Un plaidoyer pour accepter les hausses des mutuelles

ublié le 04/10/2023

Le prix des complémentaires flambe (et va continuer de flamber)

Paris, le mercredi 4 octobre 2023

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/le_prix_des_complementaires_flambe_et_va_continuer_de_flamber__199091/document_actu_pro.phtml?autologin=Y5NQy38AAQEAABZ3tx8AAAAK

– Le prix des complémentaire santé a augmenté de 5 % en 2023 et devrait augmenter de 8 % en moyenne en 2024 selon les projections.

Peut-être l’avez-vous vous-même remarqué, surtout si vous avez plus de 60 ans, le prix des contrats de complémentaires santé proposés par les mutuelles a fortement augmenté en 2023.

Selon une enquête du comparateur d’assurance « Meilleur taux » publié le 25 septembre dernier, un couple de seniors de plus de 60 ans doit désormais débourser 250 euros par mois pour s’offrir une couverture en garantie renforcé, soit une hausse de 5 % sur un an. Pour les personnes de plus de 70 ans, la note est encore plus salée, un couple devant désormais débourser mensuellement plus de 300 euros. La hausse est en revanche moindre pour les plus jeunes : un couple de trentenaires avec deux enfants en sera quitte pour 100 euros par mois pour protéger l’ensemble de la famille, soit une augmentation de 2,5 % sur l’année.

Le prix des mutuelles  plus élevé en région parisienne

Si la hausse est généralisée, le niveau de cotisations varie fortement selon le lieu de résidence. C’est dans les départements allemands d’avant 1918, (Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle) qu’on trouve les primes les plus faibles (moins de 200 euros par mois pour un couple de sexagénaires) et ce grâce à un régime local d’Assurance maladie alimenté par des cotisations plus élevés sur les salaires (mais les primes de complémentaires y ont tout de même grimpé de 10 %).

C’est en région parisienne et sur la côte méditerranéenne que l’on retrouve les niveaux de prix les plus élevés (275 euros par mois pour un couple de séniors), tandis qu’elles sont plus faibles en Bretagne, dans les Pays de la Loire et plus globalement dans les zones rurales (240 euros par mois et aucune augmentation cette année). « Il n’y a pas forcément les mêmes comportements de consommation de soins d’une région à l’autre et il y a aussi des dépassements d’honoraires plus fréquents en Ile-de-France et dans le Sud-Est que dans le reste du pays » explique Samuel Bansard, président de Meilleur taux.

Une hausse de 5 % qui pèse sur les portefeuilles mais qui n’est malheureusement qu’un début. Selon les projections de deux cabinets spécialisés dans le domaine, le montant à payer pour des complémentaires santé devrait augmenter de 8 % en moyenne en 2024, soit plus que le niveau de l’inflation. Une probable hausse confirmée par la Fédération nationale de la Mutualité française.

Les soins dentaires tirent les prix vers le haut

Comment expliquer cette mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat des Français ? Les raisons sont multiples. Elle s’explique tout d’abord par une hausse généralisée des dépenses de santé des Français, due notamment au vieillissement de la population. Ces dépenses ont ainsi augmenté de 6 % par an en 2020 et en 2021 durant la crise sanitaire et encore de 4,3 % en 2022. « L’effet rebond post-Covid constaté en 2021 s’est poursuivi en 2022, plus longtemps qu’anticipé » constate Eric Chenut, président de la Mutualité française.

Mais l’augmentation du prix des complémentaires santé s’explique avant tout par les décisions récentes du gouvernement de transférer de plus en plus de frais de santé de l’Assurance Maladie vers les complémentaires. La mise en place en 2019 du 100 % santé sur les prothèses dentaires et auditives, financée à près de 80 % par les mutuelles, a fortement contribué à l’explosion des coûts.

Les soins dentaires devraient d’ailleurs être l’un des principaux moteurs de la hausse des prix ces prochains mois : le remboursement des consultations dentaires par l’Assurance Maladie est passée de 70 à 60 % le 1er octobre dernier (un coût supplémentaire de 500 millions d’euros par an pour les mutuelles) et la mise en place de la nouvelle convention dentaire l’an prochain coûtera 230 millions d’euros aux complémentaires.

Le secteur n’a donc « plus d’autre choix que de répercuter les hausses sur les cotisations » estime Céline Blattner, présidente du cabinet Addactis et ce d’autant plus que les mutuelles sont soumises à une obligation de solvabilité. Or, en 2021, les mutuelles ont présenté une rentabilité négative de – 0,2 % sur l’activité santé.

Quentin Haroche

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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