« Le bruit, un problème pour la moitié des actifs »
Date de publication : 24 octobre 2023

« 52% des Français sont gênés au travail, selon le dernier baromètre de l’Ifop réalisé pour la Journée nationale de l’audition », fait savoir Florence Hubin dans Le Parisien.
« Qu’ils soient ou non soumis à des niveaux élevés, les nuisances sonores perturbent plus de la moitié des actifs (62% en région parisienne). Et 20% d’entre eux se disent incommodés même quand ils sont peu exposés, nous apprend le 7e baromètre Bruit et santé au travail* réalisé le mois dernier par l’Ifop pour la Journée nationale de l’audition », précise la journaliste.
« L’étude souligne que cette gêne peut engendrer une souffrance psychologique et impacte la vie privée de 50 % des répondants », note-t-elle. « Les principales sources de bruit citées sont celles provenant de l’extérieur des lieux de travail, puis les discussions entre collègues et les appareils (imprimantes, machines…). Les allées et venues et les conversations téléphoniques arrivent juste derrière. Des nuisances encore insuffisamment prises en compte puisque seulement 51% des salariés estiment qu’elles sont traitées par leur employeur », souligne l’article.
« L’intervention des entreprises dans ce domaine dépend de leur activité. Elles sont logiquement davantage investies dans le BTP (72%) que dans les services et le commerce (52%) », observe Le Parisien. « Ce 7e baromètre met un coup de projecteur sur deux populations : les jeunes et les télétravailleurs », observe Florence Hubin. « Les moins de 35 ans sont surreprésentés parmi les actifs qui souffrent du bruit », note Robin Réda, député Renaissance de l’Essonne et président du Conseil national du bruit.
« Les deux tranches d’âge qui situent l’intensité du son dans leur espace de travail au niveau le plus élevé sont les 18-24 ans et les 25-34 ans. L’inquiétude des professionnels de santé se porte sur le fait que 18% des moins de 25 ans (contre 9% de la population active totale) se disent très exposés mais pas gênés, ce qui peut laisser entendre qu’ils n’ont pas conscience de la nocivité de ces nuisances pour leur santé », ajoute l’article.
« Il y a une différence entre réalité du risque bruit et perception du risque. Cette perception n’est pas uniquement liée à l’âge, mais aussi à la relation que l’on a avec sa propre santé »,commente le docteur Cédric Aubert, médecin du travail.
Pour Jean-Charles Ceccato, vice-président de l’association Journée nationale de l’audition, « ce faible intérêt pour la santé auditive est également culturel », note Le Parisien. « Dès le plus jeune âge à l’école, puis en entreprise, il y a des dépistages de la vision. La plupart des Français ne font pas de test auditif avant un âge avancé », explique le vice-président. « L’audition est encore insuffisamment prise en compte dans le monde du travail », résume la journaliste.
« À l’inverse de la génération Z (moins de 25 ans), un gros quart des télétravailleurs s’estiment dérangés par le bruit, alors qu’ils reconnaissent y être faiblement exposés », remarque Florence Hubin.
« Une personne qui revient au bureau après deux ou trois jours de travail à distance ne va pas subir de niveau de bruit traumatique, mais être incommodé par l’ambiance sonore s’il est en open space, car son oreille s’est accommodée à un niveau plus faible », explique le Dr Cédric Aubert. « Pour 64 % des actifs interrogés en septembre, la possibilité de travailler dans un lieu moins bruyant joue un rôle primordial dans le recours au télétravail », rapporte Le Parisien.
* L’enquête a été menée par l’Ifop auprès d’un échantillon de 1 103 personnes, représentatif de la population française active occupée âgée de 18 ans et plus, par questionnaire auto-administré en ligne du 12 au 14 septembre 2023.