Déserts médicaux : les médecins refusent de porter le chapeau »
Date de publication : 24 octobre 2023

« En pleine période de tension entre médecins libéraux et gouvernement sur fond de reprise des négociations sur le tarif de la consultation », « le Sénat veut remanier ce mardi la proposition de loi [du député Horizons Frédéric Valletoux] sur l’accès aux soins, qui hérisse les libéraux », indique Marie-Cécile Renault dans Le Figaro.
« Pour répondre au problème des déserts médicaux et améliorer l’accès aux soins, la PPL Valletoux prévoit de rétablir les gardes obligatoires, d’obliger les médecins à adhérer aux communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), et leur donne une sorte de responsabilité territoriale. Autant de mesures coercitives jugées non seulement inefficaces mais contreproductives par les médecins », rappelle la journaliste.
« Cette PPL est d’un extrême danger. Depuis le printemps, on voit de plus en plus d’internes en médecine générale exercer leur droit au remords pour changer de spécialité. Du jamais-vu. Sans compter de nombreux médecins traitants, qui “déplaquent” pour aller exercer dans des centres de régulation ou de permanence des soins », affirme Luc Duquesnel, généraliste en Mayenne et membre du syndicat CSMF.
« Dans une volonté d’apaisement, le nouveau ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, nommé en juillet, a affirmé s’être déjà « rapproché » de Frédéric Valletoux pour « soit mieux expliquer » les articles critiqués, « soit travailler à une meilleure rédaction » », rapporte l’article.
« Cette PPL se trompe de calendrier : elle réunit tous les irritants au moment de reprendre les négociations avec les médecins. Preuve que ce gouvernement fait de moins en moins confiance aux partenaires sociaux », proteste Bruno Retailleau. « Elle accentue la bureaucratisation de la médecine. Or ce n’est pas en rajoutant des obligations sur les médecins que l’on va libérer le temps médical dont ils ont besoin », affirme-t-il, assurant que le « Sénat va très largement remodeler ce texte ».
Pour l’instant, « la participation aux gardes n’a été que légèrement amendée. Le texte prévoit que les cliniques privées, et leurs médecins, devront davantage participer aux permanences de nuit et de week-end, pour soulager les hôpitaux publics », explique l’article.
« Les médecins libéraux n’y sont pas foncièrement opposés mais jugent que l’argent public fléché vers l’hôpital pour assurer ces missions doit alors être partagé avec les libéraux », analyse Marie-Cécile Renault.
Par ailleurs, « les sénateurs ne se sont pas engagés sur un autre sujet sensible, celui de la liberté d’installation des médecins, qui avait fait l’objet d’un bras de fer à l’Assemblée », souligne la journaliste.