Un lien entre le taux de la population en affection longue durée et la richesse des communes dans le Grand Paris

« Les patients en affection longue durée surreprésentés dans les zones pauvres du Grand Paris »

Date de publication : 20 octobre 2023

https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=ac0c8c89028ae5f123be16c0503b0eb3&id_newsletter=18969&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=18969&from=newsletter

Libération

Nathalie Raulin s’interroge dans Libération : « Un doublement des franchises médicales pourrait-il se traduire par un renoncement accru aux soins ? L’étude que vient de publier l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) sur les inégalités sociales de santé dans la métropole du Grand Paris apporte un début de réponse à cette question ».
La journaliste note en effet que « même s’il a renoncé à inscrire la mesure dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2024, l’exécutif caresse toujours l’idée d’y revenir sans prendre le risque d’un débat parlementaire inflammable, en l’actant par simple décret ».
Nathalie Raulin souligne que « si une augmentation des franchises concernerait tous les malades, elle pèserait surtout sur le budget des plus sévèrement atteints, à l’instar des patients en affection longue durée (ALD) ».
« D’où l’intérêt de savoir quelle catégorie de la population est touchée au premier chef par les affections longue durée, soit principalement le diabète, les tumeurs malignes (cancers et lymphomes), les affections psychiatriques, les maladies coronaires et les insuffisances cardiaques »,
indique la journaliste.
Nathalie Raulin relève que selon l’étude de l’Apur, « sur les 11 millions de personnes atteintes d’une affection longue durée en France, plus d’un million résident dans le Grand Paris. Mais leur répartition géographique est loin d’être harmonieuse ».
Les auteurs soulignent notamment que « des variations importantes sont observées entre les départements, avec un taux standardisé dans la moyenne métropolitaine à Paris et dans le Val-de-Marne (17%), un taux inférieur dans les Hauts-de-Seine (14%) et un taux supérieur en Seine-Saint-Denis (près de 21%) ».
La journaliste poursuit : « L’Apur met en regard le nombre de personnes en ALD et la richesse des communes du Grand Paris. De quoi corroborer son intuition : plus la commune est riche, moins la part de personnes en ALD y est importante. A Bobigny et Stains, deux communes de Seine-Saint-Denis où le revenu médian par habitant avoisine les 15.000 euros annuels, plus du quart des habitants sont atteints d’une affection longue durée. Mais à Vaucresson (Hauts-de-Seine), où le revenu médian par habitant excède 40.000 euros, ils sont moins de 12,5%… ».
L’étude indique ainsi qu’« il y a un lien entre le niveau de revenu médian à l’échelle des communes et les taux standardisés de populations en affection de longue durée par âge et sexe, illustrant l’importance des gradients sociaux de santé ».
Nathalie Raulin conclut que « l’impact d’un doublement des franchises médicales ne fait guère de doute : si l’assurance maladie fait des économies, ce sera d’abord sur le dos des patients les plus modestes. Avec un probable effet boomerang sur la santé publique ».

Santé publique

Les patients en affection longue durée surreprésentés dans les zones pauvres du Grand Paris

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Une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme sur les inégalités sociales de santé dans la métropole du Grand Paris met en évidence le lien entre le taux de la population en affection longue durée et la richesse des communes. De quoi accréditer l’idée qu’une hausse des franchises médicale pénaliserait d’abord les plus modestes.

Dans une salle d’attente de Pontault-Combault (Seine-et-Marne) en janvier. (Aline Morcillo/Hans Lucas. AFP)

par Nathalie Raulin

publié le 19 octobre 2023 à 15h51

https://www.liberation.fr/societe/sante/les-patients-en-affection-longue-duree-surrepresentes-dans-les-zones-pauvres-du-grand-paris-20231019_WGZKTEDBFNAXZFQT2IJJCGCULM/#:~:text=Santé%20publique-,Les%20patients%20en%20affection%20longue%20durée%20surreprésentés,zones%20pauvres%20du%20Grand%20Paris&text=Une%20étude%20de%20l’Atelier,et%20la%20richesse%20des%20communes.

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Un doublement des franchises médicales pourrait-il se traduire par un renoncement accru aux soins ? L’étude que vient de publier l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) sur les inégalités sociales de santé dans la métropole du Grand Paris apporte un début de réponse à cette question qui reste d’une actualité brûlante. Car, même s’il a renoncé à inscrire la mesure dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2024, l’exécutif caresse toujours l’idée d’y revenir sans prendre le risque d’un débat parlementaire inflammable, en l’actant par simple décret. Le ministère des Finances a sorti sa calculette : même en maintenant inchangé les plafonds annuels de 50 euros qui s’appliquent, un doublement de la franchise sur chaque boîte de médicament remboursées et acte paramédical (qui passerait de 0,5 à 1 euro) d’une part, et d’autre part de la participation forfaitaire sur la consultation médicale (qui passerait de 1 à 2 euros) pourrait permettre à l’assurance maladie d’économiser quelque 800 millions d’euros. Une manne appréciable vu le dynamisme inquiétant des dépenses sociales de santé.

Somme pas anecdotique

Reste à savoir quel impact aurait la hausse de ce reste à charge (par définition non couvert par les assurances complémentaires) sur la santé publique. Car, si une augmentation des franchises concernerait tous les malades, elle pèserait surtout sur le budget des plus sévèrement atteints, à l’instar des patients en affection longue durée (ALD). Les associations d’usagers ne s’y trompen

Inégalités sociales et territoriales de santé dans le Grand Paris


Les questions de santé sont au centre des enjeux métropolitains. La crise sanitaire a souligné la résilience du système de santé, mais aussi ses fragilités et l’ampleur des besoins au quotidien. Elle a aussi révélé les inégalités sociales et territoriales face à la maladie, touchant en particulier les plus précaires et ceux soumis à des facteurs de risque (surpoids, diabète, asthme…).

Afin de documenter ces enjeux, une étude en trois volets portant sur les inégalités sociales et territoriales de santé dans la Métropole du Grand Paris a été réalisée dans le cadre du programme de travail 2023 de l’Apur.

Le premier volet apporte une information consolidée et territorialisée sur l’offre de soins dans le Grand Paris analysée à différentes échelles.
L’étude vise à nourrir la réflexion et accompagner l’action de l’ensemble des partenaires, acteurs des territoires, de la santé et de l’aménagement, qui contribuent à améliorer l’offre et les parcours de soins. Elle propose une cartographie globale et actualisée de l’offre selon différentes entrées : localisation, densité, diversité, accessibilité (actuelle et future) et déploiement au travers des projets d’équipement et de transport en commun en cours dans le Grand Paris.
Six thèmes sont examinés :

  • les équipements hospitaliers ;
  • les établissements et professionnels de la médecine de ville ; 
  • l’offre spécialisée en santé mentale associée à un rapide focus sur la prévention et la lutte contre les addictions ;
  • l’offre dédiée aux femmes et à l’enfance (gynécologie, maternité, protection infantile) avec un focus complémentaire sur la prévention en santé sexuelle ;
  • l’offre médico-sociale à destination à des personnes en situation de handicap et des personnes âgées ;
  • les perspectives concernant l’offre de soins à horizon 2030 par la présentation de certains leviers d’actions et projets.

Les représentations cartographiques présentées au fil de l’étude soulignent des inégalités territoriales marquées. Elles témoignent de l’insuffisance de l’offre au regard des besoins, dont on anticipe une hausse dans les années à venir au regard de l’augmentation et du vieillissement de la population métropolitaine. Dans ce contexte, l’étude revient sur un certain nombre d’actions qui sont mises en œuvre pour renforcer, rééquilibrer et améliorer l’offre actuelle et ouvre quelques pistes de réflexion.

Le deuxième volet d’étude a pour objet d’approcher le moindre recours aux soins et aux dispositifs de prévention à l’échelle de la Métropole du Grand Paris.
L’étude contribue à caractériser les populations et territoires en moindre recours aux dispositifs de prévention et de soins dans le Grand Paris, à partir d’une analyse statistique et cartographique réalisée en partenariat avec l’Assurance Maladie. Elle fait état de plus de 7 millions d’assurés dans la Métropole du Grand Paris, dont 15% sans médecin traitant déclaré. Un assuré métropolitain sur dix (10,5%) est bénéficiaire de la Complémentaire Santé Solidaire et moins de 2% de l’Aide Médicale d’État. Plus d’un assuré sur dix n’a pas bénéficié d’un suivi médical ou dentaire depuis au moins deux ans à l’échelle métropolitaine. Plus de 17% de la population est atteinte d’une affection de longue durée. 
 
Les cartographies montrent d’importantes inégalités sociales en matière de recours, notamment aux programmes de prévention des cancers. Les niveaux de recours les plus faibles se situent dans les communes les plus modestes de la Métropole. La dernière partie de l’étude propose une analyse de l’ensemble de ces indicateurs au niveau des quartiers. Elle met en regard les résultats avec d’autres données démographiques et sociales selon une approche écologique visant à caractériser les territoires dans lesquels les résultats diffèrent. 
 
Les résultats témoignent d’un lien fort entre situation de défaveur sociale et moindre recours aux soins et à certains dispositifs de prévention. L’offre de soins semble jouer de façon moindre que les disparités sociales dans les dynamiques de recours.

Le troisième volet de l’étude rend compte d’une sélection d’actions en santé publique mises en œuvre dans le Grand Paris. 
Les actions de promotion et de prévention ont et auront un impact sur les besoins en matière de soins et contribuent à lutter contre les inégalités sociales et territoriales de santé. 
Un court questionnaire a été adressé aux collectivités du Grand Paris et aux partenaires de l’Atelier au cours de l’été 2022. Une quarantaine d’initiatives ont été retenues et approfondies au travers de visites et d’entretiens. Ces éléments ont donné lieu à l’élaboration de fiches détaillant chacune de ces actions et d’une analyse croisée. Elles sont réparties en trois axes : sensibilisation et promotion de la santé ; prévention et « aller vers » ; urbanisme favorable à la santé et santé environnementale.
 
Ces actions apparaissent variées à la fois dans leurs thématiques (protection maternelle et infantile, santé en milieu scolaire, dépistages organisés, promotion des activités physiques et sportives – sport-santé, nutrition, santé sexuelle et éducation à la sexualité, santé environnementale, urbanisme favorable à la santé et réduction des risques environnementaux…), leurs échelles (d’envergure métropolitaine ou de plus petite échelle) et leurs modalités de mise en œuvre (ateliers de sensibilisation et d’éducation à la santé, bilans / dépistages / consultations, démarches d’« aller vers » et de santé communautaire ou de médiation en santé, documents stratégiques et plans d’actions locaux, opérations et recommandations urbaines et d’aménagement favorables à la santé…).
 
L’étude contribue à la diffusion et à la valorisation de ces initiatives, participant à l’acculturation aux thèmes de la santé publique et à une communication élargie sur ces enjeux. 
 
Enrichissez ce panorama ! Collectivités et acteurs du Grand Paris, vous avez une action en santé à partager ? N’hésitez pas à renseigner le document via ce lien.
Votre action pourra figurer dans la prochaine mise à jour de ce recueil.
 
Ces trois publications donnent lieu à deux temps de restitution organisés en partenariat avec l’École urbaine et la Chaire Santé de Sciences Po les 18 octobre et 22 novembre 2023.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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