« De plus en plus de médecins et infirmiers intérimaires à l’hôpital »
Date de publication : 15 septembre 2023
Marc Payet constate dans Le Point que « les hôpitaux ont de plus en plus recours à des médecins ou des infirmières, en passant par des agences d’intérim. Selon une publication de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail, […] «en 6 ans, le taux de recours du secteur hospitalier aux intérimaires des entreprises de travail temporaire s’accroît régulièrement : il passe de 0,2% fin mars 2017 à 0,4% fin mars 2023» ».
L’étude souligne que « l’appel aux infirmiers intérimaires augmente fortement depuis début 2021 : au premier trimestre 2023, il est plus important que pour les autres personnels soignants (0,7% contre 0,2%) ».
Elle précise que « toutes filières professionnelles confondues, le taux de recours à l’intérim reste faible dans les hôpitaux du public comme du privé début 2023 : il atteint respectivement 0,3% et 0,8% contre 1,7% en moyenne dans l’ensemble du secteur tertiaire ».
Marc Payet observe que « si les chiffres paraissent toutefois modestes, c’est parce que l’étude de la Dares ne porte que sur le recours effectif par les établissements hospitaliers à des médecins ou infirmiers qui signent des contrats avec des entreprises de travail temporaire ».
Un directeur d’établissement remarque ainsi : « En réalité, quand nous construisons nos plannings, nous signons aussi beaucoup de contrats de gré à gré directement avec des médecins ou des infirmières, pour des durées très courtes, de quelques jours ou quelques semaines. Il s’agit d’une forme de mercenariat qui se développe, sans passer par les agences d’intérim. Au final, on estime plutôt que les médecins ou infirmiers qui interviennent ponctuellement représentent plutôt 10 à 20% des effectifs, selon les hôpitaux ».
Marc Payet rappelle que « c’est précisément pour lutter contre cette montée en puissance du mercenariat que la loi Rist a été mise en application le 3 avril dernier, en mettant en place un plafonnement des tarifs de garde pour 24 heures ».
« Ce plafonnement a entraîné un mouvement de colère du Syndicat national des médecins remplaçants hospitaliers (SNMRH), qui a appelé ses adhérents à ne pas accepter ces nouveaux tarifs, et à ne plus venir travailler, provoquant une vaste désorganisation dans de nombreux établissements, au printemps 2023. Les directeurs d’établissement ont dû s’organiser pour faire face », continue le journaliste.
Jérôme Goeminne, président du syndicat des manageurs publics de santé, et directeur du groupement hospitalier Cœur Grand Est, explique ainsi : « Nous nous sommes mobilisés de façon intense pour trouver des solutions et s’adapter à cette nouvelle donne. Cela a pris un peu de temps ».
« Même si des améliorations ont pu se produire localement, on constate toujours une pénurie d’infirmières et de médecins. Mais on espère qu’avec les annonces récentes par le gouvernement de revalorisation des gardes de nuit et de week-end, cela va améliorer les choses », ajoute le responsable.