Publié le 16/10/2023
L’internat nouveau est arrivé !

Paris, le lundi 16 octobre 2023
– Ce lundi est marqué par le lancement des EDN, première phase de la nouvelle monture du « concours » de l’internat.
En juin dernier, les désormais néo-internes planchaient sur la toute dernière édition des épreuves classantes nationales (ECN). A peine quatre mois plus tard, leurs futurs confrères actuellement en sixième année de médecine passent à partir de lundi et pour trois jours les épreuves dématérialisées nationales (EDN). Il s’agit de la première étape du nouveau « concours » de l’internat qui remplace les ECN.
Adoptée en 2019, entrée en vigueur en 2021, la réforme du deuxième cycle des études de médecine (qui fait suite à la réforme de la première année entrée en vigueur en 2020) prend donc véritablement forme. Rappelons, pour ceux (très nombreux !) qui n’ont pas tout suivi de cette réforme complexe, que l’examen ouvrant la porte à l’internat est désormais divisé en deux étapes.
Les carabins doivent donc tout d’abord passer des EDN, examen théorique dont la forme reste relativement proche des ECN, bien que ses organisateurs assurent que les questions privilégieront désormais le raisonnement clinique sur le « par cœur » (un souhait maintes fois répétés par les organisateurs d’examens de médecine).
Deux examens distincts et des notes éliminatoires
Les questions posées aux EDN sont réparties en deux catégories : des questions de rang A correspondant aux connaissances générales devant être acquises par tout médecin et des questions de rang B relatives aux différentes spécialités. Alors que les ECN assuraient à chaque étudiant de pouvoir devenir interne quelque soit son niveau (ce qui n’a pas manqué d’être vivement critiqué) il existe désormais une note éliminatoire : seuls les étudiants qui auront obtenu au moins 14/20 aux questions de rang A pourront participer à la deuxième étape de l’examen. Ceux qui auront échoué à cette première phase auront le droit à une nouvelle chance lors d’une session de rattrapage en janvier. Mais en cas de nouvelle échec, il faudra redoubler.
Pas trop d’inquiétude à avoir cependant : lors des EDN blancs organisées au niveau national du 6 au 8 septembre, 92 % des externes ont obtenu au moins 14/20 aux épreuves de rang A. « Les résultats montrent que nos étudiants travaillent et qu’ils sont au niveau demandé » se félicite le Pr Benoit Veber, président de la conférence des doyens de médecine, qui souligne cependant que plus de 1 000 externes de 6ème année n’ont pas passé ces EDN blancs.
La deuxième étape de ce nouveau « concours » de l’internat, les examens cliniques d’objectifs structurés (ECOS), aura ensuite lieu fin mai. Il s’agira d’une épreuve devant jury de mise en situation où l’étudiant sera évalué sur ses connaissances cliniques pratiques acquises durant ses stages hopitaliers. Une nouvelle formule qui a l’avantage de dépoussiérer un peu l’examen et de donner plus de poids à l’évaluation des connaissances pratiques, mais qui créé le risque de la subjectivité et de la cooptation. Un risque auquel les organisateurs espèrent échappent en prévoyant que chaque jury sera composé de deux examinateurs, dont l’un viendra d’une faculté différente de celle de l’étudiant. Là encore, une note éliminatoire est prévue, le candidat devant obtenir au moins 10/20 pour devenir interne.
Une procédure d’appariement extrêmement complexe
La note finale sera composée à 60 % par celle obtenue aux EDN et à 30 % par celle des ECOS, les 10 % restant correspondant à la valorisation du parcours personnel de l’étudiant. Par exemple, les étudiants qui auront publié un article dans une revue scientifique recevront 10 points supplémentaires.
Si cette nouvelle formule de l’internat a l’avantage de ne plus faire reposer tout l’avenir professionnel de ces futurs médecins sur un seul examen (avec tout le stress que cela implique), il a le défaut de la complexité. Fini en effet le système relativement simple du choix de spécialité et d’affectation selon le rang. Les étudiants vont en effet désormais être classés dans 13 classements différents selon 13 groupes de spécialités prédéterminés*. Les étudiants formuleront ensuite des vœux de spécialité et de lieu d’exercice et seront affectés par un algorithme selon ces vœux et leurs différents classements. Pour les étudiants dont aucun vœu n’aura été exaucé, de nouveaux tours d’appariement seront organisés.
Histoire de complexifier encore l’affaire, notons qu’il existe également des étudiants de sixième année de la promotion 2022-2023 redoublants qui passeront des ECN classiques en juin prochain !
On souhaite en tout cas bonne chance à tous les étudiants de sixième année, tout d’abord pour comprendre cette réforme (trop) complexe puis pour leur EDN.
Avec toujours cette éternelle question avant un examen : faut-il réviser jusqu’à la dernière seconde ou se reposer les derniers jours ? Le Pr Marc Hazzan, doyen de la faculté de Lille, est plutôt partisan de la deuxième méthode. « C’est comme les rugbymans, avant de jouer contre l’Afrique du Sud, ils vont être au vert pendant deux jours » compare-t-il.
En espérant que les carabins ne louperont pas eux aussi leur examen à un point près.
Quentin Haroche
RÉFÉRENCE
* Les 13 groupes de spécialités sont : chirurgie tête et cou, chirurgie hors tête et cou, médecine de l’aigu, médecine d’investigation 1 (radiologie, imagerie, médecine nucléaire, anapath), médecine d’investigation 2 (biologie médicale, génétique médicale), santé publique -santé au travail-médecine légale, endocrinologie-diabétologie-nutrition-gynécologie médicale, spécialités médicales transversales (Gériatrie – Médecine interne et immunologie clinique – Maladies infectieuses et tropicales – Allergologie – Dermatologie et vénéréologie – Rhumatologie), psychiatrie-neurologie-MPR, hématologie-oncologie-hépato-gastroentérologie, médecine cardiovasculaire-médecine vasculaire-pneumologie-néphrologie, pédiatrie, médecine générale.