Un mensonge de plus de Macron: il avait juré qu’il ne fermerait plus de lits.

Publié le 21/12/2023

La baisse du nombre de lits d’hospitalisation s’accélère

Paris, le jeudi 21 décembre 2023

https://www.jim.fr/medecin/pratique/recherche/e-docs/la_baisse_du_nombre_de_lits_dhospitalisation_saccelere_200069/document_actu_pro.phtml

– Plus de 6 700 lits d’hospitalisation ont été fermés en France en 2022 selon le dernier bilan de la Drees.

Durant les deux années de la pandémie de Covid-19, le nombre de lits d’hospitalisation et notamment de lits de réanimation disponibles pour accueillir les victimes de l’épidémie était devenu un enjeu de santé publique majeur et même un objet de vives discussions politiques. Le fait que des lits d’hospitalisations aient continué à être fermés durant la première année de la pandémie en 2020 a même pu susciter quelques remous politiques et de lourdes accusations à l’encontre du gouvernement.

Désormais, alors que la crise sanitaire est derrière nous, les débats autour du nombre de lits d’hospitalisation sont largement dépassionnés et n’intéressent guère plus les politiques. Les derniers chiffres publiés ce mercredi par la Drees, le département des statistiques du ministère de la Santé, sur le nombre de lits disponibles en France en dit pourtant long sur l’état de l’hôpital français et sur l’évolution de la prise en charge hospitalière dans notre pays.

39 000 lits d’hospitalisation en moins depuis 2013

Selon le bilan établi par la Drees au 31 décembre 2022, la France compte au total 2 976 établissements hospitaliers, répartis entre 1 338 établissements publics qui concentrent 62 % des lits d’hospitalisation, 658 établissements à but privé non lucratif (14 % des lits) et 980 cliniques privées à but lucratif (24 % des lits). Onze établissements hospitaliers ont fermé leurs portes en 2022, une faible baisse de 0,4 % qui poursuit la tendance des dernières années : on compte 82 établissements publics (- 5,8 %) et 64 établissements privés (- 3,8 %) de moins en France en 2022 par rapport à 2013.

L’année 2022 a également été marquée par une diminution du nombre de lits disponibles, avec la fermeture de 6 713 lits au total, la France comptant désormais 372 290 lits d’hospitalisation. Après avoir atteint 0,9 % par an en moyenne entre 2013 et 2019, la baisse du nombre de lits d’hospitalisation s’est accélérée depuis la crise sanitaire : -1,3 % en 2020, -1,4 % en 2021 et -1,8 % en 2021.

Durant la pandémie, cette accélération s’expliquait par la nécessité de mobiliser du personnel et d’armer des lits pour les services de soins critiques, submergés par le nombre de patients Covid-19, ainsi que par la déprogrammation des soins non urgents et la transformation de chambres doubles en chambre simple, afin de diminuer le risque de contagion. Désormais, la fermeture de lits s’explique essentiellement par le manque de personnel soignant. Au total, ce sont 39 000 lits d’hospitalisation qui ont été fermés depuis 2013, soit une baisse de 9,4 %.

Le nombre de lits de réanimation revient progressivement à la normale

La baisse du nombre de lits d’hospitalisations ne signifie pas forcément une réduction de l’offre de soins hospitalières, mais plutôt un changement dans sa nature. En effet, en parallèle, le nombre de places d’hospitalisation partielle a lui fortement augmenté ces dernières années. Au total, 17 400 places ont été créés depuis 2013 (+ 25,8 %) pour atteindre les 85 000 places en 2022.

Le nombre de places d’hospitalisation partielle a notamment fortement augmenté ces deux dernières années, après un léger ralentissement au début de la crise sanitaire (+ 1,7 % en 2020, 3,4 % en 2021, 3,1 % en 2022). A noter qu’après une croissance exceptionnelle durant la crise sanitaire (+ 10,5 % en 2021, + 6,8 %), le nombre de places d’hospitalisation à domicile (HAD) n’a augmenté que de 1,6 % en 2022, pour atteindre les 23 000 places.

Enfin, la Drees s’intéresse à ce qui a longtemps constitué au cœur de la crise sanitaire le nerf de la guerre, à savoir le nombre de lits en soins critiques (qui comprennent lits de réanimation, de soins intensifs et de surveillance continue). Pour faire face à l’afflux de patients atteints de Covid-19, le nombre de lits de soins critiques a augmenté de 3,6 % en 2020 avant de diminuer de 1,2 % en 2021. En 2022, à la faveur du recul de la pandémie, cette baisse a continué, avec 1,7 % de lits en moins. Avec 19 700 lits de soins critiques, la France compte seulement 0,7 % de lits de soins critiques de plus qu’avant la crise sanitaire.

Les évolutions sont plus impressionnantes si l’on s’intéresse aux seuls lits de réanimation, qui ont concentré toute l’attention durant la crise sanitaire. Après avoir augmenté de 1 % par an entre 2013 et 2019, leur nombre a bondi de 14,5 % en 2020 au cœur de l’épidémie. Depuis, ces lits de réanimation de crise disparaissent progressivement, avec une baisse de 3,8 % du nombre de lits en 2021 et de 4,7 % en 2022.

La France compte désormais 5 700 lits de réanimation répartis dans 336 établissements de santé, soit tout de même 5,1 % de plus qu’avant la pandémie. En mars 2022, au sortir de la crise sanitaire, le gouvernement avait promis de maintenir le nombre de lits de réanimation au-dessus de la barre des 6 000 en 2023. Un objectif qui n’aura donc pas été atteint, la faute sans doute à la difficulté d’attirer des soignants et en particulier des infirmières vers la réanimation.

Quentin Haroche

« Plus de 6700 lits d’hospitalisation complète fermés en 2022 en France »

Date de publication : 20 décembre 2023 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=342b5619d46349fa0c85923e29442885&id_newsletter=19382&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=19382&from=newsletter

Le Monde constate en effet que « la tendance à la baisse se poursuit depuis 20 ans : au 31 décembre 2022, les 2976 hôpitaux publics et privés disposaient très exactement de 374.290 lits d’hospitalisation complète, soit 6713 de moins que l’année précédente (− 1,8%), selon le bilan de la direction statistique des ministères sociaux (Drees) ».
Le journal remarque que « les établissements de santé ont, dans le même temps, créé 2591 places d’hospitalisation partielle, sans nuit passée dans l’établissement (+ 3,1%), pour arriver à un total de 85.015 places. Contrairement à un lit, une « place » de jour peut généralement accueillir plusieurs patients quotidiens ».
Le Monde note que selon la Drees, « ces chiffres, constatés dans le public comme dans le privé, illustrent «une tendance observée depuis plusieurs années», qui «reflète la volonté» des pouvoirs publics de réorganiser l’offre de soins hospitaliers vers plus «d’ambulatoire», mais ces chiffres révèlent aussi les pénuries de personnel, qui «ne permettent pas de maintenir les lits» ».
Le quotidien souligne ainsi que « depuis la fin de 2013, 39.000 lits d’hospitalisation complète ont été supprimés au total (− 9,4% en 9 ans), et 17.400 places d’hospitalisation partielle ont été créées. L’effondrement capacitaire est d’ailleurs quasi constant depuis le début des années 2000 ».
Le Monde observe que « les capacités ont, par ailleurs, diminué «plus rapidement» depuis 2020 qu’avant l’épidémie de Covid-19, note la Drees dans son étude. La crise sanitaire peut «expliquer une baisse accrue», en raison notamment de la réaffectation temporaire de personnel en réanimation, de la déprogrammation de soins ou encore de la transformation de chambres doubles en chambres simples. Pourtant le recul observé en 2022 est le «plus marqué», notent les auteurs ».


Le Parisien titre pour sa part : « Toujours moins de lits à l’hôpital : plus de 6700 fermés en 2022 ».
Le journal cite le ministre de la Santé Aurélien Rousseau, qui indiquait en octobre : « Mon seul combat pour l’hôpital public, c’est la réouverture des lits, même si ce n’est pas une très bonne nouvelle pour l’Ondam (Objectif national des dépenses de l’Assurance maladie) ».
Le quotidien relève que « si les lits ferment, selon lui, «ce n’est pas pour des raisons budgétaires», c’est par «manque d’attractivité» des métiers du soin. Et le gouvernement ne «reste pas les bras ballants», avait-il défendu, évoquant les importants budgets alloués lors du Ségur de la Santé, ou les récentes revalorisations du travail de nuit. Fin novembre, il avait promis de «rouvrir plusieurs milliers de lits d’ici la fin de l’année» ».
Libération constate aussi que « plus de 6700 lits d’hospitalisation complète ont été fermés en 2022, poursuivant la baisse constatée ces vingt dernières années ». Le journal indique entre autres que « l’hospitalisation à domicile (HAD) a elle vu ses capacités croître de 1,6%, après un «bond» de 10,5% en 2020, et 6,8% en 2021 ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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