Loi sur l’immigration: l’histoire retiendra que le responsable de cette déchéance nationale est le président qui fut élu pour faire barrage au RN (ex FN) : Emmanuel Macron.

Ce jour où le macronisme s’est révélé un lepénisme

La nouvelle loi contre l’immigration fait droit au programme xénophobe de l’extrême droite qui, faisant de l’étranger un ennemi public, s’attaque à l’universalité et à l’égalité des droits. L’histoire retiendra que le responsable de cette déchéance nationale est le président qui fut élu pour lui faire barrage : Emmanuel Macron.

Edwy Plenel

19 décembre 2023 à 23h35

https://www.mediapart.fr/journal/politique/191223/ce-jour-ou-le-macronisme-s-est-revele-un-lepenisme#:~:text=Le%202%20mai%201938%2C%20sous,entrée%20et%20de%20séjour%20de

« Rien« Rien, rien ne doit être cédé » : c’est par ces mots que se concluait un discours prononcé le 10 décembre 2023 à l’occasion du soixante-quinzième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. C’était à Paris, là même où elle fut proclamée, en 1948, lors de la première assemblée générale des Nations unies. L’orateur faisait l’éloge de l’universalité des droits et de l’égalité des êtres, sans distinction d’origine, de condition, de croyance, d’apparence ou de naissance, de sexe ou de genre.

« Penser régler nos problèmes contemporains en oubliant ces droits […] serait une faute pas simplement politique mais morale », ajoutait-il avant de lancer à son auditoire cet appel final à ne jamais rien céder aux ennemis de l’égalité naturelle qui nient notre commune humanité : « À chaque fois que nous cédons un centimètre, c’est un centimètre de recul que nous acceptons pour nous-mêmes, ou pour nos enfants, ou pour nos frères et sœurs. » Moins de dix jours plus tard, le même orateur cédait sur toute la ligne.

Emmanuel Macron, puisqu’il s’agit bien de lui, fut élu à deux reprises pour faire barrage à l’extrême droite dont la candidate, Marine Le Pen, est arrivée, en 2017 comme en 2022, au second tour de l’élection présidentielle. Nous savons bien, tant Mediapart le documente quotidiennement, que, depuis bientôt sept ans, la politique qu’il mène n’a tenu aucun compte de la pluralité des suffrages qui se sont portés sur son nom, préférant imposer au pays une marche forcée vers plus d’inégalités et d’injustices, non sans cynisme et amoralisme. Mais une digue n’avait pas encore totalement cédé, celle du rapport au monde et aux autres, à l’étranger et à l’ailleurs. Celle de l’humanisme en somme, où se joue l’essentiel, face à l’extrême droite dans ses diverses expressions partisanes.

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© Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart avec AFP

Depuis l’audace fondatrice de la Révolution française, cette famille intellectuelle et politique est unie par le refus catégorique de ce que proclama à la face du monde la Déclaration de 1789 : l’égalité naturelle, qui fut et reste le moteur de l’invention, de la conquête et de la défense des droits fondamentaux du genre humain. Sous toutes latitudes, l’inégalité naturelle, c’est-à-dire le privilège de naissance, d’origine et d’appartenance, est donc le crédo, radicalement antidémocratique, des extrêmes droites avec, pour conséquence concrète, la hiérarchie des humanités, des identités, des cultures, des civilisations, des croyances, des apparences.

Or, depuis la catastrophe européenne au mitan du XXsiècle, avec ses crimes contre l’humanité et le génocide des juifs, nous savons combien ces idéologies sont potentiellement criminelles, ouvrant la voie à une chasse infinie à l’altérité, aux minorités et aux diversités qui l’incarnent. Renvoyée, par la défaite du nazisme et de ses alliés, aux marges du débat public et de l’existence politique, l’extrême droite s’est efforcée depuis d’en sortir en faisant de la question migratoire son cheval de Troie. C’est depuis toujours sa rengaine obsessionnelle, en France dès la création en 1972 du Front national, devenu le Rassemblement national, prolongée en 1973 par le « Halte à l’immigration sauvage » d’un meeting parisien d’Ordre nouveau.

Au-delà de la xénophobie et du racisme que diffuse cette obsession anti-migratoire, son objectif politique est d’ouvrir une brèche dans l’égalité universelle des droits et, partant, dans notre culture démocratique, ses valeurs, ses principes, ses références. Plus de vingt lois sur l’immigration depuis 1980 n’ont résolu aucune des urgences auxquelles fait face la France, qu’elles soient sociales ou écologiques, éthiques ou géopolitiques. Mais elles ont réussi à installer au cœur du débat public les mots et les idées sur lesquels prospère l’extrême droite. 

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À savoir que les droits humains ne valent pas pour toutes et tous, qu’il est légitime de faire le tri entre ayant droits et sans droits, qu’il est normal d’instaurer une préférence nationale, qu’il faut nous barricader face au monde qui nous entoure, que l’immigration est une menace voire un danger, et, au bout du compte, que la partie de notre peuple qui en est issue est elle-même un péril pour la France, son identité ou son éternité – ce que résume l’idéologie meurtrière dite du « grand remplacement » qui est un appel à effacer, exclure, discriminer ou expulser, des êtres humains qui témoignent de la diversité dont est faite la France.

En choisissant, sous le mode de la diversion politicienne, cet agenda xénophobe au lendemain de son coup de forceface au rejet – parlementaire, syndical, populaire – de sa réforme des retraites et en donnant carte blanche à son ministre de l’intérieur, dont les repères idéologiques viennent de l’extrême droite, Emmanuel Macron a donné la main au Rassemblement national. Au bord du gouffre, il aurait pu s’arrêter, soit en retirant ce projet de loi après son rejet à l’Assemblée nationale, soit en actant une évidente crise politique par une dissolution suivie d’un retour aux urnes législatives. Abusant du pouvoir présidentiel, il a choisi d’y plonger, s’entêtant jusqu’à humilier son propre camp en ignorant les « lignes rouges » fixées par ses parlementaires.

Le résultat est là : dans une motion de synthèse entre l’extrême droite et une droite LR, radicalisée au point d’être déjà prête à gouverner avec la première, la loi « pour contrôler l’immigration » fait droit à toutes les exigences du Rassemblement national, qui ne se prive pas de s’en féliciter : préférence nationale, déchéance de nationalité, remise en cause du droit du sol, quotas limitatifs d’immigration, multiplication des entraves au droit au séjour, restriction du droit d’asile, précarisation des étrangers, délit de séjour irrégulier, facilitation des expulsions, fragilisation des droits fondamentaux, à la santé, à l’hébergement, à la protection de l’enfance, multiplication des obstacles à l’accueil des étudiants, etc. (lire notre décryptage des dispositions de la loi et celui de la Cimade).

Ce qu’il y a de grave dans ce décret, c’est qu’il admet comme postulat que l’étranger est l’ennemi public.

Maurice Violette, Les Cahiers des droits de l’homme, janvier 1939

Depuis la théorisation de la dialectique par l’Allemand Georg Hegel (1770-1831), les philosophes débattent de ce moment de bascule où l’infini mouvement des choses et des êtres transforme une quantité accumulée en une qualité nouvelle. Ce que notre langage courant traduit par « saut qualitatif ». Nous y sommes. Il y eut bien des renoncements, bien des compromissions, bien des lâchetés avant celle-ci. Mais, cette fois, nous vivons un point de non-retour : le programme xénophobe de l’extrême droite est devenu la loi de la République. Soudain, le précipité des défaites précédentes crée une cristallisation inédite, dont des êtres humains vivront les conséquences, des femmes, des enfants, des hommes, désormais livrés sans trop d’entraves ni guère de recours à l’arbitraire étatique de la police administrative.

Ce moment, le nôtre, en évoque irrésistiblement un autre, funeste. Le 2 mai 1938, sous le gouvernement d’Édouard Daladier, dont le nom est indissociable des accords de Munich de capitulation face à l’Allemagne nazie signés en septembre de la même année, la République française promulguait un décret-loi sur les étrangers qui durcit drastiquement les conditions d’entrée et de séjour de ceux-ci en France. Il institua une culture et une pratique étatiques qui légitimèrent, sous l’occupation nazie, la compromission administrative française avec l’occupant. Or le 1er janvier 1939, dans Les Cahiers des droits de l’homme, un homme politique qui avait été ministre du Front populaire et qui n’était en rien extrémiste résuma en ces termes ce qui advenait : « Une vague de racisme en France. »

Il s’appelait Maurice Violette, et il suffit d’écouter ce que libère dans les médias d’aujourd’hui la perdition macroniste pour entendre l’écho de son alarme. « Pour la première fois, écrivait-il, une vague de xénophobie traverse notre pays. Il se flattait jusqu’alors d’être terre d’asile ; aujourd’hui, il semble faire au racisme des concessions inquiétantes. […] De toute cette législation nouvelle, un grand principe se dégage : l’étranger n’a plus aucun droit en France ; il est livré de la façon la plus totale à l’arbitraire de la police. » « Ce qu’il y a de grave dans ce décret, concluait-il, c’est qu’il admet comme postulat que l’étranger est l’ennemi public. »

Cette loi ne passera pas par nous, nous ne la respecterons pas car elle ne respecte pas notre humanité commune.

Contrairement aux billevesées dont se berce ce qui reste du camp présidentiel, cette loi ne fera pas reculer l’extrême droite mais, tout au contraire, va la légitimer plus que jamais. Contrairement à ce que serinent les médias qui accompagnent cette perdition, cette loi n’est aucunement ce que souhaitent « les Français », invention sondagière que contredit fermement l’unanimité des forces vives du pays, de ses associations, de ses soignants, de ses syndicats, de ses universités, de ses Églises, de sa défenseure des droits, contre une loi qui tourne le dos au souci du monde et des autres.

Dès lors, au-delà des ripostes qu’inventeront élus, partis et mouvements, il ne nous reste, à nous toutes et tous qui résidons, vivons et travaillons dans ce pays, qu’une solution : faire front, tenir tête et tenir bon. Ce qui signifie, comme l’ont déjà proposé des médecins, désobéir.

Cette loi ne passera pas par nous, nous ne la respecterons pas car elle ne respecte pas notre humanité commune.

Edwy Plenel

Communiqué de PEPS : La première Loi Le Pen de la préférence nationale a été votée

https://confpeps.org/communique-de-peps-la-premiere-loi-le-pen-de-la-preference-nationale-a-ete-votee/?fbclid=IwAR0_ehof_5l89_7_LZUISex65AGiXNB-VdG4we3Ql1LT6d3LN4q-lwENSHc

Le 19 décembre 2023 restera dans l’histoire comme la journée de la honte, celle de la préférence nationale. L’inégalité des droits entre les êtres humains sur un même territoire est inscrite dans la loi.

Ainsi, toutes les demandes racistes des Républicains ont été entérinées par les Macronistes : APL, AME, prestations sociales, droit du sol, hébergement des mineurs, centres de rétention, droit d’asile, OQTF, caution pour les étudiants étrangers, regroupement familial, déchéance de nationalité … Toutes les prétendues « lignes rouges » de la Loi Darmanin ont sauté.

Une union des droites RN, Républicains, Macronistes s’est constituée sur la base de la haine des étrangers et de la xénophobie pour faire des immigrés, et de leurs enfants devenus français, les boucs émissaires d’une crise sociale dont le Pouvoir est responsable. En effet, depuis 2017, Le gouvernement Macron mène une guerre anti pauvres qui jette un nombre croissant de la population dans la précarité. Cette crise s’est aggravée avec la loi Kasbarian anti-squatters, votée en décembre dernier, la conditionnalité du RSA et la contre réforme sur les retraites. Aujourd’hui, elle débouche sur une loi scélérate, votée grâce au soutien du Rassemblement national, qui voit ses thèses infâmes toutes validées.

Les mouvements migratoires, accélérés par la catastrophe climatique engendrée par le capitalisme, sont inéluctables. Alors que l’urgence est de préserver l’habitabilité de la planète et de réfléchir ensemble à l’accueil de nos frères et sœurs humains contraints à l’exil, l’Europe se transforme en forteresse assiégée et la France décide de prendre des mesures plus graves que celles prises par le gouvernement Meloni en Italie. En plus d’être xénophobes et barbares, ces mesures sont inutiles : rien ne peut empêcher un homme ou une femme de braver tous les dangers dans l espoir d’une vie meilleure.

Au prétexte de sécurité et de préférence nationale, le gouvernement attaque le socle de l’État de droit. Jamais dans l’histoire des lois de l’immigration, hormis sous le régime de Vichy, un gouvernement n’a été aussi loin. La Macronie est devenue le marche-pieds de l’extrême droite. Macron est devenu le petit Hindenburg de Marine Le Pen. Or, comme Le Pen père l’avait dit lui-même il y a déjà des décennies, l’électeur préfère toujours l’original à la copie. Le RN et Reconquête ont remporté une grande victoire idéologique. La préférence nationale est maintenant inscrite dans la loi. Comme l’a indiqué le député LFI-PEPS , Andy Kerbrat face au ministre Gérald Darmanin, « Où est passé le barrage [républicain] quand le parti du président de la République s’apprête à voter une loi écrite par Le Pen, copiée par Ciotti ? »

C’est ici et maintenant que nous devons nous préparer à la résistance contre les néo fascistes. Organisons-nous, créons des comités de défense et de solidarité populaire. Ensemble, dans la rue, au parlement, sur nos lieux de vie et de travail, au sein de nos organisations, collectifs, syndicats, nous répétons :

Régularisation de toutes et tous les sans- papiersSolidarité antiraciste, Pouvoir Populaire !

PEPS, le 20 décembre 2023

https://youtu.be/sVnv3DkDfRc

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Loi immigration : à l’Assemblée, un gouvernement en crise tente de sauver la face

Les satisfecit de Gérald Darmanin et Elisabeth Borne affirmant, contre l’évidence, que le gouvernement «n’a pas eu besoin des voix» de l’extrême droite pour faire adopter son texte masquent la fracture ouverte au sein de la majorité dont 27 députés ont voté contre et 32 se sont abstenus. Selon «le Figaro», le ministre de la Santé Aurélien Rousseau a présenté sa démission.

Marine Le Pen et Sébastien Chenu pendant les débats sur le projet de loi immigration, le 19 décembre à l’Assemblée nationale. (Albert Facelly/Libération)

par Victor Boiteau

publié aujourd’hui à 1h06 https://www.liberation.fr/politique/loi-immigration-a-lassemblee-un-gouvernement-en-crise-tente-de-sauver-la-face-20231220_ZGD4GQR3GNBINJXLPFJSXNQHJQ/?at_creation=NL_Alerte_Libe_2023-12-20&at_campaign=NL_Alerte_Libe&at_email_type=acquisition&at_medium=email&actId=ebwp0YMB8s1_OGEGSsDRkNUcvuQDVN7a57ET3fWtrS850FLAOrgmCEQYUJl4D5eQ&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=531458#:~:text=«Le%20texte%20immigration%20est%20voté,les%20voix%20des%20députés%20RN.»

De l’arithmétique pour se sauver la face. Après des mois de tractations politiques, de coups de théâtre parlementaires et une dernière ligne droite incertaine, le projet de loi immigration a été adopté mardi soir par les députés, avec 349 voix pour et 186 contre. «Le texte immigration est voté définitivement, s’est félicité illico le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, sur X (ex-Twitter). Un long combat pour mieux intégrer les étrangers et expulser ceux qui commettent des actes de délinquance. Un texte fort et ferme. Sans les voix des députés RN.» Dans l’hémicycle, les 88 députés du Rassemblement national ont pourtant voté pour le texte. Une abstention des troupes lepénistes n’aurait, certes, pas empêché son adoption. En revanche, des votes «contre» – ce qu’envisageait encore lundi le patron du parti, Jordan Bardella – aurait abouti à… un rejet du texte. Les voix du RN n’étaient donc pas de trop. D’autant plus qu’il a manqué un paquet de voix dans le camp de la majorité : 27 députés ont voté contre (20 Renaissance, 5 Modem et 2 Horizons) et 32 abstentions (17 Renaissance et 15 Modem). Un bon paquet de «frondeurs», dont le président de la commission des lois, Sacha Houlié qui a pourtant… réécrit le texte dans le sens voulu par la droite et l’Elysée pour obtenir un accord en commission mixte paritaire.

La Première ministre Elisabeth Borne a salué, elle, «un texte efficace et conforme aux valeurs républicaines» et assuré – contre toute évidence – que «la manœuvre du RN a échoué». Epilogue d’une journée où le «barrage à l’extrême droite» promis par Emmanuel Macron le soir de sa réélection en 2022 aura explosé en quelques heures.

Le Modem coupé en deux

Les pirouettes et éléments de langage de l’exécutif ne cachent pas la profonde fracture de la coalition présidentielle, après le coup de pouce tactique du parti d’extrême droite qui a permis, en refusant de s’y opposer, l’adoption de la loi. Selon le Figaro, le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, ex-directeur de cabinet d’Elisabeth Borne et en poste depuis moins de six mois aurait remis sa démission à la Première ministre. D’autres de ses collègues avaient également mis, selon l’AFP, leur démission dans la balance : Sylvie Retailleau (Enseignement supérieur) et Patrice Vergriete (Logement). Clément Beaune (Transports) a confié à Libération «douter» de la suite. «On ne sort jamais d’une négociation totalement satisfait», n’a pu que concéder, à la tribune, le patron du groupe, Sylvain Maillard, dénonçant toutefois le «cynisme» du RN. «C’est un dilemme cornélien, tiquait avant le vote un député Renaissance. On file des victoires symboliques à la droite. Ce n’est pas le texte idéal…»

Au Modem, où la liberté de vote avait été accordée, l’éclatement est plus fort encore. Le président du groupe, Jean-Paul Mattei, comme la corapporteure du texte, Elodie Jacquier-Laforge, se sont abstenus. «Ce texte n’est pas parfait», a convenu Mattei, appelant, en vain, le camp présidentiel à «ne pas accepter une majorité qui ne respecterait pas nos valeurs». En revanche, cette fois, contrairement au texte contenant la réforme des retraites, le groupe Les Républicains (LR) est resté uni : 62 votes «pour». «Ce texte marque un véritable tournant», s’est félicité leur président, Olivier Marleix, satisfait d’avoir, au cours des derniers jours de pourparlers avec la Première ministre, imposé ses idées radicales en contrepartie d’un soutien au texte. «On n’a pas intérêt à ce que ça passe avec les voix du RN», glissait de son côté un député LR avant le vote, inquiet de voir la «digue» séparant la droite du RN se fissurer un peu plus.

«Un petit pas» pour Le Pen

Socialistes, écologistes, communistes et insoumis ont dénoncé, eux, une loi de «la honte». «Vous avez offert à l’extrême droite une victoire idéologique majeure. Vous avez cédé sur tout», a pilonné à la tribune le député Génération. s apparenté écologiste, Benjamin Lucas. Déchéance de nationalité, droit du sol restreint, promesse d’une réforme de l’AME, mesures de durcissement pour les étudiants étrangers ou accès différencié aux prestations sociales… La liste est longue des mesures concédées à la droite et l’extrême droit pour décrocher leurs voix. «Le texte voté ce soir est un petit pas. Il est loin de la révision constitutionnelle nécessaire à la maîtrise réelle de l’immigration que nous appelons de nos vœux mais acte une incontestable victoire idéologique du RN», a déclaré Marine Le Pen sur les réseaux après le vote.

«C’est l’histoire d’un Président qui s’est fait élire contre l’extrême droite et qui nous propose de voter son programme», a lâché à la tribune la députée communiste Elsa Faucillon, résumant l’état d’esprit d’une bonne partie des parlementaires de gauche. «Certains articles reprennent les mêmes formules, défendues depuis des décennies par le RN», a fustigé l’élue des Hauts-de-Seine, ajoutant : «La contrefaçon raciste n’est jamais préférée à l’originale.» Avant le vote du texte issu de l’accord trouvé en compromis, la motion de rejet préalable défendue par le groupe LFI n’avait pas été adoptée. La présidente du groupe, Mathilde Panot, a étrillé un texte «directement inspiré du programme de Jean-Marie Le Pen». «Certains votes font figure de point de bascule», a-t-elle répété, estimant que «ce qui est en jeu, c’est la République et c’est la France». «Vous votez pour une loi de préférence nationale !», a également tonné Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste, sous les applaudissements nourris du RN. Signe que l’arithmétique ne sauve pas tout.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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