« « C’est un budget, mais la médecin a pris le temps » : ce que change le déconventionnement »
Date de publication : 18 décembre 2023Marie Combes remarque dans Le Parisien que « plusieurs milliers de généralistes veulent s’affranchir de la convention médicale qui les lie à l’Assurance maladie. Pour les patients de ceux qui franchiront le Rubicon, c’est un coût supplémentaire non négligeable. Mais il n’y a pas que des inconvénients ».
La journaliste note ainsi : « Combien sont-ils réellement, ces médecins conventionnés prêts à basculer dans le fameux « secteur 3 », synonyme de liberté tarifaire et de simplification administrative ? 3000 pour le moment, selon Jérôme Marty, médecin généraliste et président de l’Union française pour une médecine libre-Syndicat ».
« Moins que ça, prédit l’Assurance maladie, prise dans un bras de fer depuis de longs mois avec les médecins qui réclament, notamment, une hausse franche du prix de la consultation. Et utilisent volontiers la menace d’un grand déconventionnement comme levier dans la négociation », continue Marie Combes.
Elle cite des patientes, dont Magalie, mère de trois filles : « Elle a entendu les arguments de son médecin lorsqu’elle lui a expliqué qu’il abandonnait le secteur 1 : «Quantité de soins privilégiée au détriment de la qualité, sentiment d’un manque de reconnaissance, approche très consumériste de certains patients.» Magalie «n’est pas d’accord à 100%» avec tout ce que sa docteure revendique, «mais je trouve que son raisonnement est bon. Je préfère donc rester avec elle, même déconventionnée. On sait ce qu’on perd, mais on ne sait pas ce qu’on gagne en changeant de médecin» ».
La journaliste observe que « pour les médecins et les patients qui restent, le principal gain du secteur 3 est le temps ».
La Dr Alexia Michelin, « médecin généraliste qui a décidé de sauter le pas », souligne ainsi : « Je ne gagne pas plus, mais le temps avec mes patients est multiplié par deux. De plus, je peux leur donner rapidement un rendez-vous quand ils ont des urgences. À l’heure actuelle, mes confrères ne peuvent pas donner de rendez-vous avant 15 jours ».
Marie Combes remarque cependant que « derrière les négociations actuelles se niche donc la menace, bien réelle, d’une médecine à deux vitesses, forcément amplificatrice d’inégalités, et aux antipodes de la promesse de soins accessibles à tous, pilier de la Sécurité sociale en France ».
« Mais médecins et patients engagés dans cette voie l’assument. Axelle, qui a été prise en consultation en secteur 3 après plusieurs semaines de maladie sans réponse de son médecin traitant, conventionné, n’en reviendra pas », poursuit la journaliste.
La patiente remarque : « C’est un budget, mais elle a pris le temps de m’expliquer ce que j’avais. Elle ne m’a pas traitée comme un numéro dans un service après-vente, et hop… comme une cafetière dont on change les pièces avant de passer à la suivante ».
« C’est un budget, mais la médecin a pris le temps » : ce que change le déconventionnement
Plusieurs milliers de généralistes veulent s’affranchir de la convention médicale qui les lie à l’Assurance maladie. Pour les patients de ceux qui franchiront le Rubicon, c’est un coût supplémentaire non négligeable. Mais il n’y a pas que des inconvénients.Par Marie Combes

Combien sont-ils réellement, ces médecins conventionnés prêts à basculer dans le fameux « secteur 3 », synonyme de liberté tarifaire et de simplification administrative ? 3 000 pour le moment, selon Jérôme Marty, médecin généraliste et président de l’Union française pour une médecine libre-Syndicat. Moins que ça, prédit l’Assurance maladie, prise dans un bras de fer depuis de longs mois avec les médecins qui réclament, notamment, une hausse franche du prix de la consultation. Et utilisent volontiers la menace d’un grand déconventionnement comme levier dans la négociation.
Mais qu’est-ce que ça signifie concrètement pour un patient de voir son médecin traitant mettre un coup de canif dans ce pacte qui le lie à l’Assurance maladie ? C’est une décision lourde de conséquences du point de vue financier, mais qui n’a pas que des désavantages. (Suite abonnés…)
« Ça pique… » Quand la visite chez le médecin généraliste passe à 55 €
À Guérande, leur médecin traitant est parti à la retraite. Celui qui s’est installé à la place n’est pas conventionné, faisant écho au malaise des praticiens. Chez les patients, ça grogne.
Ouest-FranceMatthieu MARIN.Publié le 15/12/2023 à 08h01 LIRE PLUS TARD
https://www.ouest-france.fr/sante/ca-pique-quand-la-visite-chez-le-generaliste-passe-a-55-euros-6315a040-9747-11ee-b5ab-4c9dbbc4ce19#:~:text=«%20Ça%20pique…-,»%20Quand%20la%20visite%20chez%20le%20médecin%20généraliste%20passe%20à%2055,Chez%20les%20patients%2C%20ça%20grogne.
« Le soin est un droit pour tous. On a le sentiment d’être pris en otage. » Cette patiente souhaite garder l’anonymat. Elle a fait part de sa colère par mail à l’Assurance maladie et au conseil départemental de l’ordre des médecins. « Ce courrier m’a valu des échanges tendus ensuite », raconte-t-elle.
Le problème ? À Guérande, Yves Le Brizaut, qui exerçait avec d’autres, avenue Pierre-de-la-Bouexière, a pris sa retraite. Depuis, Damien Velly s’est installé au sein du cabinet où une place était vacante. Les patients le connaissaient, puisqu’il effectuait régulièrement des remplacements de plusieurs praticiens.
À son compte, il a choisi de ne pas signer de convention avec l’Assurance maladie. En 2021, ils étaient, comme lui, environ 570 généralistes non conventionnés en France, en secteur 3, soit moins de 1 % des médecins. En Loire-Atlantique, leur nombre…
Il vous reste 80% de cet article à lire.
La médecin se déconventionne, les patients voient leurs remboursements fondre
MÉDECINS SUIVRE CE SUJET

Une médecin généraliste de la Manche a décidé de se déconventionner, avec pour résultat un renchérissement important des tarifs de consultation pour ses patients.

Par Noah Sdiri
Publié le 13/05/2023 à 10h26
Alors que de nombreux praticiens menacent de se déconventionner suite à l’échec des négociations sur la revalorisation des tarifs des consultations, une médecin a décidé de sauter le pas. Cette généraliste de la Manche s’est déconventionnée, avec à la clé, une absence quasi totale de remboursement de la Sécurité sociale pour ses patients, relate Ouest-France le 12 mai.
“La docteure nous a fait part de son choix d’exercer son activité libérale hors convention avec l’Assurance maladie. Sa décision emportera des conséquences sur vos remboursements de soins”, indique Philippe Decaen, directeur de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de la Manche, dans un courrier qu’il a transmis à la patientèle de la médecin qui compte environ 350 personnes
Un rapport de force en faveur de la praticienne
Une séance conventionnée secteur 1 est fixée à 25 euros, presque totalement remboursés. Une séance en secteur 2 est remboursée à hauteur de 23 euros. Les médecins déconventionnés du secteur 3 fixent leurs tarifs. Présente sur le site Doctolib, la médecin demande dorénavant la somme de 35 euros par consultation. Selon le règlement en vigueur pour le secteur 3, les soins sont remboursés sur la base de 0,61 euro pour une consultation et 16 % des honoraires conventionnels des actes techniques.
Surcharge de travail, intérêt financier, la médecin en question n’a pas communiqué sur sa décision de se déconventionner. Néanmoins, malgré des tarifs plus élevés, la praticienne n’a pas à redouter une fuite de ses patients. En effet, selon les chiffres de la CPAM, 316 médecins généralistes libéraux ont été recensés en 2022 dans la Manche. “Nous étions 100 de plus il y a dix ans. La population augmente et vieillit. Près de 45 000 personnes n’ont pas de médecin traitant dans la Manche”, s’alarme Frédéric Paing, médecin généraliste à Saint-Lô interrogé par Ouest-France.
Voir aussi: