Ces éléments leur ont permis de calculer le nombre de patients décédés du Covid ayant été traités avec ce médicament en France, en Belgique, en Italie, en Espagne, en Turquie et aux Etats-Unis ».
« Ensuite, l’équipe de chercheurs lyonnais a appliqué le résultat d’une autre étude, parue dans Nature Communications en avril 2021. Celle-ci estimait que l’hydroxychloroquine augmentait de 11% le risque de mortalité du patient. Ils sont ainsi arrivés au résultat de 16.990 décès imputables au traitement, dont 12 739 aux Etats-Unis et 199 en France », relève le journaliste.
Olivier Monod retient en outre « la grande variabilité des comportements des blouses blanches. […] Le taux de prescription de l’hydroxychloroquine varie de 15,6% en France à 83,5% en Espagne. Jean-Christophe Lega, professeur aux Hospices civils de Lyon et à la tête de l’équipe de recherche, s’étonne d’ailleurs de ces «comportements variables, voire anarchiques, d’un hôpital à l’autre» ».
Le journaliste observe enfin que « ces chiffres bruts sont toutefois à prendre avec des pincettes. Chacune des données utilisées pour en arriver à ce résultat est soumise à des marges d’erreur qui rendent le résultat final peu précis. Mais ce travail permet tout de même de se faire une idée de ce qui se passe quand «on généralise des comportements de prescription avec des molécules dont on sous-estime la toxicité et on surestime l’efficacité», souligne Jean-Christophe Lega ».
« Etude sur les morts attribués à l’hydroxychloroquine lors du Covid : le diable est dans les détails »
Date de publication : 8 janvier 2024 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=ac83e9a6e4e99d31a6b5aba87e49db5b&id_newsletter=19466&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=19466&from=newsletter

C’est ce que titre Christian Lehmann, médecin et écrivain, dans sa chronique pour Libération. Il observe que « la publication récente d’une étude française visant à quantifier la mortalité liée à l’utilisation de l’hydroxychloroquine durant la première vague de la pandémie a donné lieu aux habituelles passes d’armes entre convaincus, d’un côté comme de l’autre ».
Le médecin relève ainsi : « 17.000 décès imputés à l’hydroxychloroquine, a minima, c’est le chiffre que chacun retiendra de cette étude. Et ce malgré la conclusion des auteurs : «Bien que nos estimations soient limitées par leur imprécision, ces résultats illustrent le danger lorsqu’on repositionne une molécule ancienne sans base scientifique évidente» ».
Christian Lehmann poursuit : « Lire cet article scientifique, c’est mesurer l’importance du doute en médecine, et d’une approche humble de la vérité. […] Brandir comme le font certains ce chiffre de 17.000 comme un «smoking gun», une preuve irréfutable, est un non-sens. L’hydroxychloroquine était un leurre. On le soupçonnait dès février 2020 ».
Le médecin relève que « l’engouement de la quasi-totalité des médias et de nombre de politiques trop heureux de venir apporter leur caution et leur inculture scientifique à un médicament qui semblait apaiser les angoisses de la population, amena de nombreux services hospitaliers à essayer l’hydroxychloroquine sur des patients très mal en point… et à en stopper rapidement l’utilisation devant les effets indésirables cardiaques de cette molécule ».
« C’est ce que l’on appelle un usage compassionnel, c’est-à-dire l’administration sous contrôle médical d’un médicament à l’efficacité non encore prouvée à des personnes atteintes d’une maladie pour laquelle les médicaments existants ne se sont pas révélés suffisamment efficaces », précise Christian Lehmann.
Il rappelle que « commencée dès mars 2020, l’étude anglaise Recovery, qui testait plusieurs molécules de manière scientifique, […] rendait ses conclusions au mois de juin : l’utilisation de l’hydroxychloroquine augmente la mortalité pendant le Covid. Ce médicament ancien et peu onéreux présente des effets indésirables cardiaques et peut, chez les patients qui le prennent dans le cadre du traitement de maladies rhumatismales inflammatoires, entraîner des troubles du rythme cardiaque ».
« Et ce que ne comprennent pas ceux qui croient voir dans le refus d’utiliser ce médicament une cabale contre un génial précurseur, c’est que le Covid n’est PAS «l’infection respiratoire la plus facile à traiter de toutes» [dixit Didier Raoult], ce n’est d’ailleurs pas à proprement parler uniquement une affection respiratoire mais une maladie systémique qui s’attaque à l’ensemble de l’organisme et en particulier au système cardiovasculaire, depuis le muscle cardiaque lui-même jusqu’aux microvaisseaux et artérioles, aussi bien pendant la phase aiguë qu’à long terme », précise Christian Lehmann.
Il évoque donc l’étude publiée dans Biomedicine & Pharmacotherapy qui « est riche d’enseignements : elle révèle que la folie HCQ a touché différents pays de manière très hétérogène (16% en France, 84% en Espagne) ».
Les auteurs écrivent notamment que « les représentants des pouvoirs publics ne doivent pas se permettre, sur la base de convictions personnelles, de promouvoir la prescription de médicaments qui n’ont pas fait l’objet d’une évaluation formelle, en faisant naître ainsi de faux espoirs quant à l’existence d’une solution simpliste à une crise sanitaire complexe ».
Ils ajoutent que « les [données] concernant l’exposition à l’HCQ sont rares… Malheureusement, du fait du manque de détermination politique à évaluer l’effet des prescriptions hors autorisation de mise sur le marché pendant la crise Covid, il est peu probable que de [nouvelles données] de plus grande ampleur puissent être générés ».
Dangerosité
Covid-19 : l’hydroxychloroquine liée à près de 17 000 morts dans six pays au printemps 2020
La pandémie de Covid-19 en Francedossier
Santé2 janv. 2024abonnés
Une étude française parue le 2 janvier livre une estimation du nombre de morts au début de la pandémie de coronavirus potentiellement imputables au traitement promu par Didier Raoult
Des pilules d’hydroxychloroquine dans une pharmacie de l’Utah, aux Etats-Unis, le 20 mai 2020. (George Frey/AFP)
par Olivier Monod
publié le 3 janvier 2024 à 17h00
A quel point la prescription d’hydroxychloroquine durant la première vague de la pandémie de Covid-19 était-elle une mauvaise idée ? Une étude publiée mardi 2 janvier par la revue Biomedicine & Pharmacotherapy avance une réponse : près de 17 000 morts seraient liés à ce médicament dans six pays – dont la France – lors de la première vague du Covid-19, au premier trimestre 2020.
«Ces résultats illustrent le danger de la réutilisation des médicaments avec des preuves de faible niveau», pointent les auteurs de l’étude, les chercheurs des Hospices civils de Lyon. En France, le gouvernement a autorisé la prescription de l’«HCQ» défendue par Didier Raoult, ancien directeur de l’IHU de Marseille, en mars 2020 pour les malades graves du Covid, avant d’abroger ce dispositif en mai 2020.
Un risque de mortalité augmenté de 11 %
Pour arriver à leur résultat, les scientifiques avaient besoin de plusieurs éléments sur un même pays, à savoir le nombre de patients hospitalisés avec le Covid, leur taux de mortalité et le taux de prescription de l’hydroxychloroquine. Ces éléments leur ont permis de calculer le nombre de patients décédés du Covid ayant été traités avec ce médicament en France, en Belgique, en Italie, en Espagne, en Turquie et aux Etats-Unis.
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Ensuite, l’équipe de chercheurs lyonnais a appliqué le résultat d’une autre étude, parue dans Nature communications en avril 2021. Celle-ci estimait que l’hydroxychloroquine augmentait de 11 % le risque de mortalité du patient. Ils sont ainsi arrivés au résultat de 16 990 décès imputables au traitement, dont 12 739 aux Etats-Unis et 199 en France. Dans l’Hexagone, le Covid avait déjà tué plus de 30 000 personnes à l’été 2020.
«Des molécules dont on sous-estime la toxicité et on surestime l’efficacité»
Autre leçon de cette étude : la grande variabilité des comportements des blouses blanches. Dans les six pays considérés, le taux de prescription de l’hydroxychloroquine varie de 15,6 % en France à 83,5 % en Espagne. Jean-Christophe Lega, professeur aux Hospices civils de Lyon et à la tête de l’équipe de recherche, s’étonne d’ailleurs de ces «comportements variables, voire anarchiques, d’un hôpital à l’autre».
Ces chiffres bruts sont toutefois à prendre avec des pincettes. Chacune des données utilisées pour en arriver à ce résultat est soumise à des marges d’erreur qui rendent le résultat final peu précis. Mais ce travail permet tout de même de se faire une idée de ce qui se passe quand «on généralise des comportements de prescription avec des molécules dont on sous-estime la toxicité et on surestime l’efficacité», souligne Jean-Christophe Lega. Ces résultats avaient déjà été présentés au congrès de la Société française de pharmacologie et de thérapeutique en juin 2022. Depuis, quelques corrections mineures ont été apportées.
Commentaire Dr Jean Scheffer:
Les données scientifiques bien étayées ne doivent pas être prises à la légère . La réalité des morts subites sous hydroxychloroquine était bien connue avant le début de la pandémie du Covid-19.
Sur ce site j’avais bien mis en garde dès juin 2020