« Pénurie : ce que l’on sait des 50 médicaments dont la production va être rapatriée en France »
Date de publication : 14 juin 2023

Le Parisien relève que « l’Élysée a promis mardi de relocaliser une cinquantaine de médicaments prioritaires, une mesure représentant au moins 200 millions d’euros d’investissements pour prévenir les pénuries de médicaments et reconquérir une autonomie sanitaire à l’échelle nationale et européenne ».
Le journal explique qu’« il s’agit dans un premier temps de rapatrier ou renforcer d’ici 5 ans la production de 25 médicaments «essentiels» dont des antibiotiques, des anticancéreux et des anesthésiques, pour la plupart des génériques. Dans un second temps, 25 autres médicaments, pour lesquels la dépendance de la France à l’égard des importations extra-européennes est avérée, devraient suivre ».
Le quotidien note que « plus de 200 millions d’euros d’investissements sont prévus au total », le ministère de la Santé indiquant que « dans les semaines à venir, 8 nouveaux projets seront lancés, représentant un investissement total de plus de 160 millions d’euros, soutenu par l’État ».
Le Parisien relève qu’« Emmanuel Macron a par exemple cité le nom de l’amoxicilline, un antibiotique pour enfants régulièrement en rupture de stock. Pour éviter cette situation, il a assuré que le groupe britannique GSK, qui le produit, allait «investir 22 millions d’euros sur son site de Mayenne pour moderniser ses unités de production existantes» ».
Le quotidien explique qu’« en 2022, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a reçu plus de 3700 signalements de ruptures de stock et déclarations de risque de ruptures : une hausse de plus de 73% en un an, et même 8 fois plus qu’en 2014. Le manque de paracétamol et d’amoxicilline a causé des sueurs froides cet hiver en pleine triple épidémie de grippe/bronchiolite/Covid-19. Mais le problème touche surtout des médicaments dits «à intérêt thérapeutique majeur», du système cardiovasculaire, du système nerveux (antiparkinsoniens, antiépileptiques) et les anti-infectieux. Les corticoïdes ne sont pas épargnés non plus ».
« La production des matières premières des produits les plus anciens sur le marché, dont les génériques, a été délocalisée hors d’Europe pour des questions de rentabilité, sociales ou environnementales, en particulier en Chine et en Inde, des pays dont la France dépend à hauteur de 60 à 80% », rappelle Le Parisien.
Le quotidien souligne que « les mesures de relocalisation mettront du temps à faire effet alors qu’il faut, selon les acteurs du secteur, agir à court terme pour endiguer les pénuries et prévenir l’apparition de tensions d’approvisionnement. Dans les discussions en cours depuis cet hiver sur le modèle du médicament, les industriels réclament la hausse des prix des médicaments tombés dans le domaine public, souvent plus bas que dans les pays voisins, qui plus est dans le contexte actuel d’inflation ».
Pénurie : ce que l’on sait des 50 médicaments dont la production va être rapatriée en France
Cette re localisation de la production doit se faire sur plusieurs années, avec le rapatriement en premier lieu de 25 médicaments « essentiels » comme des antibiotiques et des anticancéreux.
L’Elysée a promis mardi de relocaliser une cinquantaine de médicaments prioritaires en France (illustration). LP/Arnaud Journois
Par Le Parisien avec AFP
L’Élysée a promis mardi de relocaliser une cinquantaine de médicaments prioritaires, une mesure représentant au moins 200 millions d’euros d’investissements pour prévenir les pénuries de médicaments et reconquérir une autonomie sanitaire à l’échelle nationale et européenne.
Quels médicaments concernés ?
Il s’agit dans un premier temps de rapatrier ou renforcer d’ici cinq ans la production de 25 médicaments « essentiels » dont des antibiotiques, des anticancéreux et des anesthésiques, pour la plupart des génériques. Dans un second temps, 25 autres médicaments, pour lesquels la dépendance de la France à l’égard des importations extra-européennes est avérée, devraient suivre.
Pour soutenir ces projets, plus de 200 millions d’euros d’investissements sont prévus au total. « Dans les semaines à venir, 8 nouveaux projets seront lancés, représentant un investissement total de plus de 160 millions d’euros, soutenu par l’État », précise le ministère de la Santé.
Nous investissons plus de 160 millions d’euros pour renforcer notre souveraineté sanitaire et relocaliser en France la production de nos médicaments essentiels.
Dans un tweet plus tôt dans la journée, Emmanuel Macron a par exemple cité le nom de l’amoxicilline, un antibiotique pour enfants régulièrement en rupture de stock. Pour éviter cette situation, il a assuré que le groupe britannique GSK, qui le produit, allait « investir 22 millions d’euros sur son site de Mayenne pour moderniser ses unités de production existantes, avec également un plan de recrutements ».
Pourquoi y a-t-il fréquemment des pénuries ?
En 2022, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a reçu plus de 3700 signalements de ruptures de stock et déclarations de risque de ruptures : une hausse de plus de 73 % en un an, et même huit fois plus qu’en 2014.
Le manque de paracétamol et d’amoxicilline a causé des sueurs froides cet hiver en pleine triple épidémie de grippe/bronchiolite/Covid-19. Mais le problème touche surtout des médicaments dits « à intérêt thérapeutique majeur », du système cardiovasculaire, du système nerveux (antiparkinsoniens, antiépileptiques) et les anti-infectieux. Les corticoïdes ne sont pas épargnés non plus.
La cause ? La production des matières premières des produits les plus anciens sur le marché, dont les génériques, a été délocalisée hors d’Europe pour des questions de rentabilité, sociales ou environnementales, en particulier en Chine et en Inde, des pays dont la France dépend à hauteur de 60 à 80 %.
Un seuil qui grimpe à 95 % pour les biomédicaments, (médicaments produits à partir du vivant, contrairement aux médicaments plus classiques, fabriqués chimiquement, NDLR).
En termes de santé publique, les pénuries compliquent le cours des traitements, avec de possibles retards de prise en charge, des risques d’inefficacité ou des effets indésirables lors du remplacement du médicament manquant par un autre.
Quand verra-t-on les effets de ces annonces ?
Les mesures de relocalisation mettront du temps à faire effet alors qu’il faut, selon les acteurs du secteur, agir à court terme pour endiguer les pénuries et prévenir l’apparition de tensions d’approvisionnement. Dans les discussions en cours depuis cet hiver sur le modèle du médicament, les industriels réclament la hausse des prix des médicaments tombés dans le domaine public, souvent plus bas que dans les pays voisins, qui plus est dans le contexte actuel d’inflation.
« Maintenir une offre diversifiée, cela passe notamment par des hausses de prix et l’exonération de la clause de sauvegarde », une taxe sur le chiffre d’affaires en cas de dépassement du plafond de la dépense de consommation de médicaments, indique à l’AFP le directeur général du Gemme, l’association française des fabricants de génériques.
Les questions de bon usage du médicament tout au long de son cycle, la pertinence des soins et la sobriété des prescriptions dans l’Hexagone, champion européen de la consommation d’anxiolytiques et d’antibiotiques, sont aussi évoquées dans les réflexions
Pour « pérenniser ces relocalisations », il faut, selon France Assos Santé, instaurer « une écotaxe à l’entrée de l’Europe pour les entreprises qui préfèrent produire dans des pays où les normes sociales et environnementales ne sont pas respectées » et « sanctionner » les industriels qui ne répondent pas aux obligations de quatre mois de stocks pour les médicaments essentiels.
Le modèle de mise en place d’un réseau de pharmacies d’hôpitaux aux États-Unis, qui refont des molécules pour fabriquer des médicaments en pénurie, est également évoqué