Jeu de ping pong entre les mutuelles et l’assurance maladie, en attendant ce sont les Français qui vont régler la note

Publié le 05/12/2023

Hausse du tarif des mutuelles : chacun se renvoie la faute… 

Paris, le mardi 5 décembre 2023

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/hausse_du_tarif_des_mutuelles_chacun_se_renvoie_la_faute__199864/document_actu_pro.phtml

– Une nouvelle fois, les mutuelles prévoient une hausse de leur tarif  en 2024 de l’ordre de 8 à 10 %.

Aurélien Rousseau voit rouge : plusieurs mutuelles ont annoncé envisager des hausses de leurs cotisations allant jusqu’à 10 %. « Ce n’est pas tenable », a affirmé le ministre de la Santé, qui accepterait plutôt des augmentations de l’ordre de 4 à 6 %. « Il ne faut pas que ça fasse perdre du pouvoir d’achat » aux Français, a-t-il ajouté.

Les transferts de charge de la Sécu dans le viseur des mutuelles

Du côté des mutuelles, on assure que la situation les préoccupe tout autant et qu’elles ne sont en aucun cas responsables de ces augmentations… En cause, selon elles, les hausses des remboursements aux assurés et les transferts de charge de la Sécurité sociale. « En 2022, on a terminé entre +5 et +6 % », précise un responsable du groupe Malakoff Humanis, Thomas Colin, à propos des augmentations des remboursements. « 2023 s’annonce pire, avec quasiment + 7 %. En tout, nous anticipons quasiment 20 % de dépenses en plus sur trois ans jusqu’en 2024 ».

Du côté des transferts de charge, les mutuelles dénoncent notamment la réforme du 100 % santé, qui a reporté une partie des coûts vers eux avec la prise en charge des dépenses en matière d’optique, de soins dentaires et d’audiologie. En outre, l’Assurance-maladie ne rembourse désormais plus que 60 % des soins dentaires, contre 70 % auparavant — le reste étant donc pris en charge par les complémentaires santé.

La Mutualité française, qui représente les acteurs du secteur, en appelle à une « réforme structurelle de grande ampleur ». « Le système de protection sociale est confronté à l’augmentation tendancielle des dépenses liées au vieillissement, au développement des maladies chroniques et au progrès médical », a souligné cette organisation dans une déclaration publiée fin septembre dernier.

L’Assurance-maladie renvoie la balle aux complémentaires

Néanmoins, ces arguments avancés par les mutuelles peinent à convaincre du côté de l’Assurance-maladie. Thomas Fâtome, directeur général de la Caisse nationale d’assurance-maladie, a indiqué que les augmentations annoncées allant jusqu’à 10 % lui semblaient « très déraisonnables ». Surtout, selon lui, les mutuelles doivent aussi prendre en compte les éléments qui réduisent leurs charges.

« Il existe bien des phénomènes conduisant à des augmentations de dépenses de santé, il y a un contexte d’inflationMais pourquoi ne regarder qu’une partie du sujet et ne pas tenir compte des “plus” comme des “moins” dans les dépenses : pourquoi ne pas intégrer les paramètres qui engendrent moins de dépenses pour les organismes complémentaires ? », a-t-il questionné interrogé par nos confrères du Monde.

En effet, l’Assurance-maladie prend de plus en plus en charge les médicaments innovants, et elle rembourse intégralement les affections longue durée (ALD). Avec 300 000 à 400 000 nouvelles personnes relevant du dispositif ALD chaque année, cela représente une baisse constante des dépenses du côté des complémentaires, qui n’ont plus à débourser un seul euro pour les pathologies couvertes. L’Assurance-maladie cite, enfin, la baisse de certains séjours hospitaliers et la progression de la chirurgie ambulatoire.

Autant d’éléments qui représentent « plusieurs centaines de millions d’euros de moindre prise en charge », selon Thomas Fâtome. Enfin, les complémentaires santé ont des frais de gestion bien plus élevés que la Sécu — de l’ordre de plusieurs milliards d’euros ! —, ce qui n’aide pas vraiment à faire des économies…

Raphaël Lichten

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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