« Urgences à l’hôpital : une tension « sans précédent » confinant à la « mise en danger de la santé des Français » »
Date de publication : 6 septembre 2023
Le Parisien indique en effet que « la situation des services d’urgence et des Smur a «continué de se dégrader» au cours de l’été 2023 pour atteindre une tension «sans précédent», déplore le syndicat Samu-Urgences de France (SUdF) ».
Le Parisien indique en effet que «.
Le syndicat observe que « le système donne l’illusion d’avoir tenu. Mais les conditions d’accueil et de soins sont profondément altérées. Les conditions de travail sont devenues insupportables et inhumaines pour nos professionnels épuisés. La sécurité sanitaire n’est parfois plus assurée, y compris pour l’urgence vitale ».
Le quotidien explique que « SUdF a réalisé lui-même une enquête auprès des services mobiles d’urgences et de réanimation (Smur) et des urgences sur les conditions de travail observées en juillet et août ».
« Sur «plus de la moitié» des 680 structures d’urgence en France, 163 services d’urgence ont fermé au moins une fois au cours des 2 mois d’été en raison du manque de personnel, 153 services ont diminué le nombre de médecins capable de prendre en charge des malades, un effet probable de la loi Rist plafonnant la rémunération des médecins urgentistes en intérim », remarque Le Parisien.
Le journal ajoute que pour les Samu-Centres 15, « trois-quarts d’entre eux disent avoir eu besoin de renforts d’assistants de régulation médicale (ARM), mais un tiers n’ont pas pu en trouver, tandis que 166 Smur, sur 450, ont fermé au moins une unité sur la période ».
Marc Noizet, président du syndicat et chef des urgences de Mulhouse, a déclaré que « ça touche l’urgence vitale, donc il y a une mise en danger de la santé des Français. […] Notre système est véritablement en train de s’effondrer, on n’est plus en capacité de garantir aux patients le plan national d’avoir un service d’urgences à 30 minutes de chez lui ».
Le Parisien note que le médecin a souligné que « «cette lente dégradation» travaille à l’épuisement toujours plus grand des médecins, infirmiers, aides-soignants ».
Marc Noizet a ajouté qu’« il y a des mesures qui ne nécessitent pas d’argent, uniquement de l’organisation. […] La première difficulté pour un urgentiste, c’est de trouver des lits pour ses patients. […] On attend des engagements forts ».
Urgences : dégradation «sans précédent» des conditions d’accueil et d’exercice des soins
Par Le Figaro avec AFP
Publié il y a 7 heures, mis à jour il y a 6 heures

Cet été, «plus de la moitié» des systèmes d’urgences en France ont fermé au moins une fois. Une situation qui inquiète le syndicat SAMU-Urgences de France.
La situation des services d’urgence et des SMUR a «continué de se dégrader» au cours de l’été 2023 pour atteindre une tension «sans précédent», déplore le syndicat Samu-Urgences de France dans un bilan publié mercredi 6 septembre.
«Le système donne l’illusion d’avoir tenu», indique le syndicat dans un communiqué. «Mais les conditions d’accueil et de soins sont profondément altérées. Les conditions de travail sont devenues insupportables et inhumaines pour nos professionnels épuisés. La sécurité sanitaire n’est parfois plus assurée, y compris pour l’urgence vitale».
Tous les départements concernés
Le syndicat, qui regrette «l’absence de recueil centralisé» des données sur les difficultés rencontrées par les services, a réalisé lui-même une enquête auprès des services mobiles d’urgences et de réanimation (SMUR) et des urgences sur les conditions de travail observées en juillet et août. Selon ce bilan, portant sur «plus de la moitié» des 680 structures d’urgence en France, 163 services d’urgence ont fermé au moins une fois au cours des deux mois d’été, tandis que 166 SMUR ont fermé au moins une unité sur la période.
«La nouveauté, c’est que l’an dernier, c’était quelques services par-ci par-là. Cette année, quasiment tous les départements sont concernés», a souligné auprès de l’AFP Marc Noizet, président du syndicat et chef des urgences et du Samu de Mulhouse (Haut-Rhin).
De même, 157 services d’urgence disent avoir fermé au moins une ligne médicale, en lien avec les fortes tensions sur la disponibilité des médecins urgentistes, notamment depuis avril 2023 et l’entrée en vigueur de la loi Rist sur l’intérim médical. «Il y a des tas de service qui tiennent à bout de bras un fonctionnement, avec des médecins en moins pour accueillir les patients», indique le Dr Noizet. «C’est catastrophique en termes de délais d’attente, de sécurité du patient, d’épuisement des équipes et de qualité des soins».
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Une dégradation dans 41% des établissements
Concernant les SAMU-Centres 15, trois-quarts d’entre eux disent avoir eu besoin de renforts d’assistants de régulation médicale (ARM), mais un tiers n’ont pas pu en trouver. «Il faut qu’il y ait reconnaissance de la gravité de la situation, et qu’il y ait des investissements, notamment sur l’attractivité hospitalière», a réclamé Marc Noizet.
Le syndicat demande notamment de «fluidifier l’aval des urgences», en augmentant le nombre de lits d’hospitalisation, de revaloriser les salaires des permanences de soin effectuées la nuit ou le week-end, ou encore de renforcer les services de régulation de l’accès aux urgences.
Lors d’une conférence de presse mardi, la Fédération hospitalière de France (FHF) a pour sa part estimé que la situation des services d’urgence s’est dégradée dans 41% des établissements par rapport à 2022, et que l’accès aux lits d’hospitalisation s’est détérioré en un an dans 52% des établissements. Le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, a présenté d’autres chiffres. «On a 680 services d’urgence en France, 5 ont été entièrement fermés cet été, une quarantaine a dû fermer ponctuellement», a-t-il assuré mardi matin sur France 2.
« Crise de l’hôpital : au sortir de l’été, un bilan qui fait débat »
Date de publication : 6 septembre 2023
Mattea Battaglia et Camille Stromboni indiquent dans Le Monde que « l’été s’achève à peine, mais les urgentistes avancent déjà, en ce début du mois de septembre, le bilan d’une période estivale très compliquée, pour appeler de leurs vœux une action politique forte ».
Les journalistes relèvent ainsi qu’« un service d’urgences sur deux a fonctionné de manière dégradée en juillet-août, avec au moins une « ligne médicale » – soit un médecin – de moins, selon l’enquête dévoilée par le syndicat SAMU-Urgences de France ».
Mattea Battaglia et Camille Stromboni notent que « 163 services ont fermé «au moins ponctuellement» entre le 1er juillet et le 31 août, faute de ressources humaines suffisantes. Et ce, dans 60 départements. Zones rurales, urbaines, touristiques… ces fermetures sont réparties sur le territoire de manière hétérogène, souligne le syndicat, et cela peut être une nuit, ou plusieurs, voire en continu (jour et nuit) ».
SAMU-Urgences de France évoque ainsi « l’échec d’un système qui n’est plus à même de proposer à la population un accès aux soins de proximité, de qualité et sécurisé ».
Les journalistes expliquent que « sur les 233 SMUR qui ont répondu à l’enquête – soit plus de la moitié d’entre eux –, près des deux tiers (70%) rapportent des fermetures, là encore dans une soixantaine de départements. Un symptôme nouveau, par son ampleur, d’une crise qui touche désormais «la réponse à l’urgence vitale» ».
Mattea Battaglia et Camille Stromboni notent toutefois : « Les soignants, les patients, ont-ils vécu un été pire en 2023 qu’en 2022 ? La réponse oppose les acteurs de la santé au gouvernement ».
Marc Noizet, président de SAMU-Urgences de France et chef des urgences de Mulhouse, remarque ainsi : « Il faut arrêter de faire croire que les choses se sont bien passées. L’anticipation permise par les mesures Braun [déployées à l’été 2022 à l’arrivée de François Braun au ministère de la Santé] a permis que ce soit moins violent que l’an passé, mais la dégradation de l’offre de soins s’est poursuivie ».
Aurélien Rousseau, ministre de la Santé, évoque quant à lui un hôpital qui « tient », même si « on est sur une ligne de crête dans beaucoup de services ».
Les journalistes relaient en outre l’enquête « flash » de la Fédération hospitalière de France (FHF), qui « fait état d’une situation qui s’est détériorée aux urgences pour près de 42% des structures qui ont répondu. Ils sont autant à estimer qu’elle est restée stable d’un été à l’autre, quand 17% ont constaté une amélioration. L’accès aux « lits d’aval », qui permettent d’hospitaliser les patients après leur passage aux urgences, s’est dégradé pour plus de la moitié des personnes qui ont répondu (52,4%). Il est stable pour 37,9% d’entre eux et s’est amélioré pour un peu moins de 10% ».
Mattea Battaglia et Camille Stromboni soulignent que « sur le terrain, les urgentistes rappellent que «l’été n’est pas terminé». Ils sont nombreux à s’accorder sur le constat des lits qui manquent pour hospitaliser leurs patients, et sur une pénurie de médecins qui ne se résorbe pas ».
Résultat de l’enquête SUdF ETE 2023 – Quel bilan pour les urgences et les SMUR ?
Publié le 06/09/2023 https://www.samu-urgences-de-france.fr/fr/actualites/infos-du-ca-de-sudf/resultat-de-l-enquete-sudf-ete-2023-quel-bilan-pour-les-urgences-et-les-smur-/art_id/1123
La crise et l’insécurité sanitaire en France s’aggravent progressivement depuis plusieurs années, avec une nette accélération après la période COVID. La situation de l’hôpital public s’est encore dégradée avec les difficultés majeures de recrutement de ressources paramédicales, la fermeture de lits d’hospitalisation, la moindre disponibilité de l’offre de soins libérale. Depuis avril, une tension supplémentaire sans précédent sur les ressources médicales hospitalières, conséquences de l’absence de valorisation suffisante de la permanence des soins couplée à l’application de la Loi Rist. De par leur obligation d’accueil H24, les structures d’urgences sont parmi les services hospitaliers les plus exposés, ne pouvant ni réguler l’ampleur des flux entrants ni maîtriser la disponibilité des plateaux médico-techniques et des lits d’hospitalisation Dans ce contexte, l’accès aux soins urgents et aux soins non programmés est menacé, et les structures d’urgences mis en surtension.
Depuis un an, les mesures de la mission flash BRAUN, destinée à atténuer l’impact des dysfonctionnements de l’été 2022 ont été prorogés à plusieurs reprises. Une des mesures phare de cette mission correspondait au doublement du paiement du montant de la garde, alors qu’après arbitrage de la Première Ministre seule une augmentation de 50% de ces indemnités a été accordée. Aucune mesure nouvelle ou modification systémique n’a été proposée, ce qui a amené une aggravation des difficultés durant l’été 2023. Et des mesures ont même disparu comme celle sur le doublement du temps de travail additionnel depuis septembre 2022 avec la fin du Covid, comme si la suractivité et la pénibilité des praticiens avait diminuée depuis …
C’est dans ce contexte que SAMU-Urgences de France (SUdF) a tenu à effectuer un bilan de la situation dans les structures d’urgences sur les 2 mois de juillet et aout 2023.
https://www.samu-urgences-de-france.fr/medias/files/BILAN_ETE_2023_SUdF_vf.pdf