Et encore un ministre de la santé contre la régulation de l’installation des médecins !

Déserts médicaux : contre la coercition Aurélien Rousseau défend des « solutions de terrain »

Paris, le vendredi 24 novembre 2023

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/deserts_medicaux_contre_la_coercition_aurelien_rousseau_defend_des_solutions_de_terrain__199740/document_actu_pro.phtml

– Alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour demander l’encadrement de la liberté d’installation des médecins, Aurélien Rousseau défend lui des solutions de terrain.

« Qu’on nous accuse d’inaction m’énerve ». Le ministre de la Santé Aurélien Rousseau a assez peu gouté la dernière action menée par UFC-Que-Choisir pour alerter la population sur la problématique de la désertification médicale et il ne s’en cache pas. Ce mardi, l’association de défense des consommateurs a en effet déposé un recours devant le Conseil d’Etat pour « constater et sanctionner la coupable inaction gouvernementale » sur les difficultés d’accès aux soins et contraindre l’exécutif à prendre les mesures qui s’imposent à savoir, selon l’association, limiter la liberté d’installation des médecins.

Aurélien Rousseau défend la liberté d’installation

Dans un long entretien publié ce jeudi par nos confrères de Libération, le ministre, au milieu de questions portant sur l’épidémie de bronchiolite ou les pénuries de médicaments, ne mâche pas ses mots pour dénoncer l’attitude de l’association. « Laisser planer cette idée que, pour les politiques, la vie des gens serait un décor dans lequel on se balade, est insupportable, je ne suis pas déconnecté » s’emporte l’ancien chef de cabinet d’Elisabeth Borne.

« Il n’y a aucune inaction, mais on n’est effectivement pas d’accord pour contraindre un médecin, généraliste ou spécialiste, à s’installer quelque part. Parce que l’on est convaincu que le remède serait pire que le mal : si on les obligeait à aller où ils ne veulent pas aller, beaucoup de médecins préféreraient changer de métier » argumente le ministre.

Ces dernières années, le gouvernement s’est en effet systématiquement opposé à tous les amendements interdisant aux médecins de s’installer dans les zones sur-dotés en praticiens déposés dans le cadre d’un projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) ou d’une loi sur la santé. Si l’exécutif se refuse donc à adopter cette solution extrême aux problèmes de la désertification médicale, les solutions qu’il avance comme alternative semblent manquer d’ambition.

Le gouvernement ne propose pour le moment gère plus que d’inciter les professionnels de santé à se regrouper, dans des maisons de santé pluriprofessionnels (MSP) ou des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Si ces mesures sont décriées comme insuffisantes par la plupart des observateurs, Aurélien Rousseau défend lui l’idée que c’est du terrain et des médecins eux-mêmes que viendront les solutions aux difficultés d’accès aux soins.

Un ministre (trop) optimiste

La réalité du terrain, Aurélien Rousseau a pu la découvrir ce mercredi, lorsqu’il s’est rendu au congrès annuel de l’association des maires de France (AMF) à Paris. Le ministre était convié à une table ronde dont l’intitulé constituait presque une mise en accusation du gouvernement : « l’organisation locale au secours de la défaillance nationale ».

Des édiles venus de toute la France, Antilles compris, ont pu alors témoigner auprès du ministre de leurs difficultés à attirer des médecins dans leurs régions parfois reculées et ce malgré la mise en place d’organisations collectives comme les MSP ou les CPTS. « Nous nous posons la question de la régulation à l’installation pour mailler le territoire d’une autre manière » n’a pas hésité à lancer au ministre la maire de Mitry-Mory, commune de Seine-et-Marne de 20 000 habitants.

Ces commentaires, sous forme d’accusations, n’ont pas suffit à faire perdre son volontarisme et sa détermination au ministre de la Santé. « J’entends, ici, que tout ne va pas bien et que la réalité de la vie des gens n’est pas un décor. Nous devons donc inventer, collectivement. Dire que tout va fonctionner du premier coup serait faux. Mais ce qui est certain est que ça bouge beaucoup ! Il n’y a pas de place pour la fatalité » a-t-il expliqué, tentant de faire partager son optimisme aux maires.

Prenant notamment l’exemple d’une CPTS située à Bergerac qu’il a visité il y a peu et où il a constaté la « niaque des médecins », le ministre a répété sans relâche que c’était avant tout aux acteurs locaux de développer des solutions de terrain, charge à l’Etat ensuite de les accompagner. « Dès que des professionnels de santé ont un projet sur un territoire, on doit se démerder pour les suivre ! » a-t-il lancé, défendant l’idée qu’une véritable révolution culturelle devait être mené dans ce domaine.

Quoi qu’on pense des positions adoptées par Aurélien Rousseau, difficile de ne pas louer son optimisme…même si certains n’hésiteront pas à y voir une forme d’aveuglement.

Quentin Haroche


POLITIQUE
GOUVERNEMENT

Déserts médicaux : Aurélien Rousseau "énervé" après l'action en justice contre l'État de l'UFC-Que Choisir
Le ministre de la santé Aurélien Rousseau a fustigé le recours au Conseil d’État de l’UFC-Que choisir, qui dénonce « l’inaction » du gouvernement face aux déserts médicaux.
Xose Bouzas / HANS LUCAS

Déserts médicaux : Aurélien Rousseau « énervé » après l’action en justice contre l’État de l’UFC-Que Choisir

Pas content

Par Marianne

Publié le 24/11/2023 à 9:54

https://www.marianne.net/politique/gouvernement/deserts-medicaux-aurelien-rousseau-enerve-apres-l-action-en-justice-contre-l-etat-de-l-ufc-que-choisir?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20231124&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiOGFhNDgzMzIwMWE0MDhlOGE1ZDc3NmFjMGI4NDRiYmMifQ%3D%3D

Déserts médicaux : Aurélien Rousseau « énervé » après l’action en justice contre l’État de l’UFC-Que Choisir

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Le ministre de la Santé s’est dit « énervé » jeudi 23 novembre, dans « Libération », après l’action en justice de l’UFC-Que Choisir. Mardi, l’association a déposé un recours au Conseil d’État contre un gouvernement qu’elle accuse « d’inaction » face aux déserts médicaux. Des critiques « insupportables », pour Aurélien Rousseau.

Le ministre de la Santé est visiblement remonté contre l’UFC-Que choisir. « Qu’on accuse le gouvernement d’inaction dans l’accès aux soins m’énerve », a déclaré Aurélien Rousseau, dans un entretien accordé au quotidien Libération jeudi 23 novembre au soir. En cause, le dépôt par l’association mardi d’un recours devant le Conseil d’État pour dénoncer « l’inaction » du gouvernement face aux inégalités croissantes d’accès aux soins, dont les généralistes, gynécologues, ophtalmologues et pédiatres. L’UFC réclame en particulier des mesures de régulation de l’installation des médecins.

A LIRE AUSSI : Déserts médicaux : pourquoi l’UFC-Que Choisir attaque l’État en justice

« Laisser planer cette idée que, pour les politiques, la vie des gens serait un décor dans lequel on se balade, est insupportable. Je ne suis pas déconnecté », s’est défendu le ministre de la Santé dans cet entretien. « Sur les ophtalmos, c’est vrai qu’il y a des difficultés », a-t-il tout de même reconnu. Avant d’arguer : « C’est justement pour cela qu’on les a poussés à accepter de partager certaines tâches avec les orthoptistes ! On a aussi bougé sur les soins dentaires. » Entre 2021 et 2023, 44,4 % de la population « a vu l’accessibilité aux généralistes se dégrader », déplore pourtant l’UFC-Que choisir dans une étude publiée cette semaine.

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« PAS D’ACCORD POUR CONTRAINDRE UN MÉDECIN »

Dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, « on généralise la présence possible d’une régulation dentaire dans les services d’accès aux soins. Il n’y a aucune inaction », a également ajouté Aurélien Rousseau. Mais le gouvernement n’est « effectivement pas d’accord pour contraindre un médecin… à s’installer quelque part. Parce que l’on est convaincu que le remède serait pire que le mal », que les médecins risqueraient alors de « changer de métier », a-t-il poursuivi, alors que 22 millions de Français vivent dans un désert médical, selon une enquête de Marianne.

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Interrogé sur les épidémies de l’hiver, le ministre s’est par ailleurs réjoui du « succès » de la vaccination contre le Covid-19 : « On compte un million de vaccinations supplémentaires par rapport à l’an passé, avec un total de 3,8 millions de doses injectées, à 75 % à destination des personnes fragiles », a-t-il précisé.

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Concernant la lutte contre la bronchiolite – 30 000 enfants doivent être hospitalisés chaque année –, il a indiqué qu’outre les « 50 000 doses supplémentaires » de Beyfortus (traitement préventif administré aux bébés) commandées à Sanofi pour « tenir la saison hivernale dans les maternités », le gouvernement avait « pu avoir 20 000 doses supplémentaires de 100 mg pour les enfants de plus de 5 kg, destinées aux pharmacies». Fin septembre, deux semaines après le lancement d’une campagne d’injection destinée à tous les nouveau-nés par le ministère de la Santé, les doses manquaient déjà à l’appel et les soignants devaient prioriser les piqûres pour les enfants les plus fragiles.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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