Etudes de santé : les doyens de médecine veulent supprimer de nouvelles filières jugées peu efficientes
Trois ans après la création des licences avec accès santé et des parcours d’accès spécifique santé, le président de la Conférence des doyens de médecine a appelé, mardi, à « redonner de la cohérence à la réforme ». Il a ainsi estimé qu’il n’est « pas naturel de se lancer en licence de droit pour faire médecine ».
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Une nouvelle réforme de l’entrée dans les études de santé se profile, avec le soutien de la Conférence des doyens de médecine, qui, lors de sa rentrée, mardi 19 septembre, a tiré un bilan très mitigé de la mise en place, en 2020, des licences avec accès santé (L.AS) et des parcours d’accès spécifique santé (PASS).
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Ces filières rénovées avaient mis fin à la première année commune préparatoire aux études de santé (Paces). Elles ont été pensées pour diversifier les profils des étudiants et démontrer l’apport, en sus d’études de santé, d’une formation parallèle dans une licence de la famille des sciences humaines et sociales, face aux défis des maladies chroniques, du vieillissement de la population ou de la révolution de l’intelligence artificielle.
Après trois ans, Benoît Veber, doyen de la faculté de Rouen, qui préside la conférence, estime nécessaire de limiter le nombre de licences avec accès santé, que certaines universités proposent par dizaines : « Il n’est pas naturel de se lancer en licence de droit pour faire de la médecine ou de la pharmacie. Les licences de biologie, chimie, physique ou de sciences et techniques des activités physiques et sportives sont plus logiques. Il faut redonner de la cohérence à la réforme. »
« Système d’interclassement fort discutable »
Pour « simplifier » un système qui demeure incompris, le doyen préconise que chaque université fasse le point et supprime des L.AS peu efficientes. « A Rouen, nous avons treize L.AS et certaines n’ont permis le succès à l’entrée en deuxième année que d’un seul étudiant. Cela vaut-il le coup ? », interroge-t-il sans fard.
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Décidément peu convaincue par la réforme, la Conférence des doyens propose d’instaurer, en fin de première année, une épreuve commune en santé, qui servirait d’étalon « juste et lisible » pour les jurys. Il serait ainsi mis fin à un « système d’interclassement fort discutable » qui départage les étudiants des différentes L.AS et des PASS ayant validé leur année de licence et dont les notes restent peu comparables. « Cet interclassement aboutit à un classement que nous appelons “score Z”. C’est une boîte noire, ce qui conduit à de multiples recours », constate M. Veber.Cours en ligne, cours du soir, ateliers : développez vos compétencesDécouvrir
Enfin, l’épreuve orale devrait être passée par tous les candidats, sans représenter un couperet : « L’oral doit compter pour 30 % de la note finale, maximum », estime le doyen de Rouen, prenant ses distances avec certains collègues ayant survalorisé jusqu’à 70 % cette prestation, où le candidat est interrogé sur des sujets n’ayant pas trait au domaine médical.
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M. Veber a indiqué que la Cour des comptes mène un audit, dont les conclusions seront rendues début 2024, « ce qui signifie qu’aucun changement ne pourra intervenir avant la rentrée 2025 », prévoit-il, car la ministre de l’enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, souhaite disposer des préconisations avant d’arbitrer.