Plus de 20 000€ de cadeaux: la toute nouvelle ministre de la santé Agnès Firmin Le Bodo, nommée en urgence après la démission d’Aurélien Rousseau mercredi 20 décembre, au lendemain de l’adoption du projet de loi immigration, est visée par une enquête judiciaire

TRANSPARENCE ET PROBITÉ ENQUÊTE

Champagne et montres de luxe : les cadeaux non déclarés de l’industrie pharmaceutique à la nouvelle ministre de la santé 

D’après nos informations, Agnès Firmin Le Bodo, nommée mercredi après la démission d’Aurélien Rousseau, est visée par une enquête sur les cadeaux de la multinationale Urgo. En tant que pharmacienne, elle est soupçonnée d’avoir reçu de 2015 à 2020 pour 20 000 euros de bouteilles de champagne, montres de luxe, etc.

Caroline Coq-Chodorge et Antton Rouget

21 décembre 2023 à 18h52

https://www.mediapart.fr/journal/france/211223/champagne-et-montres-de-luxe-les-cadeaux-non-declares-de-l-industrie-pharmaceutique-la-nouvelle-ministre-d?utm_source=quotidienne-20231221-194731&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-quotidienne-20231221-194731%20&M_BT=115359655566

Encore un beau symbole pour la « République exemplaire » d’Emmanuel Macron. La toute nouvelle ministre de la santé Agnès Firmin Le Bodo, nommée en urgence après la démission d’Aurélien Rousseau mercredi 20 décembre, au lendemain de l’adoption du projet de loi immigration, est visée par une enquête judiciaire ouverte en juin 2023 pour avoir reçu des cadeaux, sans les déclarer, de la part d’une multinationale des produits de santé, selon des informations de Mediapart

Cette pharmacienne de profession, qui dirige une officine au Havre (Normandie), est soupçonnée de s’être fait livrer à 21 reprises, de 2015 à 2020, des produits de luxe – des montres, bouteilles de vin et magnums de champagne, coffrets pour des week-end… – pour un montant total évalué à 20 000 euros, de la part des laboratoires Urgo, qui cherchaient ainsi à fidéliser les pharmacien·nes et à augmenter leurs marges commerciales.

Inscrit dans la loi, le dispositif « anti-cadeaux » des professionnel·les de santé interdit pourtant très clairement aux pharmacien·nes de recevoir des avantages de la part des industriels de la santé. Sollicitée par Mediapart, Agnès Firmin Le Bodo a affirmé, par le biais de sa conseillère presse, qu’elle « répondra uniquement aux autorités compétentes », au cours d’une audition qui doit se dérouler « en janvier ». Les laboratoires Urgo n’ont pas répondu à notre sollicitation.

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Agnès Firmin Le Bodo à l’hôtel de Matignon à Paris, le 20 novembre 2023.  © Photo Raphaël Lafargue / Pool / Sipa

Les soupçons qui visent la nouvelle ministre de la santé, laquelle occupait jusqu’ici les fonctions de ministre déléguée chargée de l’organisation territoriale et des professions de santé, et qui est porte-parole d’Horizons, le parti de l’ancien premier ministre Édouard Philippe, sont la conséquence d’une première enquête judiciaire ayant ciblé les pratiques commerciales illégales du groupe Urgo, multinationale française ayant réalisé 750 millions de chiffre d’affaires en 2022.

Au cours de cette enquête, la section de recherche de gendarmerie de Dijon et les services de la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) de Bourgogne-Franche-Comté, où l’entreprise a son siège social, ont découvert que le groupe avait offert indûment, de 2015 à 2021, plus de 55 millions d’euros de cadeaux à des pharmacien·nes d’officine sur l’ensemble du territoire. Ces avantages ont permis pendant toutes ces années à l’entreprise et aux pharmacien·nes de s’enrichir directement sur le dos des patients.

En effet, l’entreprise distribuait des récompenses sous la forme de cadeaux en contrepartie de l’achat par les pharmacien·nes de produits Urgo, mais surtout du renoncement à des remises commerciales. D’après les investigations de la gendarmerie et de la DGCCRF, la valeur des cadeaux distribués correspondait au montant de la remise non réalisée.

Au terme de cette enquête judiciaire, les laboratoires Urgo ont fait profil bas, reconnaissant l’existence de ce système qui contrevient à la loi depuis 1993. En janvier 2023, le groupe plaide coupable, dans le cadre d’une procédure d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) devant le tribunal judiciaire de Dijon. Il est condamné à une amende importante de 1,125 million d’euros, tandis que des saisies pénales de plus de 5,4 millions d’euros sont également confirmées.

20 343,70 euros de cadeaux recensés

C’est alors qu’un second volet de l’affaire débute : après le groupe industriel, la justice se penche désormais sur tous les pharmaciens ayant reçu les cadeaux. En accord avec la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG) du ministère de la justice, les investigations sont organisées de manière territoriale, en saisissant chaque parquet compétent. En Normandie, la DGCCRF est saisie d’une quarantaine de dossiers. Les cas les plus légers (moins de 1 000 euros de gratification) sont classés. Tandis que les autres dossiers donnent lieu à l’ouverture d’une enquête préliminaire, en juin 2023.

« Sur la quarantaine de pharmaciens concernés [dans la région], dix-neuf ont perçu des avantages compris entre 1 000 et 10 000 euros, trois entre 10 000 et 20 000 euros et trois entre 20 000 et 32 000 euros », indique à Mediapart Bruno Dieudonné, procureur de la République du Havre. Parmi les plus gros bénéficiaires présumés se trouve donc Agnès Firmin Le Bodo, dont les cadeaux sont évalués à 20 343,70 euros, d’après nos informations.

Selon des éléments de l’enquête tirés des listes d’Urgo, la pharmacienne est notamment suspectée d’avoir reçu en 2015 un lot de quinze bouteilles de champagne et quatre magnums Taittinger (604,29 euros), une montre homme Omega (1 435,70 euros), une montre Apple Watch (674,40 euros) ou encore 2 iPhone 6S (2 026 euros). L’année suivante, les soupçons portent sur un téléviseur Samsung incurvé (887,04 euros), une montre The Longines (1 093,86 euros), une ménagère 24 pièces (827,48 euros), un iPhone 7 (1 056,44 euros), une cocotte Le Creuset (180 euros).

Une autre montre – Tag Heuer Formula 1 (922,88 euros) – est recensée en 2017, avec vingt-et-une bouteilles et six magnums de champagne Taittinger (834,60 euros) et trois coffrets Relais & Châteaux pour des week-ends (2 186,34 euros). Cette année-là, Agnès Firmin Le Bodo fait son entrée à l’Assemblée nationale, tout en continuant à gérer son officine, où elle continue d’empocher des salaires allant de 62 389 euros net par an à 80 000 euros par an. 

Elle n’informe pas l’Assemblée nationale des cadeaux qu’elle aurait reçu, d’après les éléments de l’enquête. Le code de déontologie oblige les député·es à déclarer « les dons d’une valeur qu’ils estiment supérieure à 150 euros » dans le cas où il les aurait reçus « à raison de leur mandat ». Mais, Agnès Firmin Le Bodo intervenant sur le sujet à la santé lors des débats au Parlement, n’aurait-il pas été utile de se prémunir de tout risque de conflit d’intérêts ? Sollicitée sur ce point, la ministre n’a pas répondu.

La liste des cadeaux de l’entreprise s’allonge encore de 2018 à 2020 : trente-six bouteilles de Bordeaux (1 041,60 euros), six bouteilles Taittinger Brut (1 53,94 euros), une enceinte Devialet (1 374,52 euros), un blender Smeg (138,44 euros).

Pas de déclaration

L’échange de « bons procédés » entre laboratoire et pharmacien·nes d’officine a longtemps été banalisé : pour s’imposer dans les étals des pharmacies, et gagner des parts de marché, les laboratoires rivalisaient de cadeaux à destination des pharmacien·nes, en échange de commandes. 

Ce système bien rodé de cadeaux accordés par les industriels aux professionnel·les de santé est pourtant encadré depuis 1993 (le dispositif est présenté en détail dans cette note d’information des ministères de la santé et de l’économie, ainsi que sur le site de l’Ordre des pharmaciens). Il a alors été formellement interdit aux professionnel·les de santé, dont les pharmacien·nes, de recevoir « des avantages en espèces ou en nature, sous quelque forme que ce soit, d’une façon directe ou indirecte », à moins qu’ils ne soient d’une « valeur négligeable ».

Plusieurs lois successives ont précisé et renforcé ce dispositif anti-cadeaux et les règles de transparence des liens d’intérêt avec les industriels : en 2002 par la loi Kouchner, en 2011 par la loi Bertrand suite au scandale du Mediator, en 2016 par la loi Touraine, mise en application par une ordonnance en 2017 et plusieurs arrêtés en 2020. 

La députée Agnès Firmin Le Bodo a d’ailleurs participé à ces débats en tant que membre de la commission des affaires sociales lorsque l’ancienne ministre de la santé Agnès Buzyn est venue demander, en mars 2019, à l’Assemblée nationale de ratifier l’ordonnance de 2017. À l’époque, Agnès Firmin Le Bodo a même défendu un amendement – finalement rejeté – visant à garantir la présence d’un représentant du conseil de l’ordre lorsqu’une perquisition est effectuée au sein d’une officine.

Ce « dispositif anti-cadeaux » prévoit des dérogations, justifiées par d’éventuels progrès thérapeutiques qui peuvent découler de liens d’intérêt entre industriels et professionnel·es de santé : la prise en charge des déplacements à des congrès médicaux et scientifiques, « d’un niveau raisonnable », des rémunérations pour des activités de recherche, encadrées par des conventions, l’organisation de formations par les laboratoires, etc.

Tous ces avantages et rémunérations doivent être déclarés aux ordres professionnels, et sont rendus public sur la base Transparence santé gérée par le ministère de la santé. Sur cette base, Agnès Firmin Le Bodo est bien présente. Sous le nom Agnès Firmin sont mentionnés des liens d’intérêt, entre 2012 et 2022, avec divers laboratoires pharmaceutiques : des avantages de 31 à 58 euros et des conventions d’hospitalité ou pour des interventions à des manifestations, aux montants non précisés. Sous la mention « Pharmacie Jenner » au Havre, est déclarée une convention en 2018, au montant non précisé, avec l’entreprise B3TSI, spécialisée dans le recueil et l’exploitation de données de santé, ainsi qu’une rémunération de 10 euros en 2019 par la même entreprise.

Il n’y a aucune mention de liens d’intérêt avec les laboratoires Urgo, et pour cause : si les montres, bouteilles de Champagne et de Bordeaux, cocotte Le Creuset et blender Smeg ont bien été offerts à la pharmacienne devenue ministre de la santé, c’est en toute opacité. 

Caroline Coq-Chodorge et Antton Rouget

Agnès Firmin-Le Bodo, la ministre de la Santé en deux points et deux casseroles
La nouvelle ministre de la santé est déjà sous le feu des critiques pour ses accointances avec le laboratoire pharmaceutique Urgo.
AFP

Agnès Firmin-Le Bodo, la ministre de la Santé en deux points et deux casseroles

Faux départ

Par Antoine Margueritte

Publié le 22/12/2023 à 18:00

Catapultée à la tête du ministère de la Santé le 20 décembre à la suite de la démission d’Aurélien Rousseau, en désaccord avec la loi immigration, Agnès Firmin-Le Bodo, pharmacienne de profession, est déjà épinglée pour ses liens étroits avec l’industrie pharmaceutique. Et ce n’est pas tout.

C’est ce qu’on appelle une arrivée en fanfare. À peine nommée ministre de la Santé le 20 décembre, la Havraise, proche d’Édouard Philippe, Agnès Firmin-Le Bodo s’est retrouvée épinglée par Mediapart, qui a dévoilé l’existence d’une enquête sur sa proximité avec le lobby pharmaceutique, notamment le laboratoire Urgo. L’entreprise française lui aurait envoyé pour 20 000 euros de cadeaux lorsqu’elle exerçait la profession de pharmacienne.

Présentée par le porte-parole du gouvernement Olivier Véran comme la ministre de la Santé et de la Prévention « par intérim » en remplacement d’Aurélien Rousseau, qui a démissionné pour s’opposer à la loi immigration, la membre du gouvernement se trouve donc déjà dans une position bien plus précaire encore que prévu. Pour ceux qui ne connaîtraient pas sur le bout des doigts le CV de celle qui était jusqu’alors ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des professions de santé, en voici le parcours en deux points… et d’abord deux casseroles.

RÉVÉLATIONS DE MEDIAPART

Est-ce qu’un ministre a déjà été mis en difficulté médiatique et judiciaire si vite après sa nomination au gouvernement ? Quelques heures seulement après l’annonce de sa nomination, la nouvelle ministre du gouvernement a été épinglée par le site d’investigation Mediapart pour ses liens avec le laboratoire Urgo. La pharmacienne de formation est actuellement visée par une enquête pour avoir reçu l’équivalent de 20 000 euros de cadeaux.

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Dans une liste à rendre jaloux un influenceur adepte des placements de produits, on trouve notamment deux iPhone, 15 bouteilles de champagnes, une montre de la marque Omega d’une valeur de 1 400 euros, quatre magnums de la prestigieuse maison Taittinger, et même une cocotte en fonte de la marque Le Creuset. Ces envois de cadeaux aux professionnels de santé sont pourtant strictement encadrés par la loi « anti-cadeaux » de 1993, qui interdit aux pharmaciens de percevoir des avantages de la part des industriels. Ces présents n’ont, selon Mediapart, pas été déclarés. Interrogée sur les ondes de France Bleu Normandie ce vendredi 22 décembre, la ministre a confirmé l’existence d’une enquête pour laquelle elle répondra « aux autorités compétentes dans les jours suivants ». Elle n’a pas souhaité donner plus de détails.

FAVORABLE AUX MÉDECINES ALTERNATIVES

Autre sujet de polémique : l’ancienne pharmacienne serait étroitement liée à la controversée Agence des médecines complémentaires et alternatives (A-MCA), rebaptisée Agence des médecines complémentaire adaptées en octobre 2022. Un changement de nom qui n’a pas fait taire les critiques et inquiétudes d’une majorité de professionnels de santé, qui pointent du doigt une organisation promouvant des charlatans, dont les méthodes peuvent se montrer dangereuses mêmes quand elles sont placebo, puisqu’elles peuvent se substituer à des traitements efficaces et parfois vitaux.

Fondée en 2020, l’A-MCA, qui a pris la forme d’une association loi 1901, s’occupe de l’encadrement des quelque 400 « médecines douces » qui s’exercent sur le territoire français, et séduisent déjà quatre Français sur dix. Cet ensemble de pratiques va de la naturopathie à toute une myriade de pseudosciences abracadabrantesques

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« L’A-MCA tend à légitimer des pratiques fumeuses », selon le docteur Cyril Vidal, membre du collectif No Fakemed, qui alerte sur les pratiques médicales non conventionnelles. Mais Agnès Firmin-Le Bodo n’est pas de cet avis. Le 18 mars 2021, accompagnée de sept autres députés, elle déposait une proposition de résolution visant à étatiser l’A-MCA, juste après avoir signé une tribune dans Le Monde appelant à « structurer les médecines complémentaires et alternatives » autour de ladite agence. La ministre déléguée avait lancé un comité d’encadrement des pratiques non conventionnelles en santé (PNCS) composé d’institutionnels et scientifiques, mais également de l’A-MCA. La Havraise se proposait alors de lutter contre le charlatanisme en distinguant pratiques « dangereuses » et « prometteuses ». Les associations de lutte contre ces méthodes « alternatives » avaient alors pointé du doigt une méthode aux contours encore flous qui pourrait revenir à légitimer certaines pratiques pas franchement plus scientifiques que d’autres.

UNE PHILIPPISTE AU GOUVERNEMENT BORNE

C’est dans la roue d’Édouard Philippe que la nouvelle ministre de la Santé a fait ses classes. Réputée très proche de l’ancien Premier ministre, elle a notamment été sa suppléante à la mairie du Havre. En 2017, l’ancienne adjointe d’Antoine Rufenacht, maire du Rassemblement pour la République (RPR) de la cité océane était candidate des Républicains aux législatives. Dépourvue donc de l’étiquette de la majorité présidentielle, la femme de droite n’avait pourtant pas eu à affronter de candidat du parti présidentiel, la République en Marche.

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Après son élection, elle a rejoint le parti « Agir, la droite constructive », soutenant la majorité présidentielle et intégré à l’ensemble Renaissance en septembre 2022. La députée de la 7e circonscription de la Seine-Maritime, et toujours conseillère départementale, est entretemps devenue membre à part entière et porte-parole du parti d’Édouard Philippe, Horizons. Elle a par ailleurs été présidente de la commission des Affaires culturelles et de l’Éducation de l’Assemblée nationale, entre le mois de juin 2022 et sa nomination en tant que ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, en juillet 2022.

PLUS « FIN DE VIE » QUE SANTÉ

Si la fiche de poste d’Agnès Firmin-Le Bodo était clairement axée sur la lutte contre les déserts médicaux, la ministre déléguée a, entre deux actions sur les « médecines alternatives », particulièrement œuvré autour des sujets relatifs à la fin de vie. En septembre 2020, la Havraise était à l’origine du chantier sur la fin de vie, un travail d’équilibriste aux interlocuteurs multiples, entre parlementaires, professionnels de santé, usagers et associations.

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Cadeaux du laboratoire Urgo : Agnès Firmin Le Bodo, ministre de la santé, nie tout « conflit d’intérêts »

La ministre fait l’objet d’une enquête judiciaire pour avoir reçu, en tant que pharmacienne au Havre, des cadeaux des laboratoires Urgo, qui lui auraient été offerts de 2015 à 2020 pour une valeur totale de 20 000 euros, selon « Mediapart ». 

Le Monde avec AFPPublié le 31 décembre 2023 à 22h21 https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/12/31/cadeaux-du-laboratoire-urgo-agnes-firmin-le-bodo-ministre-de-la-sante-nie-tout-conflit-d-interets_6208572_823448.html

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La ministre de la santé par intérim Agnès Firmin Le Bodo, épinglée pour des cadeaux illicites reçus dans le cadre de sa profession de pharmacienne, a réfuté auprès de l’Agence France-Presse (AFP) tout « conflit d’intérêts » dimanche 31 décembre en marge d’une visite au CHU de Rouen. « Sur l’affaire à laquelle vous faites allusion, je suis très sereine », a déclaré Mme Firmin Le Bodo.

La ministre fait l’objet d’une enquête judiciaire pour avoir reçu, en tant que pharmacienne au Havre, des cadeaux des laboratoires Urgo, qui lui auraient été offerts de 2015 à 2020 pour une valeur totale de 20 000 euros, selon Mediapart, qui a révélé l’affaire le 21 décembre.

« Comme 8 000 de mes anciens confrères, je vais être entendue dans l’affaire dite Urgo. Je préfère répondre sur le fond aux autorités compétentes, les réseaux sociaux ne sont pas les juges », a-t-elle poursuivi. Pour la ministre, dans cette affaire, « il n’y a ni conflit d’intérêts, ni avantage en nature, ni cadeau, il y a des négociations commerciales ». A-t-elle songé à démissionner à la suite de ces révélations ? « Peut-être », a-t-elle répondu, avant de répéter être « très sereine sur le fond de l’affaire ».

Urgo condamné à une amende de plus d’un million d’euros

Les cadeaux étaient proposés par Urgo contre une renonciation du pharmacien à une remise commerciale de la part du laboratoire à l’officine : cette pratique interdite a concerné un grand nombre de pharmaciens et le laboratoire a été condamné en janvier 2023 à une amende de 1,125 million d’euros − dont 625 000 euros avec sursis − par le tribunal correctionnel de Dijon, après une enquête de la répression des fraudes (DGCCRF).

Selon des sources professionnelles consultées par l’AFP, la DGCCRF enquête sur tous les pharmaciens ayant accepté ces cadeaux (montres, magnums de champagne, cocotte en fonte, coffrets week-end,…). Agnès Firmin Le Bodo, jusqu’alors ministre déléguée chargée de l’organisation territoriale et des professions de santé, a été nommée le 20 décembre ministre de la santé par intérim après la démission d’Aurélien Rousseau pour désaccord sur la loi immigration.

La ministre a par ailleurs qualifié de « stérile » la polémique sur l’appel aux dons pour l’acquisition d’un scanner à l’hôpital Pompidou de Paris. « Depuis 2015, l’hôpital Pompidou dispose d’une fondation qui fait appel régulièrement aux dons », a-t-elle rappelé. « C’est un système qui fonctionne bien. Cela permet d’accompagner les investissements forts des hôpitaux parisiens (…) L’Etat ne se désengage pas, c’est bien tout le contraire », a assuré Mme Firmin Le Bodo.

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Le Monde avec AFP

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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