« Le remède des géants des cliniques privées au fléau des déserts médicaux »
Date de publication : 20 octobre 2023

Keren Lentschner note en effet dans Le Figaro qu’« Elsan et Ramsay ouvrent des centres de santé pour répondre aux urgences et à la demande de soins courants ».
La journaliste explique ainsi : « C’est pour répondre aux urgences et à la demande de soins courants qu’Elsan, numéro 2 français de l’hospitalisation privée (137 cliniques), a ouvert en janvier dernier [un] centre à Saint-Denis, en concertation avec la mairie de la ville ».
« Avec une cinquantaine de généralistes pour 110.000 habitants, Saint-Denis est considéré comme un désert médical. Cela faisait plus de 3 ans qu’Elsan, qui possède une clinique située à Stains (Seine-Saint-Denis), était sollicité par différentes mairies du département », observe Keren Lentschner.
La journaliste note que le centre de santé est « un moyen aussi de désengorger les urgences, souvent prises d’assaut pour des pathologies du quotidien. Ce centre, qui compte 6 professionnels de santé salariés (2 généralistes, 1 pédiatre, 1 psychologue, 2 sages-femmes), a la spécificité de proposer de la téléconsultation avec des spécialistes ».
Keren Lentschner relève que « face à la multiplication des déserts médicaux, au vieillissement de la population et à l’augmentation des maladies chroniques, la demande en soins de proximité n’a jamais été aussi importante. Et elle ne devrait cesser de progresser. D’autant que le secteur fait face aux départs massifs des médecins en retraite, et que les jeunes praticiens aspirent de plus en plus à être salariés, déchargés des tâches administratives ».
« Maisons de santé, centres de santé… ont ainsi fleuri ces dernières années. Fini le modèle classique du petit cabinet isolé avec un ou deux médecins. Face à l’ampleur des besoins, les poids lourds de l’hospitalisation privée se sont engouffrés dans la brèche. Mais les modèles économiques restent encore compliqués à trouver », continue la journaliste.
Keren Lentschner explique en effet que « dans un premier temps, les centres dédiés aux soins primaires ne rapportent pas d’argent. Le temps de recruter les soignants dans des zones qui manquent d’attractivité ».
François Demesmay, directeur médical de Ramsay, déclare que « c’est un pari à 5 ans. Si nous faisons bien notre boulot, les patients seront au rendez-vous et nous aurons démontré la pertinence du modèle de financement ».
La journaliste relève que le responsable « parie aussi sur une augmentation des dotations publiques au profit de la prévention qui a été érigée comme l’une des priorités du gouvernement pour l’avenir. L’objectif de ces groupes est également de voir une partie des patients redirigés, en cas de besoin, vers leurs cliniques traditionnelles ».