L’accès à un psychiatre ou à un psychologue est «de plus en plus difficile». Dès le départ, ça coince. 

« Crise de la psychiatrie : des patients toujours plus abandonnés »

Date de publication : 17 octobre 2023

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Libération

C’est ce que titre Libération, qui note que « le baromètre de l’Union des familles et amis de personnes malades ou handicapées psychiques pointe de nouveau le délabrement de la prise en charge des patients, entre restrictions de liberté, refus de visite des proches et difficultés financières ».
Eric Favereau se penche ainsi sur ce document de l’Union nationale des associations des familles et amis de personnes malades et /ou handicapées psychiques (Unafam) : « Près des deux tiers des personnes interrogées – sur plus de 4000 répondants – assurent que l’accès à un psychiatre ou à un psychologue est «de plus en plus difficile». Dès le départ, ça coince ».
Marie-Jeanne Richard, présidente de l’Unafam, observe que « le manque de moyens observé en psychiatrie ne vient pas seulement restreindre l’accès ou le maintien dans les soins, mais il vient aussi détériorer la prise en charge des patients. 83% d’entre eux déclarent avoir rencontré d’importantes difficultés lors de la prise en charge de leur proche. Dans environ 60% des cas, le patient a subi des mesures d’isolement et dans 30% des cas, des mesures de contention ».
Le journaliste note que « ces restrictions de liberté sont significatives, car elles apparaissent, de plus en plus, comme un symptôme des tensions actuelles ».
Eric Favereau évoque en outre « les refus de visite des proches, qui se multiplient. Or, ils doivent être motivés et être strictement adaptés aux circonstances, selon les textes ».
L’Unafam souligne qu’« il est difficile de croire que pour 44% des répondants qui en ont souffert, le refus était adapté. Le droit de visite est un droit qui est aujourd’hui en France mieux respecté dans les institutions pénitentiaires que dans les hôpitaux psychiatriques, où sont autorisées et légitimées l’interdiction et la privation absolue de liberté des patients vivant avec des troubles psychiques ».
Le journaliste observe que « plus généralement, la vie des malades psychiques reste un parcours du combattant, déjà tout bêtement sur le plan financier ».
L’Unafam précise que « le manque de moyens est criant : 71% des répondants déclarent venir en aide financièrement à leur proche. Pour 40% d’entre eux, cela les fragilise économiquement ».
Marie-Jeanne Richard ajoute : « Notre baromètre démontre que l’Etat français n’a pas pris la mesure des besoins. Des droits fondamentaux sont toujours bafoués. Nous appelons de nos vœux non seulement une accélération du changement, mais que celui-ci puisse se faire sur tous les territoires car les inégalités régionales restent massives ».

Chronique «Aux petits soins»

Crise de la psychiatrie : des patients toujours plus abandonnés

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Le baromètre de l’Union des familles et amis de personnes malades ou handicapées psychiques pointe de nouveau le délabrement de la prise en charge des patients, entre restrictions de liberté, refus de visite des proches et difficultés financières.

Selon les résultats de l’enquête menée par l’Unafam, des mesures d’isolement ont été prises envers les patients dans 60 % des cas décrits. (Loic Venance/AFP)

par Eric Favereau

publié aujourd’hui à 7h39

https://www.liberation.fr/societe/sante/crise-de-la-psychiatrie-des-patients-toujours-plus-abandonnes-20231017_3KPTQ5UCGBE43HH7S6H77SISRU/

Ce délégué syndical CGT de l’un des plus grands hôpitaux psychiatriques de France le dit avec presque des larmes aux yeux : «Regardez, même pour cette journée d’action pour la santé le 13 octobre [lors de la mobilisation intersyndicale contre l’austérité et pour l’augmentation des salaires, ndlr], nous étions si peu nombreux. Personne ou presque ne se mobilise. Dans l’hôpital, j’ai le sentiment d’être seul. Ceux qui y croyaient encore sont partis. La seule chose que l’on peut attendre, c’est un réveil de la population. Aujourd’hui, leur santé est en danger, nos malades sont mal pris en charge, la population doit le dire haut et fort.»

D’une certaine manière, ce constat un rien désespéré résonne avec celui dressé par l’Union nationale des associations des familles et amis de personnes malades et /ou handicapées psychiques (Unafam). La publication récente de son baromètreconsacré à la santé mentale et aux troubles psychiques donne un visage et des mots à ceux qui sont directement confrontés au délabrement de la prise en charge.

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Restrictions de liberté

Des chiffres, d’abord. Près des deux tiers des personnes interrogées – sur plus de 4 000 répondants – assurent que l’accès à un p….(réservé aux abonnés).

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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