Libération: « Non pas favoriser l’euthanasie, mais lui laisser une place lorsque la vie n’est plus possible, ni souhaitable. »-  La croix :  Soins palliatifs « Le système est au bord de l’effondrement » 

« De l’affaire Vincent Lambert à la fin de l’hypocrisie, « Libé » pour une fin de vie choisie »

Date de publication : 6 novembre 2023

Eric Favereau remarque ainsi dans Libération : « Des centaines d’articles. Et, au fil des décennies, une valeur éthique qui prend de plus en plus de place et de force : l’autonomie, c’est-à-dire le libre choix de la personne. Pouvoir, si on le souhaite, choisir sa mort, ou du moins la provoquer ».
« Plus qu’un combat, pour Libération, ce fut dès le départ une évidence, un engagement qui coulait de source : non pas favoriser l’euthanasie, mais lui laisser une place lorsque la vie n’est plus possible, ni souhaitable. Et au passage en finir avec une certaine hypocrisie, cette injustice qui fait que certains y accèdent, et d’autres pas »,
 continue le journaliste.
Eric Favereau revient sur « l’histoire de Vincent Lambert. […] Rarement une histoire n’a provoqué autant de commentaires et de prises de position définitives. Il est vrai que depuis les années 90 – avec le premier avis du Comité national d’éthique sur ce sujet en 1991 dans lequel il proposait la notion «d’engagement solidaire et d’exception d’euthanasie» –, le débat n’a jamais arrêté et a souvent eu lieu aussi dans les colonnes de Libération ».
« Tous les ans ou presque, des rapports ont été publiés, des missions ont été menées, des conventions citoyennes ont été montées. Peut-on aider à mourir, et comment ? Sous certaines conditions ? L’interdit de donner la mort doit-il rester infranchissable ? Parallèlement, des affaires se multipliaient, soulignant combien on pouvait «mal mourir en France» », 
continue le journaliste.
Il poursuit : « En France, en tout cas, on adore débattre. Et dans ce débat sans fin, Libération prend position, mettant en avant toujours le même argument : «que le choix soit laissé à la personne». Aujourd’hui, sous le second quinquennat de Macron, on attend encore la suite. Il y a une nouvelle convention citoyenne qui est en cours, et il y a la promesse d’un futur débat législatif. Tout est possible, y compris que cela bouge ».


De son côté, La Croix titre : « Soins palliatifs : « Le système est au bord de l’effondrement » ». Le journal indique que « dans une tribune collective publiée jeudi 2 novembre dans Le Figaro, le Dr Jean-Marie Gomas, gériatre et pionnier des soins palliatifs en France, tire la sonnette d’alarme. Et propose une solution originale pour mettre les décideurs face aux réalités ».


La Croix livre un entretien avec le médecin, qui déclare notamment : « Je suis l’un des derniers survivants en activité parmi ceux qui ont fondé la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP). C’était il y a 30 ans et j’attends toujours qu’on prenne de bonnes et vraies décisions politiques pour que chaque Français qui peut y prétendre puisse réellement accéder à des soins palliatifs de qualité comme le prévoit la loi de 1999 ».
« Après cinq plans de développement, le gouvernement nous annonce maintenant une stratégie décennale. Très bien. Mais je me réjouirai quand j’aurai des preuves d’une véritable volonté de restaurer un système au bord de l’écroulement », 
poursuit-il.
Le Dr Gomas explique : « Pour l’instant, je suis dubitatif. Dubitatif parce que le comité de pilotage chargé d’élaborer cette stratégie décennale ne comprend pas assez de praticiens de soins palliatifs. Dubitatif parce que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui était récemment discuté à l’Assemblée nationale ne prévoit aucune mesure concrète, donc aucun budget ».
La Croix interroge : « Vous évoquez un système au bord de l’effondrement. Qu’est-ce qui le menace ? ».
Le gériatre répond : « Deux choses principalement. D’abord une crise majeure de la démographie médicale. Une enquête réalisée il y a 3 ans soulignait déjà que l’on manquait de médecins et que la situation ne ferait que se dégrader faute d’anticipation. Nous y sommes ».
« L’autre problème tient au fait que notre système de santé continue de fonctionner sur le tout curatif malgré l’interdiction depuis 2005 de l’acharnement thérapeutique. […] Il est temps que nos collègues d’autres spécialités se forment à la démarche palliative et intègrent mieux la finitude de la condition humaine », 
continue le Dr Gomas.

« De l’affaire Vincent Lambert à la fin de l’hypocrisie, « Libé » pour une fin de vie choisie »

Pouvoir demander la mort lorsque la vie n’a plus sa place, un engagement en forme d’évidence pour le journal.

La une de «Libé» du 26 septembre 2003. 

par Eric Favereau

publié le 4 novembre 2023 à 4h43

https://www.liberation.fr/societe/sante/de-laffaire-vincent-lambert-a-la-fin-de-lhypocrisie-libe-pour-une-fin-de-vie-choisie-20231104_6YGM4RO3UJAUBLZLV4TW4BD5DQ/

Des centaines d’articles. Et, au fil des décennies, une valeur éthique qui prend de plus en plus de place et de force : l’autonomie, c’est-à-dire le libre choix de la personne. Pouvoir, si on le souhaite, choisir sa mort, ou du moins la provoquer. Plus qu’un combat, pour Libération, ce fut dès le départ une évidence, un engagement qui coulait de source : non pas favoriser l’euthanasie, mais lui laisser une place lorsque la vie n’est plus possible, ni souhaitable. Et au passage en finir avec une certaine hypocrisie, cette injustice qui fait que certains y accèdent, et d’autres pas. Aussi, lorsque survient l’histoire de Vincent Lambert, tout est clair. Et ce drame interminable, nous l’accompagnerons comme on suit un proche. «Ce que j’aimerais, c’est mourir en donnant la main à un ami», disait en 2001 dans Libération le philosophe Paul Ricœur.

Nous sommes le 11 juillet 2019. Dans Libérationun bref article : «“A 8 h 24 précisément”, selon plusieurs membres de sa famille. A l’issue de près de quatre mille jours dans le coma, six ans de procédures judiciaires et de conflits familiaux, neuf jours après l’arrêt de l’alimentation et l’hydratation artificielles, Vincent Lambert est mort ce jeu (suite abonnés)

Soins palliatifs : « Le système est au bord de l’effondrement »

Entretien 

Dans une tribune collective publiée jeudi 2 novembre dans Le Figaro, le docteur Jean-Marie Gomas, gériatre et pionnier des soins palliatifs en France tire la sonnette d’alarme. Et propose une solution originale pour mettre les décideurs face aux réalités.

réservé aux abonnés

Lecture en 3 min.

Soins palliatifs : « Le système est au bord de l’effondrement »
Dans une tribune collective publiée jeudi 2 novembre dans Le Figaro, le docteur Jean-Marie Gomas, gériatre et pionnier des soins palliatifs en France tire la sonnette d’alarme.DAVID ADEMAS/OUEST-FRANCE/MAXPPP

La Croix : Vous avez cosigné une tribune publiée le 2 novembre par Le Figaro et intitulée « Les soins…(suite abonnés)

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire