L’air respiré dans les transports en commun franciliens est très mauvais.

Pollution dans le métro : découvrez les lignes les plus polluées

Île-de-France

De Laurent Borde

Mardi 23 mai 2023 à 9:30 – Mis à jour le mardi 23 mai 2023 à 18:28 https://www.francebleu.fr/infos/transports/transports-en-commun-l-air-du-metro-et-du-rer-sur-pollue-aux-particules-fines-8512842

L’air respiré dans les transports en commun franciliens est très mauvais. La surpollution aux particules fines PM2.5, engendrée par le trafic du métro et du RER, dépasse largement les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé. 

Le réseau de transport en commun de Paris et sa banlieue est le plus important de France et le plus fréquenté au monde. Une étude lancée par l’émission « Vert de Rage » sur France 5 fait état de la sur-pollution engendrée par le trafic du métro et du RER. Le taux s’élève à 10,5 µg/m3 (microgrammes par mètre cube) de PM2.5, les fameuses particules fines. Elle dépasse de plus de deux fois la recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé pour l’air extérieur qui est de 5µg /m3 de PM2.5 en moyenne par an. En revanche, il n’existe aucune norme concernant la qualité de l’air intérieur.

Le niveau de pollution globale dans l’enceinte du métro et du RER est quasiment 5 fois supérieur aux recommandations de l’OMS avec 24 µg/m3 en moyenne. Dans le métro, le taux de surpollution est de 23 µg/m3 quand il atteint quasiment 30 µg/m3 dans le RER. Ces niveaux de sur-pollution dépassent également la valeur repère du haut conseil de la santé publique pour l’air intérieur fixée à 10 µg/m3.

Quatorze lignes sur-polluées

Sur les 21 lignes testées, 14 présentent une très mauvaise qualité de l’air. La ligne 5 est la plus polluée aux particules fines avec 18 µg/m3 de PM 2.5. La pollution globale y atteint des records avec 34 µg/m3 en moyenne, un taux 7 fois supérieur aux recommandations de l’OMS. Le RER A monte sur la deuxième marche du podium avec une sur-pollution moyenne de 17 µg/m3. Vient ensuite la ligne 9 avec une sur-pollution de 16 µg/m3 en moyenne, soit un taux 3,2 fois supérieur aux recommandations de l’OMS.

Parmi les lignes les moins polluées, passant sous la barre fatidique des 5 µg/m3 de PM2.5 de l’Organisation Mondiale de la Santé, la ligne 14, totalement automatisée, le RER C, avec plusieurs tronçons extérieurs, et la ligne de tram 3b, totalement aérienne, sont les plus respirables.

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A Flourish map

Dix stations nettement au-dessus du seuil de l’OMS

Le taux de pollution aux particules fines a été également mesuré à l’intérieur des stations de métro et de RER situées en zone 1 et 2.  Dix stations ressortent nettement : leur taux de pollution dépassant largement le seuil fixé par l’Organisation Mondiale de la Santé.

C’est le cas de la station Belleville, dont le quai de la ligne 2 flirte avec 60 µg/m3, soit 12 fois plus que les recommandations de l’OMS. La station La Défense, sur le RER A, atteint 57 230g/m », et en troisième, Pont de Neuilly approche 49 µg/m3.

Une méthodologie précise

Les mesures des niveaux de particules fines ont été effectuées par l’équipe de « Vert de Rage » pendant huit mois dans le réseau de transport en commun de Paris et sa petite couronne, en heures de pointe, du lundi au vendredi entre 18h et 20h, hors journée de grève. Au total, 435 quais, dont 392 souterrains, de 332 stations de métros et RER, ont été mesurés pendant 5 à 10 minutes, au niveau de la fin du quai.

Pour cette étude réalisée par l’équipe de « Vert de Rage », l’émission de France 5, les analyses ont été réalisées en collaboration avec Jean-Baptiste Renard, membre du comité scientifique de l’association Respire et directeur de recherche au CNRS au sein du laboratoire de Physique et Chimie de l’Environnement, avec l’appui technique de Jérémie Surcin, climatologue, et du Docteur Joël Poupon, toxicologue au Laboratoire Toxicologique de l’Hôpital Lariboisière.

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Pour pouvoir mesurer uniquement la sur-pollution (pollution additionnelle) engendrée par les métros et RER, la pollution a aussi été mesurée à l’extérieur des stations, pendant 5 à 10 mn. C’est la première fois qu’une telle méthode est utilisée dans l’ensemble des stations de la zone 1 et 2 de la RATP.

Des volontaires portant des filtres à nez pour des résultats précis

Pour analyser la composition de l’air dans les enceintes ferroviaires, 55 volontaires ont accepté de porter un filtre à nez, filtrant 90% des particules PM2.5 respirées et jusqu’à 97% des particules PM10. Parmi-eux, 43 ont porté le filtre pendant 36 minutes aller et 36 minutes retour sur leur trajet habituel, équivalent à la durée moyenne des déplacements domicile-travail en Ile-de-France, et 12 conducteurs de la RATP ont porté le filtre à nez pendant leur service d’une durée de 6h30 ; tous les ont portés dès leur arrivée à l’intérieur de l’enceinte ferroviaire souterraine.

Enfin, trois riverains n’utilisant pas les transports en commun ont porté un filtre à nez sur un trajet à pied ou à vélo de 36 minutes aller et 36 minutes retour. Ces résultats serviront de valeurs témoins. Enfin, 14 filtres à nez non utilisés ont servi de valeur de « blanc ».

Vert de rage

Métro, alerte à l’air 

Diffusé le 02/10/2023 à 21h05  Disponible jusqu’au 09/02/2024 

En partenariat avec franceinfo.shttps://t.nl.francetv.fr/r/?id=heccb0668,6bee197c,5fb97498&p1=20231007&p2=726375-1497345337-da129e8d

Pendant un an, Mathilde Cusin, Martin Boudot et toute l’équipe de « Vert de rage » ont enquêté sur l’air respiré par les voyageurs dans les transports en commun souterrains. Avec l’aide de scientifiques, ils ont mesuré les niveaux dans les 332 stations de métros et de RER, mais ont aussi mis en place une étude inédite sur l’exposition des voyageurs aux métaux lourds, présents dans l’air ambiant. La publication de leurs résultats a eu un impact sans précédent et résonne même jusqu’aux Etats-Unis où des chercheurs s’emparent de leur méthode pour mesurer la pollution de l’air dans le métro new-yorkais.

Pollution de l’air dans le métro : une étude alerte sur le niveau de particules fines

Selon les données collectées par des volontaires pour le compte de l’émission de France Télévisions, « Vert de rage », le niveau de pollution aux particules fines est cinq fois supérieur aux standards recommandés par l’OMS. 

Le Monde avec AFPPublié le 23 mai 2023 à 08h13, modifié le 23 mai 2023 à 12h40

Temps de Lecture 2 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/05/23/pollution-de-l-air-dans-le-metro-une-etude-alerte-sur-le-niveau-de-particules-fines_6174442_3244.html

L’air du métro parisien est-il plus ou moins pollué que celui de la surface ? D’après des relevés réalisés pendant plusieurs mois par des volontaires pour le compte de l’émission de France Télévisions, « Vert de rage », la pollution aux particules fines dans le métro et le RER parisiens atteint des valeurs bien au-delà des standards recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Pendant huit mois, des dizaines de ces volontaires se sont équipés d’outils de mesure pendant leurs trajets quotidiens afin d’établir le niveau de pollution sur le réseau de la RATP, et le comparer à celui de l’air extérieur. Cette pollution aux particules fines provient à la fois de l’air pollué des rues, qui ventile les stations, et des rames de métros elles-mêmes, qui créent des poussières lors du freinage.

En moyenne, la pollution aux particules fines PM2,5 (diamètre inférieur à 2,5 micromètres) dans le métro et le RER est de 24 microgrammes par mètre cube (μg/m3), soit près de cinq fois plus que les 5 μg/m3 recommandés par l’OMS, détaille dans un communiqué lundi « Vert de rage », une émission diffusée sur France 5 qui enquête sur les scandales environnementaux. La surpollution, définie comme l’excès de pollution dans la station par rapport à l’extérieur, a été mesurée à 10,5 μg/m3 en moyenne.

Plusieurs études réalisées ces dernières années

L’étude a été coordonnée par Jean-Baptiste Renard, directeur de recherche au Centre national de recherche scientifique (CNRS) et membre du comité scientifique de l’association Respire, à l’origine d’une plainte qui a conduit en avril à l’ouverture d’une enquête visant la RATP pour « mise en danger d’autrui et tromperie ». Ces travaux n’ont pas été publiés dans une revue scientifique, mais s’ajoutent à d’autres réalisés selon diverses méthodes au cours des années.

Il y a un an, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a estimé que « le corpus d’études épidémiologiques et toxicologiques spécifiques [était] trop limité pour pouvoir tirer des conclusions fermes sur d’éventuels effets sanitaires de l’exposition des usagers à la pollution de l’air », mais elle avait relevé que les données existantes suggéraient « la possibilité » d’effets cardio-respiratoires.

Lire aussi :    Pollution de l’air dans le métro : la RATP visée par une enquête pour tromperie et mise en danger d’autrui

« De telles mesures doivent être réalisées selon des protocoles scientifiques validés et avec du matériel de référence », a réagi auprès de l’Agence France-Presse la RATP par la voix de sa responsable du service développement durable, Sophie Mazoué, remettant en cause la méthode et les appareils utilisés par l’étude de « Vert de rage ».

La RATP dit mettre en place des mesures, telles que des appareils de renouvellement de l’air et des garnitures pour les freins afin de réduire les risques. Preuve des actions menées et de leur efficacité : une étude épidémiologique menée sur la période 1980-2017 qui « ne montre pas d’augmentation de symptômes respiratoires et cardio-vasculaires chez nos salariés », insiste la Régie.

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L’étude réalisée par « Vert de rage » a établi un classement des stations et des lignes les plus polluées avec en tête, la ligne 5, « où la surpollution moyenne engendrée par le trafic » est de 18 μg/m3, suivie par la ligne A du RER et la ligne 9 du métro.

Lire aussi :  Faire du vélo à Paris est bon pour la santé (malgré la pollution de l’air)

Le Monde avec AFP

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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