Divergences au synode du Vatican sur la question féminine , l’inclusion des LGBT et la bénédiction de leur union, la levée du célibat des prêtres

Avenir de l’Église : le rapport du Synode rejette la bénédiction des couples homosexuels et reporte la question du célibat des prêtres

Par Jean-Marie Guénois

Publié il y a 11 heures,  mis à jour il y a 2 heures

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Le pape durant le synode sur l’avenir de l’Église le 28 octobre au Vatican.
Le pape durant le synode sur l’avenir de l’Église le 28 octobre au Vatican.  VATICAN MEDIA / REUTERS

Parmi les quatre propositions majeures figurant dans le rapport de synthèse publié samedi soir, figure également une large ouverture aux laïcs et aux femmes en particulier.

Rejet de la bénédiction de couples homosexuels, report à long terme d’une éventuelle abolition du célibat sacerdotal, remise en cause du pouvoir exclusif de l’évêque au profit d’une «coresponsabilité» du gouvernement ecclésial avec les laïcs, large ouverture pour donner des responsabilités aux femmes, mais dont le statut reste à définir, sont les quatre propositions majeures du «rapport de synthèse» de la première étape du synode sur l’avenir de l’Église, présentées samedi 28 octobre dans la soirée à Rome.

À découvrir

Une seconde session synodale en octobre 2024, sera décisive même si un synode reste un organe consultatif pour le pape qui seul décidera début 2025 ce qu’il appliquera pour l’Église. Le texte redescend à présent dans les diocèses du monde entier, qui vont débattre de ce document avant de faire remonter leurs remarques à Rome avant l’été prochain.

Accès des femmes au ministère diaconal

Tous les articles du «rapport de synthèse» de 42 pages publié en italien par le Vatican ont été adoptés. Il fallait pour cela une majorité aux deux tiers des 344 votants qui étaient essentiellement des évêques même si pour la première fois des laïcs, hommes et femmes, ont été admis à voter. Des femmes qui sortent d’ailleurs nettement renforcées dans l’Église catholique. C’est même la première nouveauté de ce synode qui pourrait marquer une reconnaissance nettement accrue dans l’Église catholique même si aucun statut concret n’est encore proposé pour elle, comme le diaconat féminin, par exemple.

Le sujet reste hautement sensible puisque c’est celui qui a été le plus mal voté bien qu’il ait été adopté. Près de 20 % des votants, 66 sur 277, se sont ainsi opposés à l’article qui faisait état des différents points de vue «concernant l’accès des femmes au ministère diaconal». Le document illustre toutefois une dynamique extrêmement positive pour qu’une vraie place et plus de respect soient accordés aux femmes dans l’Église catholique, pour que le mot «femme» dans l’Église ne soit plus synonyme de «problème» ou de «question». La «recherche théologique» va être poursuivie sur la question technique du diaconat féminin d’ici la prochaine session du synode en octobre 2024.

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Mais plus globalement «il est urgent de garantir que les femmes puissent participer aux processus décisionnels et assumer des rôles de responsabilité dans la pastorale et dans le ministère». Y compris en passant par une «adaptation du droit canonique», le droit interne de l’Église. On propose aussi cette nouveauté : des femmes pourraient être nommées «juges» dans les procès canoniques des tribunaux ecclésiastiques. On demande aussi qu’il en soit fini des «rémunérations iniques» touchant les femmes dans l’Église et que «protection» leur soit donnée contre le «machisme» clérical, les «abus sexuels, les abus de pouvoirs, les abus économiques».

L’autre nouveauté de cette première étape synodale, est la mise sous le boisseau de la question de la bénédiction de couples homosexuels dont le mot n’apparaît nulle part. Le terme «LGBTQ+» qui apparaissait dans «l’instrumetum laboris» le document de travail initial du synode n’a même pas été retenu dans le rapport final. Le texte parle plutôt de «personnes qui se sentent marginalisées ou exclues de l’Église en raison de leur situation matrimoniale, de leur identité et de leur sexualité et qui demandent également à être entendues et accompagnées, et à ce que leur dignité soit défendue».

«Questions nouvelles»

Pour elles, comme pour toutes situations personnelles particulières, le synode écrit : «si nous utilisons la doctrine avec dureté, dans une attitude de jugement, nous trahissons l’Évangile. Mais si nous pratiquons une miséricorde à bon marché, nous ne transmettons pas l’amour de Dieu». Le synode semble donc noyer cette problématique des personnes homosexuelles dans un flux de ce qu’il appelle des «questions nouvelles» : «la fin de vie», «les situations matrimoniales difficiles», «l’intelligence artificielle» mais aussi «l’identité de genre, l’orientation sexuelle».

Ces sujets seraient marqués par «la complexité». Pour les aborder «il est important de prendre le temps nécessaire (…) sans céder à des jugements simplificateurs qui blessent les personnes et le Corps de l’Église». On formule à cet égard une proposition inédite : «instituer un ministère de l’écoute et de l’accompagnement». Mais avec cette précision «si l’écoute requiert un accueil sans condition, cela ne signifie pas qu’il faille abdiquer quant à la clarté de la présentation du message de salut de l’Évangile, ni avaliser telle ou telle opinion ou position».

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La troisième nouveauté de cette première session synodale est la place donnée aux laïcs dans l’Église en vue d’une gouvernance en «coresponsabilité» avec les évêques et les prêtres. Le mot revient partout dans le document. Cela peut passer par la création d’un «véritable ministère de la Parole de Dieu» pouvant aller jusqu’à la «prédication» pendant la messe, ouvert donc aux hommes et aux femmes non ordonnés prêtres ou diacres. Des «couples mariés» pourraient également recevoir un «ministère» pour «soutenir la vie familiale» et «accompagner les personnes qui se préparent au sacrement du mariage».

Face aux laïcs, les prêtres, eux, sont loués pour leur service : le synode leur «exprime avant tout une profonde gratitude». Mais il les met en garde contre «le cléricalisme» qui est un «obstacle au ministère et à la mission» que le synode se propose d’éradiquer dès le séminaire et même avant l’entrée en formation des candidats au sacerdoce.

«Coresponsabilité»

Quant à la question de l’abolition du célibat sacerdotal, on reconnaît qu’elle est soulevée dans plusieurs régions du monde où elle est «plus difficile à vivre». Mais, là aussi, le synode demande que ce sujet soit «repris plus tard». Avec 55 votes contre, cette question a été l’une des moins consensuelles parmi les participants au Synode. Le rapport souligne néanmoins «la valeur chargée de prophétie et le témoignage de conformation au Christ» apporté par le célibat sacerdotal.

Le pouvoir épiscopal, celui des évêques, mais aussi celui de «l’évêque de Rome», le pape, est le point le plus profondément remis en question par cette première étape du synode. Avec cette idée nouvelle : «la culture de ‘rendre des comptes’ (la ’cultura del rendiconto’ en italien, langue du rapport) est une partie intégrante d’une Église Synodale qui promeut la coresponsabilité».

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Ainsi l’évêque ne doit plus être isolé dans ses prises de décision en tout domaine de sa compétence. Il faut rendre «obligatoire» un «conseil épiscopal» qui existe déjà dans beaucoup de diocèses mais en soumettant les évêques à une forme régulière de contrôle de leur activité et décisions sous l’œil de prêtres et de laïcs. Car les évêques traversent «une crise de leur autorité» étant à la fois pris en contradiction entre leur rôle de «Père» et celui de «juge» dans leurs diocèses.

«L’Assemblée» appelle aussi «à une révision des critères de sélection des candidats à l’épiscopat, en équilibrant l’autorité du nonce apostolique et la participation de la conférence épiscopale». Le Synode plaide enfin pour une consultation plus large pour le choix des évêques «en écoutant un plus grand nombre de laïcs, hommes et femmes, consacrés et non consacrés, et en veillant à éviter les pressions inappropriées».

«Synodalité»

Même si le document reconnaît que le synode n’a pas engendré la mobilisation espérée parmi les catholiques mais aussi chez de nombreux prêtres et évêques, il prévient que la «synodalité » n’est pas une « mode» mais qu’elle devient une orientation fondamentale et durable de l’Église catholique selon la volonté du pape François : «la logique du dialogue, de l’apprentissage réciproque, du ‘marcher ensemble’ doit caractériser l’annonce évangélique et le service de pauvres, le soin de la maison commune et la recherche théologique, ils deviennent le style pastoral de l’Église». D’autant que «l’option préférentielle pour les pauvres est implicite dans la foi christologique» et qu’il est lié à la préoccupation écologique puisque «le cri de la terre et le cri des pauvres, forment le même cri».

Curieusement, alors qu’il était annoncé que la structure de la synthèse finale intégrerait les points de «divergences» – ce qu’elle fait entre les lignes – le mot «divergence» a disparu du vocabulaire synodal. On lui préfère, celui de «convergences» et de «questions à affronter» pour aboutir à terme à une «harmonie».

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Le texte explique en effet, qu’à côté de ce que l’Église appelle depuis des siècles, le «sensus fidei», une sorte «d’instinct pour la vérité de l’Évangile», les «processus synodaux tout en valorisant ce ‘sensus fidei’ vont vérifier l’existence d’un «consensus fidei», le consensus des fidèles». C’est un nouveau concept. «Il constitue un critère sûr pour déterminer, si une doctrine ou une pratique, appartiennent à la foi apostolique», assure la synthèse.

Ce qui est, au-delà des discussions sur tel ou tel dossier, le point d’achoppement de cette réforme synodale. Jusque-là, le travail de discernement sur ce qui est «catholique» ou ce qui ne l’est pas, appartenait aux Papes, aux évêques par les Conciles et aux dicastères du Vatican pour la mise en œuvre. Ce discernement voudrait être désormais collectif, ouvert à tous les fidèles par la voie synodale à tous les étages de l’Église, car tous sont maintenant considérés «égaux» avec les prêtres, les évêques et «l’évêque de Rome» en vertu de leur baptême, explique encore la synthèse. Si le synode voudrait voir se créer des «assemblées ecclésiales» très ouvertes, à différents échelons de l’Église, y compris continentaux ou nationaux, ce qui serait une révolution dans une Église catholique centralisée le pape, garde, toutefois la clé des décisions majeures et ultimes pour l’Église universelle.

La place des femmes dans l’Eglise au centre du premier rapport du synode sur l’avenir de l’institution

La première assemblée générale du « synode sur la synodalité » a rendu son rapport samedi 28 octobre. La question féminine et l’inclusion des LGBT ont provoqué des divergences. Les décisions seront prises lors du second rendez-vous, en octobre 2024. 

Par Sarah Belouezzane Publié aujourd’hui à 02h13, modifié à 02h57

Temps de Lecture 5 min. https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/10/29/la-place-des-femmes-dans-l-eglise-au-centre-du-premier-rapport-du-synode-sur-l-avenir-de-l-institution_6197059_3224.html?xtor=EPR-32280629-[a-la-une]-20231029-[zone_edito_1_titre_2]&M_BT=53496897516380

Le pape François à la première assemblée générale du synode sur l’avenir de l’Eglise, au Vatican, le 28 octobre 2023.
Le pape François à la première assemblée générale du synode sur l’avenir de l’Eglise, au Vatican, le 28 octobre 2023.  VATICAN MEDIA / VIA REUTERS

Deux années pour changer l’Eglise. Deux années durant lesquelles des délégués, évêques et laïques du monde entier, sont invités, à l’appel du pape, à se retrouver à Rome au mois d’octobre pour discuter, débattre et peut-être décider de changements majeurs, voire historiques dans le fonctionnement de l’Eglise catholique. Samedi 28 octobre vers 21 heures s’achevaient les travaux de la première assemblée générale du synode sur l’avenir de l’Eglise, ou « synode sur la synodalité », grand processus de réflexion sur le futur d’une institution à laquelle appartiennent 1,3 milliard de personnes dans le monde.

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Une première étape pour un travail qui ne devrait trouver sa conclusion qu’en octobre 2024. Quatre semaines durant, du 4 au 29 octobre, les 365 membres de cette première session ont planché sur la vie de l’Eglise et la façon de l’ancrer plus fortement dans le monde d’aujourd’hui. Afin, entre autres, de mieux faire face aux défis existentiels que sont le manque de vocations et la désertion des fidèles dans certains endroits du monde, ainsi que l’énorme crise des violences sexuelles commises par des prêtres partout sur le globe.

Place des femmes dans l’institution, inclusion des LGBT, plus grande participation des laïcs dans les instances, lutte contre le cléricalisme, à savoir la trop grande place des clercs dans l’institution… autant de sujets qui avaient été mis au menu de l’instrument de travail des délégués réalisé grâce à une consultation mondiale de fidèles.

Un changement de culture

C’est dans la partie plate de la grande halle Paul VI, assis autour de tables rondes marquant l’égalité de tous, qu’ont travaillé les « pères » et « mères » synodaux afin d’aboutir au document voté samedi soir. Pour la première fois, des laïcs, parmi lesquels des femmes (54 sur les 365 membres de la session), participaient non seulement à l’élaboration du texte mais aussi à son adoption à égalité avec des évêques et même des cardinaux. Donnant ainsi corps au changement de culture profond voulu par le pape François dans une Eglise qu’il aimerait voir plus ouverte à la discussion et au dialogue.

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Divisé en 18 chapitres et long de 41 pages, le rapport de synthèse publié samedi soir en italien et dont les Eglises vont devoir se saisir ne contient pour l’instant aucune décision. Chaque thème est séparé en trois, entre points de convergence, propositions et points à résoudre. Si le but de tout le processus était d’introduire une nouvelle façon de discuter ensemble et de gouverner l’Eglise, les sujets abordés ont été bien plus larges.

Sans surprise, ce sont les thématiques liées à la place des femmes qui ont beaucoup occupé les débats pendant quatre semaines. Faisant surgir, dans une atmosphère de discussion certes apaisée, des divergences et des points de vue contraires sur un sujet qui reste encore aujourd’hui particulièrement sensible. Les femmes, leur place, et leur rôle certes perçu différemment en fonction des continents, ont d’ailleurs été évoqués partout dans le monde lors de la consultation des fidèles. Aujourd’hui, ce sont les chapitres qui les concernent qui, bien qu’adoptés, recueillent le plus de votes contre.

Des femmes diacres ?

Il en va ainsi d’un point particulièrement sensible : celui sur la possibilité d’ordonner les femmes diacres. Le rôle de ces ministres du culte consacrés est d’assister les prêtres dans leurs tâches liturgiques. Voilà des années que beaucoup souhaitent renforcer le rôle des femmes dans les églises en leur accordant la possibilité, aujourd’hui réservée aux hommes, d’être ordonnées diacres.

Dans un point à résoudre, il est ainsi précisé que « certains considèrent que cette démarche serait inacceptable car elle serait en rupture avec la tradition »« Pour d’autres, en revanche, l’accès des femmes au diaconat rétablirait une pratique de l’Eglise primitive. D’autres encore y voient une réponse appropriée et nécessaire aux signes des temps, fidèle à la tradition et capable de trouver un écho dans les cœurs de ceux qui recherchent une vitalité renouvelée. »Ainsi, le document montre bien les divergences apparues sur ce sujet, signe d’une Eglise loin d’être apaisée à cet égard. Soixante-neuf personnes, soit un cinquième de l’assemblée, ont voté contre.

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Le deuxième point le plus controversé avec 67 votes contre concerne le même thème. Il s’agit d’une proposition qui appelle à ce que « la recherche théologique et pastorale sur l’accès des femmes au diaconat » se poursuive et que les résultats soient présentés lors de la prochaine session en 2024. « Il va falloir se décider sur cette question cruciale car ça devient vraiment urgent », estimait d’ailleurs un participant sous couvert d’anonymat.

Les membres ont même suggéré, dans l’un des problèmes à résoudre, lui aussi controversé au regard des votes, que « les textes liturgiques et les documents de l’Eglise soient plus attentifs non seulement à l’utilisation d’un langage qui tienne compte de l’égalité entre hommes et femmes, mais aussi à l’inclusion d’une gamme de mots, d’images et d’histoires qui s’appuient avec plus de vitalité sur l’expérience des femmes ».

Une proposition suggère par ailleurs « de veiller à ce que les femmes puissent participer aux processus de prise de décision et assumer des rôles de responsabilité dans le travail pastoral ». Et ce même s’il faut adapter le droit canonique en conséquence.

« L’écoute est une condition préalable »

Au-delà des femmes, il y a bien sûr la question des LGBT. Le mot présent plusieurs fois dans le document de travail a d’ailleurs disparu du rapport de synthèse au profit d’« orientation sexuelle ». La question clive particulièrement dans un contexte de différences d’approches sociétales majeures et d’évolutions des droits des homosexuels entre pays européens, africains ou asiatiques.

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Un point lui aussi plus contesté que les autres évoque le fait que « les personnes qui se sentent marginalisées ou exclues par l’Eglise en raison de leur situation matrimoniale, de leur identité et de leur sexualité demandent à être entendues, accompagnées, et que leur dignité soit défendue » « L’écoute est une condition préalable pour marcher ensemble à la recherche de la volonté de Dieu. » Le rapport de synthèse indique qu’il faut prendre « le temps de la réflexion » sur ces sujets. En cela, il n’avance pas beaucoup par rapport à l’instrument de travail qui se demandait déjà comment rendre l’institution plus inclusive.

Le célibat des prêtres, point qui revient sans arrêt depuis des années, notamment lors du synode sur l’Amazonie en 2019, a lui aussi été évoqué. Certains demandent s’il doit rester obligatoire dans certains « contextes culturels qui le rendent plus difficile ». Comme pour les femmes, ce passage a recueilli nombre de voix contre.

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Autre point important concernant le gouvernement de l’Eglise, une petite tension autour de la proposition de rendre les conseils pastoraux obligatoires. Ces assemblées composées de laïcs qui aident les évêques dans leur gestion quotidienne des décisions et leur prise de décision ne le sont pas encore. Elles permettent justement de penser le gouvernement de l’Eglise autrement, avec des laïcs plus impliqués et un évêque plus à l’écoute. Or il y a encore nombre de lieux dans le monde, où les prélats n’y ont tout simplement pas recours, régnant en maîtres absolus dans leurs diocèses.

Des décisions dans un an

S’il peut apparaître décevant car il ne contient pas de décisions concrètes, le texte n’est en réalité « qu’un document de travail, un produit temporaire des travaux », comme le rappelle un participant sous couvert d’anonymat car soumis au secret. Charge en effet à l’assemblée générale d’octobre 2024 de formuler des vraies propositions concrètes et précises dont le pape pourrait se saisir pour prendre les décisions. Elle devra par exemple se prononcer clairement sur l’accès des femmes au diaconat.

En attendant, les participants ont tous salué une méthode de dialogue inédite dont ils aimeraient qu’elle se diffuse aujourd’hui à toutes les strates de l’Eglise. « Tout le monde avait voix au chapitre, tout le monde s’écoutait, des femmes, des jeunes face à des évêques qui n’ont pas l’habitude, se réjouit un participant. C’est inédit. » « On a discuté, c’est déjà ça et c’est beaucoup, explique un autre. Ce qui n’était pas discutable, complètement tabou, se retrouve aujourd’hui sur la table. » Reste à savoir si cette méthode, ce « changement de culture » voulu par François, va se diffuser. Et si les fidèles, impatients de voir les résultats du synode, seront satisfaits de ce qu’il en est sorti samedi. Rendez-vous dans un an.

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Sarah Belouezzane

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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